‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 181 sur 199 · Purgado sin buen efecto. » Cabrera, loco ciL · texte numérisé non relu

Purgado sin buen efecto. » Cabrera, loco ciL

5. a Si tiene il principe di Spagna cosî in estremo di sua vita. » Dépêches manuscr. du nonce, 21 juillet.

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trois jours à vivre* ; Olivarés avertit Ruy Gomez que le malade, à ses yeux, était condamné ^.

Dans la matinée de ce jour, le prince avait demandé son confesseur : les approches de la mort, l'imposante gravité de ceux qui veillent auprès du lit dos mourants, et aussi l'extrême faiblesse physique avaient calmé le malheureux don Carlos, et son âme goûtait déjà cette sérénité suprême qui adoucit parfois l'amertume de la dernière heure ^. Il reçut l'absolution avec pleine connaissance, et, dit-on, demanda à voir son père *. Je doute fort de ce dernier détail, qu'un seul historien nous a transmis : d'après ce récit, le roi aurait consulté le confesseur du prince, don Diego de Chaves, et celui-ci se serait opposé à cette visite suprême, de peur que la présence de Philippe ne causât au naourant une émotion trop vive et ne troublât le calme nécessaire à la dignité de la mort. Don Carlos, en effet, n'avait pas vu son père depuis la nuit du 22 janvier. Le roi aurait accepté cette décision avec une

1. « Le pauvre estât où le prince son fils est, lequel s*enva mourant, et ne sçauroit estre en vie d'icy à trois jours. » Dépêches manuscr. de Forquovaulx, 21 juillet.

2. Causes célèbres et intéressâmes^ avec les jugements qui les ont décidées^ par M"*, avocat au parlement, XII. Paris, 1743.

3. « Air hora cominciô a discorrere gravoniente e da uomo prudente e da se stesso dimandô il confessore, confessandosi coa molta divotione. » Dépêches manuscr. du nonce/ 27 juillet. — « Haviendo recibido iodot los sacramentos como fîdelisimo cristiano. » Cabrera, lococit, (Je souligne ces derniers mots comme une erreur: don Carlos ne reçut pas la communion.) — « Ayant faict une fîn de bon chrestien catholique, que les Ëspaignols louent infiniment. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 26 juillet 1568.

4. Ferreras, loco cit. — Selon Cabrera, ce furent les ministres qui demandèrent cette entrevue au roi : c*est évidemment une erreur.

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dureté blâmée justement par les ambassadeurs qui racontent cet incident, et aurait chargé le prieur don Antonio et Ruy Gomez de porter de sa part à son fils sa dernière bénédiction *. Cependant le prince, sur son lit de mort, fit envoyer à son père Texpression de son repentir, lui fit demander sa bénédiction paternelle et recommander ses amis et ses serviteurs 2.

Il avait souhaité recevoir la communion, mais, quoi qu'en disent plusieurs historiens, ses vomissements continuels forcèrent le confesseur à la lui refuser. Il dut se borner à adorer l'hostie qni lui fut présentée ^. Enfin cette lente agonie touchait à son terme; pendant la nuit qui précéda la vigile de Saint-Jacques (23 juillet), l'infant interrompit tout à coup les prières qu'on répétait autour de lui et demanda l'heure. On lui répondit qu'il n'était pas encore minuit. Il se tut, continua d'adorer le crucifix qu'il tenait à la main, et pendant quelques instants on n'entendit plus dans la chambre que la voix du prêtre qui lisait les paroles saintes. Le médecin s'était retiré ; il n'y avait auprès du prince agonisant

i. « Consultado con su confessor, Fr. Diego de Chaves. • Cabrera, loco cit. Cabrera et Van den Hammen, son copiste, ajoutent : « le mallre de S. A., Onorato Juan, évéque de Carthagène. >» Nouvelle erreur. Onorato Juan était mort depuis deux ans. — « Estaba dispuesto bien para morir como tan catôlico y le podria inquietar la vista de su padre... y asi entre los ombros del prior don Antonio y de Ruy Gomez le echô su bendicion. » Cabrera, iàid, — Lettres de Cavalli et du noiv:;e (24 et 27 juillet).

2. ff Dimandô perdono al re deir ofTese fatteli e la sua benedizione» facendogli recomandare con molta affetione e carità la sua famiglia. Il renonTha visitato. » Dépêches manuscr. du nonce, 27 juillet.

3. « Non potendosegli dare il santo sacramento per il continuo vomito, l'adorô con molta umilta, mostrando grandissima contriiione. » Ibid,

que les gentilshommes de service et le P. Diego de Chaves. Don Carlos se souleva de nouveau quelques minutes plus tard et une seconde fois demanda l'heure. Le jour qui devait être le dernier de sa triste vie avait commencé : il était plus de minuit. L'infant, recevant cette réponse, murmura : « 11 est temps. » Comme son aïeul Charles-Quint, qui, dix ans auparavant, à l'instant suprême, avait prononcé les mêmes paroles, don Carlos se sentait mourir *. Il ordonna qu'on lui mît un cierge dans la main, et s'adressant à son confesseur, d'une voix faible et émue par les angoisses dernières : « Aidez-moi. mon père, » dit-il; il ajouta, en se frappant la poitrine, quelques paroles qui devinrent de plus en plus confuses. On crut cependant entendre ces mots de la liturgie catholique : « Beus, propitius esto mihi peccatori. » Ils se confondirent avec son dernier soufile : quelques secondes après il expira. Il avait vingt-trois ans, six mois et seize jours ^ (24 juillet 1568).

Ce dénoûment était prévu : ce fut sans surprise

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