DON CARLOS REFUSE TOUTE NOURRITURE
le même praticien déclare être sans péril*. Ce fut donc dans le but de calmer l'inflammation intérieure et extérieure qui minait don Carlos, qu'au milieu des chaleurs de Tété on lui permit l'usage de la neige. Mais cet esprit immodéré dépassa les limites fixées, et tomba dès lors dans un état violent qui s'aggrava avec une déplorable rapidité.
Du 10 au 12 juillet, à la suite d'une indigestion provoquée par un excès de table, la situation de l'infant devint tout à fait désespérée. Le 13, Philippe II, averti des progrès de la maladie, revint de TEscurial ^. Le prince refusait obstinément de prendre rien autre chose que de l'eau froide ^; il était tombé dans un tel état de faiblesse qu'on s'attendait, d'un instant à l'autre, à le voir succomber. On dit qu'alors le docteur Olivarés lui donna une purgation qui demeura sans effet *. D'autres prétendent au contraire qu'il refusa tous les remèdes; quoi qu'il en soit, les vomissements et le flux de ventre étaient continuels et l'on ne douta plus de sa fin prochaine. Le 21, le nonce écrivait à sa cour qu'il était à l'extrémité ^ ; l'ambassadeur do France ne lui donnait pas
1. « Ni ténia por inconvcniente en liempo de estîo... que se dé una vuelta â la cama con un calentador en cual tenga un pedazo de nieve. » Tractado de la nieve^ etc., déjà cité. (Cité par A. de Castro, loco cit.)