Arch. Sim. Test, y codicilos reaies, leg
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lique, il réglait divers détails de ses funérailles, entre autres son ensevelissement sous le froc des frères mineurs, et ce vœu fut réalisé. Il ne voulait que vingt-quatre flambeaux et quarante-huit cierges autour de son cercueil, et fixait à dix mille le nombre des messes qui devaient être dites pour le salut de son âme. Il insistait pour la prompte canonisation du bienheureux Diègue. Mille ducats ont dû être employés à racheter des captifs, si le roi fît exécuter (idèlement toutes les dernières volontés de son fils. J'ignore s'il y fut très exact, car Philippe II était parcimonieux, et le prince déclare, n'ayant pas de fortune personnelle, s'en remettre à son père pour l'acquittement de ces divers legs. J'hésite à croire également que le vœu exprimé au vingtième paragraphe pût être exaucé : don Carlos y ordonne la fondation d'un monastère de franciscains, et, descendant aux plus minces détails, fixe ainsi qu il suit la nourriture du couvent : Chaque frère doit recevoir par jour deux livres de pain, une livre de mouton pour dîner, la moitié d'un poulet pour le souper 4, etc. Il n'est pas vraisemblable que Philippe se soit scrupuleusement conformé à ce caprice bizarre.
1. « Que se entierre con el hâbito de San Francisco... que solo se pongan para todo veinte y cuatro hachas y cuarenla y ocho vêlas en les dias de su entierre... que se le digan diez mil misas... que se destinen mil ducados para rescate de cauLivos... que se funde un colegio de frailes franciscanos... senalando â cada fraile para su alimente dos libras de pan diarias, una libra de carnero para comer y medi gallina para cenar. » Quant au bienheureux Diègue, le prince ajoute, après avoir parlé de sa canonisation : « Porque estando en la dicha enfermedad desahuciado de los médicos y dejado del rey mi padre, fué traido el cuerpo del dicho padre llamado Fr. Diego. » Arch. Sim. Test, y codicilos reaies, leg. 2.
TKSÏAMKNT OK DON GxVULOS ' 337
J'ai SOUS les yeux un document qui laisse dans le doute, au moins sur son zèle à l'endroit de l'exécution du testament. Don Carlos avait légué au monastère de Notre-Dame d'Atocha un crucifix d'or émaillé, œuvre de Pompeo Léoni ^ : ce ne fut que neuf ans après sa mort, par une cédule du 2 avril 1577, que le couvent fut mis en possession de ce bel ouvrage 2.
Quant au codicille recueilli au lit de mort du prince par le P. Diego de Chaves, les objets qui s'y trouvent cités furent remis à chacun des légataires; mais à quelle époque, on ne peut le déterminer. Les héritiers de Diego de Olarte , maître des joyaux de l'infant, n'en obtinrent décharge que sur une pétition signée d'eux et présentée au roi seize ans après la mort de don Carlos, en 1584. Ce document démontre, du reste, qu'avant d'expirer le prince avait pardonné à ses ennemis ; on y trouve des legs offerts à deux des membres du conseil d'État qui avaient été présents à son arrestation. Ruy Gomez de Silva dut recevoir un bénitier et deux coupes de cristal de
1. La description de ce crucifix est rapportée dans le remarquable livre que M. Eug. Pion vient de consacrer â Pompeo et Leone Leoni, œuvre d'un historien et d'un artiste qui met en pleine lumière le caractère et les travaux de deux illustres sculpteurs de la Renais^ sance.
2. Voici un fragment de celte cédule : « El rey, Diego de Olarte, contino de mi casa, à cuyo cargo esta, la almoneda y recâmara del S» principe don Gàrlos, mi muy caro y amado hijo que santa gloria haya, yo vos mando que el crucifîjo de oro (suit une longue description) que Pompeo Léon mi escultor hizo para el D« principe, lo deis y entreguevis luego al prior y convento del monasterio de N* S' de Atocha... el cual le mandô dar de limosna el D« nuestro, » etc. Arch. Sim. Contad. gêner., 1* época, leg. 1051, fol. 78.
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roche ; le prieur don Antonio de Tolède, un vase de cristal, et don Juan d'Autriche, dont les révélations avaient amené Teraprisonnement du prince, obtint, entre autres objets, deux flacons gravés et dorés. Parmi les seigneurs auxquels le roi avait confié la garde deTinfant, don GonzalesChacon, don F.Manrique, le comte de Lerme et don Rodrigo de Mendoza reçurent différents souvenirs ;ralcade de cour, Hernan Suarez, qui avait toujours témoigné à l'infant l'affection la plus fidèle, le docteur Olivarés, qui l'avait soigné durant ses diverses maladies, ne furent point oubliés, et le P. Diego de Chaves, qui l'avait veillé jusqu'à sa dernière heure, fut légataire d'une croix d'or contenant du bois de la vraie croix *. Philippe voulut donner lui-même une marque de satisfaction et d'estime toute spéciale à l'un des seigneurs que son fils avait le plus aimé : il nomma le comte de Lerme
1. et Los herederos de don Diego de Olarte présentai! para su descargo una certificacion de Fr. D. de Chaves, confesor de V. M. que lo fué de S. A... en que dice que pocos dias antes de su fallecimiento ordenô que el D° Diego de Olarte dièse la joyas y pieças en ella contenidas â las personas que en ella déclara (suit le certificat du P. de Chaves).. . Digo yo, etc., que S. A., pocos dias antes de su muerte, mandô que vos, Diego de Olarte, etc.. diésedes las cosas siguientes ù, las personas que en esta cédula van nombradas... al principe Ruy Gomez de Silva una calderilla de cristal de roca fino... una copa de cristal de roca fino y otra copa agallenada... al prior don Antonio de Toledo una copa de cristal.... à Luis Quijada un vaso de cristal... à don Rodrigo de Mendoza una calderilla de cristal, etc.. al D"" Suarez una calderilla de cristal*... al D' Olivarés una copa de cristal... al conde de Lermauna pintura, etc.. à don Juan de Austria dos frascos grandes, cincelados y dorados... à Gonzalo Chacon, à don Fr. Menrique un espejo de cristal... y à mî me hizo S. A. merced de una cadenilla de oro y colgada de ella una cruz en oro en la cual hay lignum crucis. » Arch, Sim. Contad. gêner., l*época, leg. i051.
CIllCULAlHE AUX VILLES D'ESPAGNE 33^
gentilhomme de sa clianrbre et commandeur de Calatrava *.
Avant de se retirer au monastère de Saint-Jérome pour y passer les premiers temps de son deuil, le roi demeura, je Tai dit, quatre jours à Madrid pour la rédaction des lettres officielles qu'il était convenable d'envoyer en ces douloureuses circonstances. Ce fut le secrétaire Zayas qui fut chargé d'écrire aux ambassadeurs à l'étranger; la plus grande partie de la dépêche a déjà été citée, je n'y reviendrai pas. Les villes d'Espagne reçurent la circulaire suivante : « Sachez que le samedi 24 juillet, Notre-Seigneurnous a enlevé le sérénissime prince don Carlos, notre fils très-cher et très-aimé, qui avait reçu trois jours auparavant les saints sacrements avec grande dévotion 2. Sa fin fut si chrétienne et si digne d'un prince aussi véritablement catholique, que j'ai reçu une grande consolation au milieu de la douleur que sa mort m'a causée. Nous devons croire avec toute raison que Dieu nous l'a enlevé pour jouir de lui éternellement. J'ai voulu vous en avertir, comme il est juste, et vous charger de faire faire dans cette ville les obsèques, honneurs et démonstrations accoutumés 3. » La
d. Cabrera, loco cit.
2, Le prince, on l'a vu, n'avait reçu que la confession et sans doute l'extrôme-onction. On conçoit que le roi n'avait pas, vis-à-vis des villes, à entrer dans les détails relatifs à la conrimunion.
3. « Sabed que el sûbado en la noche que se contaron 24 de julio, fué N® S' servido de Uevar para si el Seren» principe don Gàrlos, mi muy caro y muy amado hijo, aviendo recibido très dias antes los santos sacramentos con gran devocion. Su fin fué tan cristiano y de tan catôlico principe que me ha sido muy gran consuelo por el dolor y sentimiento que de su rauerte tcngo, pues se debe con razon esperar de su misericordia le ha llevado para gozar de él
lettre expédiée au marquis de Villafranea est absolument identique *, celles qui furent écrites à don Garcie de Tolède * et au duc d'Albe ' n'offrent que des modifications insignifiantes.
A son retour de Saint-Jérôme, le roi reçut les compliments de condoléance de la cour et des ambassadeurs. Il conserva cette dignité triste, cet air de résignation chrétienne qui convenaient bien à son rang, aux circonstances, et je croisaussi à sa pensée. Si froide qu'ait été sa nature, il est impossible qu'il n'ait été vivement ému en présence de ces terribles événements. Il se courbait devant cette calamité, « résolu de longtemps d'accepter le bien et le mal qu'il plaisoit à Dieu de luy envoyer*, » et considérant selon ses propres paroles « qu'il voulait croire que cet événement était pour le plus grand bien de son royaume et pour la tranquillité de son esprit » ; mais un pareil deuil était de ceux qui contiennent trop d'enseignements pour ne pas frapper avec violence l'imagination d'un roi et le cœur d'un père. Sans
porpctuamonte, de que he querido advertiros, como es justo, y oncargaros que hagais hacer en essa ciudad las honras, obsequias y dcuiostraciones y sentimiento que on sonjejantes casos se acostumbran. » Madrid, 27 de julio 1568. Anales de Sevilla, de Zuûiga, 1677, in-fol.
1. Elle 8C trouve dans les archives des marquis de Villafranea.
2. 11 ne s'agit pas ici du gouverneur de don Carlos, qui était mort depuis plusieurs années. Ce don Garcie de Tolède est celui qui fut plus tard général de la mer et vice-roi de Naples. Il était alors membre du conseil d'État. La lettre dont il est question ici est aux archives de Villafranea.
3. Cette lettre, dont je n'ai pas eu l'original entre les mains, se trouve, traduite en vieux français, à la Bibliothèque impériale. Mss. français. Saint-Germain, 846, in-fol., p. 48.