‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 26 sur 199 · DON JUAN D'AUTRICHE- PRÉSENTÉ A DON CARLOS · texte numérisé non relu

DON JUAN D'AUTRICHE- PRÉSENTÉ A DON CARLOS

lignes du caractère : ce ne sont encore que des incidents et non des habitudes. La suite de ce récit démontrera de plus en plus l'exactitude de ces conjectures.

. Reprenons le cours des événements. Le 21 mai 1859, dimanche de la Trinité, le saint-office de l'inquisition donna au peuple et à la cour le spectacle d'un auto-da fé. L'étiquette prescrivait à la princesse Jeanne, régente, et au prince don Carlos d'assister à cette horrible fête *. Une estrade fut donc dressée sur la grande place de Valladolid pour la cour, en face de Téchafaud et des bûchers réservés aux hérétiques. La cérémonie fut précédée par un incident assez curieux. A sept heures du matin le cortège royal arriva : la princesse monta les degrés ; auprès d'elle se tenait l'infant, et une foule de prélats et de seigneurs les entouraient. Tous les officiers du palais et tous les membres du conseil étaient présents : on remarquait parmi les membres du haut clergé Tarchevêque de Santiago et Tévêque de Placencia; parmi les grands, le connétable etl'amirante de Castille, les marquis d'Astorga et de

1. « En veinte y uno demayo, fiesta de la Sanctisima Trinitad, se celcbro en Valladolid un auto de inquisicion asislicndo la princesa Juana y el principe don Carlos. » Golmenares, Hisioria de Ségovia^ XLII, I 3, 521. — « ... El auto del santo olîcio se hizo cl domingo de la Trinitad, y en laplaza, donde se hallaron SS. AA. con todos les grandes y prclados que aqui habia y los conscjos y hiz(5se muy solene. Comenzdse â las siete de la manana y acabuse k las cinco de la tarde. » Lettre d'Osorio à Philippe II, mai 1559. Arch. Sim. Est, leg. 137. — « En veinte y uno dias del mes de mayo dcl afio del sefior de 1559, en Valladolid, en la plaza mayor délia, se hizo ■auto pûblico de la fé. » Ulescas, Historia pontifical^ in-fol., 1602.

Dénia, les comtes de Miranda, d'Oserno, de Saldafia et don Garcie de Tolède : le comte de Bueridia tenait l'épée nue. Des massiers et rois d'armes marchaient en avant du cortège *. Au moment où la princesse Jeanne arrivait sur l'estrade, un enfant inconnu, amené par Magdalena Ulloa, femme de LuisQuijada, premier écuyer de don Carlos, vint à sa rencontre, d'après ses ordres. La princesse, à qui il était présenté pour la première fois, lui fit le plus gracieux accueil, le nomma son frère et le traita d'altesse. Cet enfant était ce futur vainqueur qui remplit le monde de son nom, et refoula en Orient la puissance ottomane, don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles-Quint. La régente le fit asseoir à ses côtés avec une affectueuse bienveillance, et présenta à don Carlos l'enfant interdit de tant d'honneurs et qui, dit-on, regardait parfois avec des yeux pleins de larmes Magdalena Ulloa qu'il avait longtemps crue être sa mère. Mais le prince d'Espagne, raconte le vieux clironiqueur auquel j'emprunte ces détails, fut blessé d'entendre la régente, sa tante, traiter de frère et d'altesse cet inconnu. Il ne souffrit qu'avec peine de le voir assis à ses côtés sur l'estrade, et ressentit une vive jalousie en voyant un autre admis à des honneurs qui jusqu'à ce jour lui avaient été exclusivement réservés 2. H témoigna une froideur hau-

i. « ... Vino acompanada do todos sus criados, oficiales y ministres do palacio, de los maceros y rcyes de armas, dol arzobispo do Santiago, dol coadestable y almirante do Gastilla, de los marqueses de Astorga, etc., do don G^cia de Tolcdo y del conde de Buendia que Uevaba cl ostoque desnudo. » Lorenzo Van den Hammen, Vida de don Juan de Austria.

2 « ... Llamole hernaano y tratôle de al tcza ; gambas cosas disgus*

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