ETUDES DE DON CARLOS
ferme et étendu. Cependant ses études n'avaient pas été négligées. On a dit que son précepteur n'avait jamais pu parvenir à lui apprendre le latin *, mais ce détail est inexact. Il est vrai que le latin était enseigné alors d'une manière barbare 2 et rebutante, mais les premières années du prince avaient satisfait ses maîtres : don Carlos avait commencé le latin dans les derniers mois de 1334, et c'est seulement quatre ans plus tard, en octobre 1538, qu'Onorata adressa à Philippe II les premières plaintes auxquelles l'infant ait donné lieu. Il est donc certain que pendant un laps de temps assez considérable, don Carlos avait étudié le latin non sans zèle et sans fruit. Une relation contemporaine nous montre d'ailleurs Onorato lisant à son royal élève tous les jours un passage du De officiis ^. Rien ne prouve que don Carlos ait depuis abandonné cette étude, et qu'Onorato se soit borné à lui apprendre à parler et à écrire correctement l'espagnol, mais il est vraisemblable que l'infant était très médiocrement instruit, que ses précepteurs ne pouvaient soumettre à un labeur suivi cet esprit indocile. Son séjour dans la studieuse ville d'Alcala fut d'ailleurs abrégé par sa chute, et il est peu probable qu'à son retour dans Madrid, à dix-lmit ans, il se soit livré à des travaux longs et sérieux. Ce fut peu de temps après qu'Onorato fut élevé à l'éveché
1. « Se hallaba tan retrasado en el estudioquo aunno sabia latin. » Llorente, Hist. de la înquisicion.
2. « Gon bàrbaro modo de ensenar » dit rarchcvêquc de ValencQ, Martin Ferez de Ayala. Ms. de laBibl. do Sévillo, cité par A. de Castro. Hist. de los prolestantes espanoles.