XII PRÉFACE
contemporains des événements, j'avais lu dans les Histoires générales ou dans les ouvrages relatifs au règne de Philippe II tous les passages qui font allusion à cet épisode, et je pouvais me rendre le témoignage que nulle pièce vraiment importante et décisive n'avait pu échapper à mes investigations. Je n'ai pas à reproduire ici Ténumération des sources que j'ai indiquées dans la préface de la première édition . L'Académie Française, en m'accordant au mois de juillet 1863 l'un des prix dont elle dispose , consacra par ce haut témoignage d'estime le succès qu'avait obtenu l'ouvrage : la critique me fut bienveillante, et je dus à ce livre les sympathies que depuis j'ai eu le bonheur de conserver dans le monde littéraire. Je dois ajouter que je lui ai dû encore mon premier avancement dans la diplomatie : je n'étais qu'attaché aux affaires Etrangères : M. Drouyn de Lhuys, alors ministre, me nomma peu de temps après, en considération du suffrage académique, troisième secrétaired'ambassade,et m'ouvrit ainsi Taccès d'une carrière dont j'ai parcouru en vingtquatre ans tous les degrésjusqu'au rang oti je suis arrivé aujourd'hui.
Ce livre était publié depuis près d'un an, lorsqu'un incident faillit en compromettre l'avenir. Pendant mes longues années de travail, j'avais
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ignoré qu'un érudit Belge, honorablement connu par ses utiles recherches sur Thisloire des Pays- Bas et par de volumineuses publications de documents inédits du xvi* siècle, plutôt il est vrai archiviste et compilateur qu'écrivain, M.Gachard, se livrait de son côté à de persévérantes études sur la vie et la mort de Don Carlos et préparait un ouvrage développé sur ce problème historique. Jen'apprisces intentions que six mois après l'impression de mon volume, pendant que l'Académie Française discutait mes titres à la distinction dont elle m'honora plus tard : je sus même que l'illustre Compagnie avait hésité à me couronner, l'un de ses membres ayant eu connaissance des études de M. Gachard et paraissant craindre que le livre futur du savant Belge n'apportât dans la question des éléments plus étendus et peut-être en opposition avec ceux que j'avais exposés. L'Académie passa outre, ne pouvant juger en définitive que de l'ouvrage placé sous ses yeux; mais en effet, dans le cours de 1863, M. Gachard publia sous ce même titre de Don Carlos et Philippe II un volume considérable à tous égards et qui, avec pleine justice d'ailleurs, fut accueilli favorablement par le public et par la presse.
J'avais lieu dépenser que M. Gachard imprimant son travail huit mois après le mien ferait