‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 100 sur 156 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

venant à corriger les inclinations vicieuses du jeune prince, il lui rendrait sa bienveillance ('). Dans ses dépèches à Fourqucvaulx. elle fit parade des mêmes sentiments, et Charles IX l'imita : « Je vous assure, « disait-elle à l'ambassadeur, que je suis autant marrie « de l'emprisonnement du prince d'Espaigne, que je « sçay que le roy mon beau-fils en sera travaillé, et <(. que le faict est estrange (-). » — c( Vous pouvez « penser, écrivait le roi, si j'ay eu un grand desplaisir « de ce qui en est passé, estant le faict si estrange <( que je ne puis que plaindre grandement ceux à qui « il touche ; et seray très-aise quand le tout se pourra « accommoder Q. »

Le 26 février, il y eut un grand dîner chez le cardinal de Lorraine. Après le repas, on s'entretint de la réclusion de don Carlos : c'était l'événement à l'ordre du jour. Des dépêches de Fourquevaulx venaient d'arriver tout récemment, et l'on assurait qu'elles contenaient beaucoup et de nouveaux détails : on parlait d'une conspiration contre le roi dont le baron de Montigny aurait été le principal promoteur: on désignait aussi , comme impliqués dans cette afTaire , plusieurs personnages d'Espagne et d'Italie Q. Le sieur

(') « .... Aunque esperamos que con la madureza de la erlad todo se podrà tambien madurur y accomodar.... » (Lettre du 4 mars 1368. traduction espagnole : Arch. de l'Empire, à Paris, collection de Simaucas, B 22 "^)

(*) Lettre du -13 février, ci-de?sus citée.

P) Lettre du 13 février, également citée plus haut.

(*) Lettre d'Alava à Philippe II, du 27 février 1568, aux Archives de l'Empire, à Paris, collection de Simancas, B 22 "*.

5i2 DON CARLOS ET PHILIPPE IL

(le Sansac. qui faisait partie des convives, se leva et dit à haute voix : « Que les mauvais débitent ce qu'ils « voudront; il n'y a aucun gentilhomme de bien qui « ne voie clairement que le roi d'Espagne est le miroir (( des souverains de l'Europe. Cette démonstration « qu'il a laite envers son fils, quel qu'en soit le motif. t< je déclare, sur ma tête, qu'elle est sainte et trèsce sainte, et d'un si grand exemple que les rois doréna- « vaut ne pourront plus hésiter à châtier leurs vaste saux, mais qu'ils devront considérer ce cas et savoir <( être rois. » Le cardinal et tous les assistants louèrent fort ce langage, qui répondait sans doute au sentiment du parti catholique français, car plusieurs prédicateui*s firent entendre en chaire des paroles avec lesquelles il s'accordait de tout point (').

A la cour de France, nul n'était, autant que la reine-mère, préoccupé de l'arrestation de don Carlos. Catherine de Médicis aimait à s'en entretenir, et ne laissait échapper aucune occasion de le faire. Un jour qu'on en discourait devant elle, elle dit qu'il lui avait été confié, sept ou huit mois auparavant, par lamiral (Coligny)que le prince des Asturies conspirait

(') « .... Digan los malos lo que quisieceii, que no ay ningun cavai- Icro de bien que uo veaclaramente que el rey de Espana es espejo de los reyes del mundo, y esta demoslracion que ha hecbocon su hijo, sea por lo que fuere, mi cabeça porné que es sancta y sanclissima, y de tan grande exemple que no tienen de aqui adelante los reyes para que detenerse en castigar sus vasalios, sino pondérai- este caso y saber ser reyes. » El cardenal de Lorrena y todos los olros cargaron en esta aprovacion,.,. Algunos predicadores ban hablado en piiipito al mismo tono que en la mesa de! dicho cardenal. (Lettre d'AIava du 27 févri.T.)

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