CHAPITRE XV. S
son ambassadeur, que don Carlos ne s'était pas rendu coupable de rébellion; il l'assurait de même qu'il n'y avait pas de reproche à lui adresser par rapport à la foi. La vérité, ajoutait-il, serait connue -en temps opportun. Jusque-là, il avait voulu qu'il fût pourvu à tout ce qui concernait la commodité , les distractions et la dignité du prince: il avait attaché plusieurs personnes à son service, et ordonné qu'on lui fournît en abondance les choses dont il aurait besoin. Enfin il s'était occupé des intérêts de son âme : il entendait que rien ne fût négligé à cet égard , selon que les circonstances et la disposition de son fils le permettraient. Le prince aurait surtout un confesseur qui lui donnerait avec sollicitude des secours spirituels et de pieux conseils (').
Une recommandation particulière fut faite par le roi à don Juan de Zùùiga , en lui envoyant cette lettre. 11 pouvait arriver qu'après l'avoir lue, le pape l'interrogeât sur les particularités de la vie de don Carlos qui avaient été la cause de son emprisonnement : en ce cas, il alléguerait, pour s'excuser d'entrer dans des détails, les égards que méritait l'honneur du prince, et il se bornerait à assurer le saint-père qu'on s'était attendu à ce qui venait d'arriver, d'après l'opinion que la conduite de don Carlos avait fait concevoir de lui(').
(') Voy. la traduction latine de cette lettre dans ï Appendice B.
n » .... Si haviendo leido la carta, Su Santidad quisiese entrar en la plàtica desta materia, y saber de vos las particularidades que en el discurso de la vida del principe lian passado, y de que se infiere esta mi determinacion, vos podrcis en esta parte, por la decencia y honor del principe, escusaros de condescender à aclos muy parliculares ,
536 DON CARLOS ET PHILIPPE l[.
Les ordres de Philippe II furent ponctuellemen suivis par son ambassadeur. Comme Pie V n'entendait pas très-bien l'espagnol ('), Zùniga, en lui délivrant la missive de son maitre, le supplia, s'il désirait qu'elle lui fût traduite en italien, de se servir, pour cela, du cardinal de Granvelle. Le pape le chargea de la porter lui-même à Granvelle, et de la lui rapporter avec la traduction. Quant il en eut pris connaissance, il témoigna à l'ambassadeur toute sa sensibilité pour les peines du roi, et loua beaucoup sa détermination, car il concevait fort bien que la conservation de la chrétienté était attachée non-seulement à ce que Dieu accordât au roi de longs jours, mais encore à ce qu'il eût un successeur qui marchât sur ses traces ; aussi le demandait-il avec ferveur, et les yeux remplis de larmes, au souverain dispensateur de toutes choses. Là finit l'entretien. L'habitude de Pie V était d'être bref, lorsqu'on ne lui donnait pas matière à discourir longuement, et, en cette occasion, Zùniga se serait gardé de la lui fournir (-).
assegurandole de lo que vos teneis eiitendiJo del juicio que dél se ha hecho en el progreso de su vidu, en conforniidad de lo que agora sale.... n (Lettre du 13 mai i 068, ci-dessus citée.)
(') « .... Y porque no acierta fodas veze% à ieer espafiol ui aun à enlenderlo.. . » {Lettre de Zuâiga a Philippe II, du 25 juin 1368 : Arch. de Simaucas, Estwlo, leg 906.)
(-) « .... Doiiôse en gran manera del trabajo de Y. M., pero aiabô mucho su determinacion, porque entiende que la conservacion de la crisliandad esta en que Dios dé à V. M. muchos aùos de vida, y después tal sucesof que sepa seguir sus pisadas; y esto suplica à Dios muy de veras y con mâchas lagrimas. .\o pasô en esta piatica mas adelante. porque Su Sautidad es corto eu los discursos, quando no se le procura