CHAPITRE XV
L'(Mii perçu r. vu léiitoignnnl à son beaii-fn-rc le chagrin qu'il ressentait de l'aflaire du prince', ne lui cachait pas qu'il eût désiré en recevoir une explication plus catégorique, afin de ne pas îaisser le chantp si libre aux discoureurs. 11 le priait de lui donner son avis sur le mariage de Tarchiduchesse Aiuic. Les rélicences dont Philippe II avait usé avec lui étaient particulièrement sensibles à Maximilien ('); il n'en fit néanmoins rien paraître dans sa réponse.
Celle de l'impératrice a été publiée ; elle est conforme à ce qu'on connaît du caractère et de la piété de cette princesse : ^Marie d'Autriche exprime au roi catholique sa peine de la détermination à laquelle il
inlriz y Dietrislan, qui est aux Archives de Simaiicas, Estado, leg. (Jo8, ef dont voici les termes :
« El emperador, en caria de 28 de febrero, cscrihe de su niano lu raucho que seiiliô lo del pimcipe, aunque quisiera mas ciaridad, por no> dcj<ir la rieiida tan suelta à ios discursos. J'ide a Su Mag'i parecer en lo. de la prince-a Ana, porque se sahe de acâ habrà de parar en Francia, y hasla sal)er eslo, no podrâ concluir io de Portugal, porque esta en no dejar atrâs la mayor.... •>
(') r.'envoyé de Savoie à Vienne, Baldassaro Havoyra délia Croco-, écrivait au duc Emmanuel-Philibert, le 4 mars 1568 :« É una gran cora- « passione di vedeie l'aCfanno che si piglia l'imperalore et rimi)eratrice « perla detencione del principe di Spagna, vedendosi allongar et forse « andar in fumo il malrimonio délia principessa priruogenita ioro figlia, w et massimè che sin ora non si sa la causa ; et Sua ÎNLieslâ si è dignala « dtrmi che il re di Spagna, col prinio coniere, gli scrisse solamenle << che haveva detenuto il pjincipe suo figliuolo per imporlanlissima " causa, et che di e^sa gli haverebbe date conio fra pochi giorni cou « corriere expresso, il quale perô non è mai comparso. Per il che ieii « S. M spedi un coirierc al detto re , per chiarirsi del lulto ... » (Aicl). decnuret d'Etat, a Turin.)
Le caurrier dont parle l'envoyé de Savoie dans ces dernières lignes, él::il iiortcur des lotlres de l'empcicur el de l'imiicralri ■c du 28 février.
.•iG(i DON CARLOS ET P[IH.I1'[>E rf.
s'est vu forcé ilc recourir, ses vœux pour qu'elle ail un résultnl salisfaisani, et son regret de ne pouvoir y contribuer que par ses prières. S'occupant. après cela, des deux archiducs ses fils, elle remercie le roi de la faveur qu'il leur fait en les retenant auprès de lui, et^en écartant par là le danger que courrait le salut de leurs âmes : considération qui, à ses yeux, domine toutes les autres. Aussi n'était-ce point parce que rarehiducliessc Anne se serait assise sur le trône d'Espagne, qu'elle eût été heureuse de la voir unie à don Carlos, mais parce qu'elle aurait vécu dans ce royaume; et elle est convaincue que, si l'empereur n'y mettait obstacle, elle trouverait sa fille disposée à y aller maintenant, pour entrer en quelque monastère('). En tenant ce langage, la pieuse Marie était-elle l'interprète fidèle ties sentiments de la jeune princesse? Il est permis d'en douter, quoique des documents authentiques atleslent la piolonde douleur qui sempara de l'arehiduehesse à la nouvelle du malheur de son fiancé().
Philippe comprit qu'avec l'empereur et l'impératrice il lui était impossible de s'en tenir aux termes vagues dans lesquels il leur avait annoncé la réclusion de son fils. Il leur écrivit donc, de nouveau, à tous les deux.
Dans sa lettre à 3ïaximilien , il s'énonçait ainsi, après lui avoir reeonunandé de garder pour lui seul et pour rimjîératriee ce qu'il allait lui dire :
« Les défauts que, pour mes péchés, Dieu a voulu
(') Cokccioade documentas inédilos, etc., t. XXVII, p. 5. (*) Voy., dans Qucllcn, etc., p. '213, la 'eltre de Dielrichslein à Maximi jen II, ilu 22 avril JoOS.