‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 129 sur 156 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

de dominicain dans lesquels il désirait êlrc enseveli, comme il le fut (').

Philippe II ordonna que. le soir même, on transportât le corps de son fils au monastère de Saint- Dominique, où il resterait déposé jusqu'à ce qu'il le fît mener à l'Escurial. Les ambassadeurs des tètes couronnées cl celui de Venise, les grands, la haute noblesse, les conseils furent convoqués au palais pour assister à cette lugubre cérémonie. Ruy Gomez, en qualité de grand maître du prince défunt, eut la charge de conduire le deuil.

Le cortège funèbre partit du palais à sept heures. Les confréries et les ordres religieux ouvraient la marche, suivis de la chapelle royale. Le corps de don Carlos avait été mis dans un cercueil de plomb que contenait un coffre en bois garni de velours noir et recouvert d'un drap de brocard ; il fut porté par les ducs de rinfantado et de Médina de Rioseco, le prince d'Eboli, le prieur don Antonio de Tolède, le connétable de Casîille, les marquis de Sarria et d'Agiiilar. les comtes d'Olivarez, de Chinchon, de Lerma, d'Orgaz. et le vice-roi du Pérou, qui se relevaient de dislance en distance. Derrière le corps allait l'évèque de Pampelune, assisté de deux chapelains revêtus de chappcs de brocard noir. Puis venaient, à droite, le nonce au milieu des ambassadeurs: à gauche, les conseils et la cour, et en dernier lieu , les archiducs

(') Lettres de l'.irchevèqne de Rossano, des 27 et 28 juillet 1c68. — Lettre de Leonardo de Nobili, du 30 juillet. — Relation italienne.

Rodolplie et Ernest ('), ayant à leur côté le cardinal d'Espinosa. Tous étaient en grand deuil ; les archiducs le portaient à la flamande. Le roi vit passer le cortège d'une des fenêtres du palais. Une question de préséance s'étant élevée entre plusieurs des conseils, il la décida de cet endroit même. Le cardinal d'Espinosa n'alla pas plus loin que l'entrée du monastère ; il prétexta une indisposition pour revenir chez lui. Il aurait été plus vrai, observe Cabrera, s'il avait avoué qu'il n'aimait pas le prince, car l'on savait que sa mort ne lui avait point déplu (-).

Lorsque le cortège fut arrivé dans l'église de Saint- Dominique, on ouvrit le cercueil, afin que le défunt pût être reconnu des personnes présentes : (c Je luy ay «c vu le visage, — écrivit l'ambassadeur de France à ce sa cour — lequel n'estoit aucunement deffait de la « maladie, sinon qu'il estoit un peu jaune; mais j'en- « tends qu'il n'avoit que les ossements par le surplus c( du corps (^). » Le cercueil fut ensuite recloué, et deux monteras le descendirent dans le caveau qui avait été disposé en toute hâte au-dessous du chœur, pour le recevoir (^). Cette formalité de l'ouverture du

{') Don Juan d'Autriche était parti pour Carlhagène à la fin du mois de mai.

(*) Cabrera, liv. VIII, chap. V, p. 497. — Qlintana , Antigileilad , nobleza y yrandeza de Madrid, iu-foi., 1629, foL 3G9. — Lettres de Fourquevaulx, du 26 juillet, de l'archevêque de Hossano, du 27 juillet, de Leonardo Nobili, ilu 30 juillet, et de Sigisraondo Cavalli, du 31 juillet 1568, dans V Appendice C.

n Lettre du 26 juillet.

["] Auto del depôsilo del cuerpo del principe don Carlos, hccho en 24 del mes de julio de 1568. (Arch. de Simancas, Testameutos y Codicilos, leg. 5.)

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