‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 130 sur 156 · CHAPITRE XVr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVr

cercueil et de la reconnaissance du corps qu'il renfermait se répéta deux fois en io73, lors de la translation des restes de don Carlos à l'Escurial : la première fois, le r> juin, à neuf heures du soir, dans Téglise de Saint-Dominique, en présence de plusieurs personnages notables ('), de la prieure et de la sous-prieure du monastère: la seconde fois, le 9 juin, à cinq heures après midi , à l'Escurial , devant les hiéronymites délégués par le couvent (").

Le lendemain matin (2o juillet), les archiducs, les ambassadeurs, la cour, les ministres, les conseils, qui avaient accompagné la dépouille mortelle de don Carlos au monastère de Saint-Dominique, y retournèrent pour la messe de requiem, qui fut chantée pendant huit jours consécutifs : le roi, craignant que les princes Rodolphe et Ernest n'en éprouvassent de la fatigue, leur permit seulement d'y assister le premier jour 0-

Philippe se retira, le 28 juillet, au monastère de l'Escurial f*), faisant montre d'une grande douleur (^) qu'il ne ressentait pas intérieurement : car la mort de son fils venait « le tirer de plusieurs soucis, » selon

('] Entre autres : don Juan Manuel, évêquede Zàmora, don Francisco I.opez Pacheco, duc d'E?calona, le comte de Chinchon, trésorier générai de la couronne d'Aragon, don Hodrigo Manuel, capitaine de la garde espagnole, don Luis Manrique, grand aumônier, etc.

(^) Arch. deSimancas, Obras y basques, Escortai, leg. 3.

(') Lettres de l'arclievêque de Hossauo, du 27 juillet, et deNobiii, du 30 juillet 1368.

(*) Cabrera, liv. VIII, ehap. V, p. -597.

(^) Lettres de Cavalli, du 24 juillet, et de l'archevêque de Ilossano, du 27,

l'expression d'un des ambassadeurs aecrédilés à sa cour ('). II ne rentra à Madrid qu'après la eélébralion des obsèques du prince.

Ce fut le 10 et le il août qu'eut lieu celte cérémonie (■), au monastère de Saint-Dominique. Toute l'église était tendue de draperies noires parsemées d'écussons aux. armes royales qu'on avait brisées d'un lambel d'azur, en signe de la mort d'un héritier présomptif de la couronne. Au milieu s'élevait un baldaquin sous lequel était la représentation du corps , avec l'estoc, le sceptre royal et le collier de la Toison. Des bannières figurant l'aïeul, l'aïeule, le père et la mère de don Carlos, étaient suspendues aux quatre colonnes du baldaquin. Il y avait, à chaque coin, un roi d'armes revêtu de sa cotte et un massier ayant le

(') Lettre de Fourquevaulx à Charles 1\, du 26 juillet. — Antonio l'erez, dans une de ses lettres [Scgitintas Carias, CV, « à monsieur " Zamet, sobre la muerle de doîia Gregoiia, su hija maijor »), dit que Philippe II pleura pendant trois jouis la mort de son fils. Voici ses propres expressions : « No voy à V. S., que no esioy cierto para ser » Visio, porque, aunque me tiene en poco este .siglo, me eslimaria eu u menos, viéndome hecho niûo de sesenla afios. Pero mas valor que u qua!)tos reyes ay, ténia un rey que yo se, y llorô très dias por su hijo, « (.on ser su perseguidor » [Ohras y relaciones, édit. de 'I(i3t, p. 920). Mais nous n'ajoutons pas une foi égale à tout ce que contiennent les écrits d'Antonio Perez.

(*) « Avec beaucoup de pompe et de solennité, •■ si l'on en croit les avis envoyés d'Espagne au gouvernement anglais, tandis que la pompe aurait été » médiocre, » .selon ce qu'écrivait au président Viglius, le 17 août, le garde des sceaux Hopperus, qui était prt^eut : « Celebi-alae " sunl e.\equiae postridie Sancli Laurenlii pompa mediocri " [Joach. Iloppcri Epislulnc ad Viylium, p. 180). il est possible que ce qui paraissait jjoaipeux en Espagne fût trouvé modeste par un Elamaud liabitué aux magnificences qu'on déployait dans son pays en ces sortes d'occasions.

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