DEUXIEME LETTRE A CHARLES IX
2G juillet 13G8.
Sire, ne pouvant avoir les lettres de la royne vostre sœur, ni chevaulx pour faire partir ma dépesche, j'ay attendu quel succès auroit la maladie du prince devant que décacheter ceste lettre; et, comme j'escriiis à la royne plus au long, il trespassa hier de matin à une heure après minuit, ayant fait une fin de fort bon chrestien catholique : ce que ces Espaignols louent infiniment. Je luy ay vu le visage, quand on dépositoit son corps aux religieuses de Saint-Domingue le Real, lequel n'estoit aucunement deffait de la maladie, sinon qu'il estoit un peu jaune ; mais j'entends qu'il n'avoit que les ossements par le surplus du corps. On a opinion que ceste mort a tiré le roy catholique hors de plusieurs soucis, et pourra sortir de son royaume à sa volunté, sans danger d'y survenir sédition en son absence ; il ne se parle toutefois un seul mot de voyager. Don Jehan d'Austrice a esté mandé venir