‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 150 sur 156 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Sainl-Laurent le Royal, 2 août 1795.

J'ai VU, enfin, le cadavre de don Carlos, fils de Philippe II, dont la mort a été le sujet de discours si divers, et a donné occasion à ce qu'on dénigre la mémoire de ce roi, qui aurait ordonné, selon les uns, qu'on décapitât son fils, qu'on l'étouffât ou qu'on le saignât aux quatre veines, selon d'autres ; et l'on ajoute que la tête est séparée du corps. C'est une imposture : car j'ai pu voir tout à mon aise le cadavre entier, qui est conservé avec les altérations qu'a dû naturellement produire le long espace de temps écoulé depuis la mort de don Carlos. Ce prince n'a donc pas été décapité ; et, s'il fut mis à mort par ordre du roi son père, ce fut de telle sorte que son corps demeurât entier, puisque, je le répète, il porte seulement les empreintes des ravages du temps. Son Altesse était de taille ordinaire; il ne semble pas, à en juger par ses os, qu'elle fut très- robuste, et cette opinion est d'accord avec ce que les historiens contemporains rapportent , qu'elle souffrait de fièvres et qu'elle faisait des extravagances très-propres à abréger sa vie. Ceci est un point dont les étrangers ont beaucoup parlé. Je me réjouirais qu'ils vissent le cadavre comme je l'ai vu, pour se désabuser de la croyance que don Carlos fut décapité.

FIN DES .\PPENDICES.

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