PRÉFACE
Chapitre I.— Mariage du prince Philippe avec Marie de Portugal. — Naissance de don Carlos. — Mort de la princesse : affliction que cet événement cause à Philippe et à toute l'Espagne. — Baptême de don Carlos. — Joie de l'empereur, en apprenant à Worms qu'il lui est né un petit fils, bientôt troublée par l'arrivée du courrier qui lui apporte la nouvelle de la mort de la mère. — Changement dans les projets qu'il avait formés. — Instincts étranges de don Carlos, qui mange le sein de sa nourrice. — Difficulté qu'il éprouve à parler : mot de l'empereur à ce sujet. — Age de don Carlos, quand le filet lui est coupé. — Doiîa Leonor de Mascareiîas lui est donnée pour gouvernante; portrait de cette dame. — Résidence de l'infant à Alcala de Henarès et à Toro. — Instruction de l'empereur sur l'ordre à observer dans la maison de son petit-fils. — Officiers attachés à la personne de l'infant. — Chagrin manifesté par don Carlos lors de sa séparation d'avec sa tante doiîa Juana. — Philippe le fait passer des mains des femmes dans celles des hommes, et lui donne pour gouverneur don Antonio de Rojas. — Partant d'Espagne pour l'Angleterre, il nomme Ilonorato Juan son précepteur. — Éloge de Juan. — Perspective que lui offre la charge à laquelle il vient d'être appelé. — Plan qu'il soumet à Philippe; observations de ce prince. — Recommandations de l'empereur à don Antonio de Rojas. — Application à l'étude montrée dans le principe par don Carlos, mais qui ne se soutient pas ,
CiiAPiTUE II. — Abdication de Charles-Quint. — Philippe II est proclamé à Valladolid ; don Carlos préside à cette cérémonie. — Joie
'<i TABLE DES MATIÈRES.
t'I impatience manifestées par le jeune prince, à la nouvelle du tiéburquement de l'empereur à Laredo. — Lettre qu'il lui écrit.
— Entrevue de Charles avec son petit-fils. — Il arrive à Valiadolid; séjour qu'il y fait. — Scène plaisante entre lui et le prince, à qui il racontait ses entreprises de guerre. — Don Carlos veut avoir un poêle qu'il avait apporté des Pays-Bas; il le lui refuse. — Versions dififérentes sur le jugement porté par l'empereur de son petit-fils. — Amélioration dans les études et les exercices de don Carlos. — Lettre de son gouverneur sur sa situation physique, l'emploi de ses journées et les dispositions qu'il montrait. — Philippe II envoie Ruy Gomez en Espagne : l'historien Cabrera prétend , à tort, qu'il l'avait chargé d'emmener don Carlos aux Pays-Bas. — La princesse doiîa Juana songe à établir la demeure de son neveu hors du palais et même de Valladolid : raisons pour lesquelles il n'est pas donné suite à ce dessein. — Philippe H, à son tour, désigne Tordesillas pour la résidence de son fils ; mais les renseignements pris par don Garcia de Tolède l'engagent à ne pas observer les instructions du roi. — Maladies et mortalité à Valladolid. — Les médecins, consultés, s'opposent à ce que la résidence du prince soit transférée ailleurs. — Éloge de don Carlos par l'aumônier Francisco Osorio; témoignages opposés de don Garcia de Tolède, qui supplie l'empereur d'appeler sou petit-fils auprès de lui. — La princesse écrit à son père pour le même objet. — Induction qu'on peut tirer de ces démarches. — Portrait de don Carlos par l'ambassadeur vénitien Badoaro. — Motifs qui portent Charles-Quint à fermer l'oreille aux supplications de don Garcia de Tolède. — Influence de la mort de l'empereur sur les peuchants de don Carlos : lettre notable de son précepteur au roi ; réponse de Philippe. — Invasion des doctrines luthériennes en Espagne: Constantino Ponce de la Fuente; Agustino Cazalla.
— Découverte, par l'inquisition, d'un foyer de luthéranisme à Valladolid ; arrestation des affiliés à la nouvelle secte; poursuites dirigées contre eux. — Indignation et colère de Charles-Quiul, en apprenant que le luthéranisme a pénétré dans la Casfille : il écrit lettres sur lettres pour que les hérétiques soient châtiés exemplairement; il envoie Quijada à Valladolid; il fait des recommandations expresses à son fils dans son codicille. — Auto-da-fé célébré à Valladolid, en présence de dona Juana et de don Carlos : serment que la princesse et le prince prêtent entre les mains des inquisiteurs. — Assertion de Llorente à ce sujet, dénuée de preuves |fî
CiiA>>iTRt: H[. — Conséquences funestes, pour l'Esjiagne, de l'iibsence de ses souverains. — Messages pressants envoyés à Philippe II, afin de solliciter son retour. — Les désirs personnels de ce monarque sont d'accord avec le vœu de la nation ; mais la guerre avec la France ne lui permet pas d"y avoir égard. — Paix de Cateau-Cambrésis. — Organisation du gouvernement des Pays-Bas. — Philippe met à la voile de Flessingue, et débarque a Laredo. — Il trouve son fils malade à Valladolid. — Il le revél des insignes de la Toison d'or. — Nouvel auto-da-fé à Valladolid ; Philippe et don Carlos y assistent. — Paroles horribles adressées par Philippe à l'un des condamnés. — Départ de la cour pour Tolède.— Assemblée des certes de Castille.— Arrivée d'Elisabeth de Valois à Guadaiajara. — Philippe va l'y voir secrètement. — Le cardinal de Burgos les marie. — Entrée de la reine a Tolède ; première entrevue avec don Carlos. — Les certes reconnaissent don Carlos pour héritier de la couronne de Castille, et lui prêtent serment 48
Chapitre IV. — Dépérissement de don Carlos. — Les médecins conseillent au roi de le faire changer d'air. — Le roi. après des informations prises à Gibraltar, Malaga et Murcie, se décide à l'envoyer à Alcala de Henarès. — Description de cette ville. — Départ de don Carlos pour Alcala. — Heureux effets qu'il ressent de son changement de résidence. — Sa fièvre cesse. — Elle reprend à la suite de quelques imprudences. — Elle le quitte tout à fait. — Il va assister, au Pardo, à une fête donnée par le roi. — Il devient amoureux d'une des filles du concierge du palais. — Il fait une chute dans un escalier en allant la voir, et se blesse a la tête. — Les gens de sa maison et ses médecins accourent à ses cris. — Paroles de Quijada au licencié qui lui met le premier appareil. — Le roi, averti par don Garcia de Tolède, fait partir pour Alcala plusieurs de ses médecins. — Il y vient lui-même, mais il retourne bientôt à Madrid, rassuré par les déclarations des hommes de l'art. — Jugement sur les médecins espagnols de ce temps. — Caractère grave que prend la blessure de don Carlos ; symptômes alarmants. — Le docteur Olivarès cherche à tranquilliser le prince; repartie de don Carlos. — On lui découvre le crâne. — Le roi accourt à Alcala. — Une légère amélioration dans l'état du malade est suivie des complications les plus inquiétantes; il tombe en délire. — Le roi fait dire des prières et faire des processions dans toute l'Espagne; il appelle un empirique de Valence; il prodigue à son fils les soins les
plus affectueux. — Dévouement du duc d'Albe, de don Garcia (le Tolède, de Onijada et de tous les serviteurs du prince. — Kegrel exprimé par don Carlos à son père. — Patience et douceur qu"il montre pendant sa maladie. — Part que l'E-spagne entière prend à l'affliction du roi. — Marques éclatantes de la douleur de la reine et de la princesse dona Juana. — Sentiments divers des Flamands, des Italiens, des Portugais, des Français et des partisans de la branche allemande de la maisond'.Autriche. — Les médecins désespèrent de la vie de don Carlos.
— Le roi quitte Alcala, laissant des instructions pour les obsèques de son fils au duc d'Albe et au comte do Feria. — Don Carlos est trépané. — On apporte dans sa chambre et on lui fait toucher le corps de fray Diego, religieux de Saint-François.
— Soulagement instantané qu'il éprouve. — Fray Diego lui apparaît la nuit, et le rassure. — Arrivée de l'empirique de Valence; application de ses onguents, dont on n'est point satisfait ; il est congédié. — Le roi, instruit du changement inespéré qui est survenu dans l'étal de son fils, revient à Alcala. — Don Carlos perd la vue. — Il la recouvre au moyen d'une opération pratiquée par le conseil de Vésale. — Le roi repart pour Madrid.
— Extraction d'un os de la tête de don Carlos. — Cicatrisation de sa plaie. — Sa convalescence et son rétablissement — Il va rejoindre la famille royale. — Joie des Madrilènes en le revoyant.
— Félicitations adressées au roi par les princes étrangers. — Lettre particulière et compliments de l'empereur à don Carlos.
— Ce prince prie son père de solliciter du pape la canonisation
de fray Diego 66
Chapitre V. — Philippe II, dès son retour en Espagne, se propose de convoquer les certes d'Aragon, de Valence et de Catalogne. — Circonstances qui y mettent obstacle pendant plusieurs années.
— il fait enfin expédier les lettres de convocation. — Une nouvelle maladie survenue à don Carlos l'empêche de l'emmener avec lui. — Il part de Madrid et arrive à Monzon. — Ouverture des certes ; demandes qu'il leur fait. — Remontrances des cortès.
— Paroles de Philippe à l'ambassadeur de France sur la constitution des peuples d'Aragon. — H donne satisfaction aux cortès sur plusieurs points de leurs remontrances , mais il élude celles-ci en ce qui concerne l'inquisition. — Grands débats qui en résultent. — Amélioration dans l'état de don Carlos, suivie d'une rechute. — Le roi demande que les cortès reconnaissent ^nn fiN pour héritinr dn la monarchie, par procnralinn. —
Presse qu'il donne à leurs travaux; sollicitations personnelles qu'il leur fait. — Mauvaises dispositions qu'il trouve chez les Arngonais et les Catalans. — 11 se met cependant d'accord avec les premiers et avec les Valeuciens, mais il ne peut obtenir d'eux qu'ils reconnaissent le prince, et ils ne lui accordent qu'un faible subside. — H quitte Monzon pour se rendre à Barcelone. — Fêtes qui lui sont données dans cette capitale. — Auto-da-fé. — Opposition qu'il éprouve de la part des cortès de Catalogne, malgré les concessions qu'il leur fait. — Manière cavalière dont il les licencie. — Arrivée à Barcelone des archiducs Rodolphe et Ernest. — Comment les nécessités de la politique et leur intérêt commun avaient rapproché les deux branches de la maison d'Autriche, après le refroidissement qu'il y avait eu entre elles à la diète d'Augsbourg, et nonobstant l'antipathie réciproque de Philippe et de Maximilien, et comment le roi de Bohême s'était déterminé à envoyer le premier et le second de ses fils en Espagne. — Accueil affectueux que Philippe fait à ses neveux. — Honneurs qu'il veut qu'on leur rende. — Il entre avec eux à Valence. — Fêtes qui ont lieu à cette occasion. — Philippe reprend le chemin de la Castille. 93
Chapitre VI. — Don Carlos, malade, retourne à Alcala. — Réflexions sur la destinée de ce prince. — II songe à faire son testament. — 11 confie ce dessein au docteur Hernan Suarez de Toledo. — Suarez l'aide à le réaliser, et écrit le testament de .sa main. — Préambule et dispositions de cet acte. — Témoins qui y interviennent. — Démenti qu'il donne à une assertion de l'historien Cabrera 124
Chapitre Vil. — Don Carlos, délivré enfin de la fièvre, va rejoindre la famille royale à Madrid. — Portrait que le baron de Dietrichstein fait de lui, d'abord sur des ouï-dire et ensuite après l'avoir vu. ~ Autres portraits du prince, tracés par les ambassadeurs vénitiens. — Le roi donne à son fils entrée au conseil d'État et organise sa maison. — Il nomme Ruy Gomez de Silva son grand maître. — Déplaisir que cette nomination cause à don Carlos.
— Composition de sa maison. — Dangereuse maladie de la reine Elisabeth de Valois : affliction qu'en montre don Carlos.
— La reine est sauvée par un médecin français. — Le prince éprouve un nouvel accès de fièvre. — Passage de Brantôme par Madrid. — Ce qu'il raconte de don Carlos. — Pie IV envoie au prince d'Espagne l'estoc et le chapeau bénits. — Arrivée à
Mniiiid (lu ( omlo d'Epmont : doute exprimé sur la démarche qu'il iiur;iil faite auprès de don Carlos, suivant Brantôme. — Soliicilations pressantes de Catherine de Médicis pour avoir une entrevue avec le roi d'Espagne. — Philippe II, après les avoir éludées pendant plusieurs années, consent a ce que sa femme aille voir la reine-mère à Bayonne. — Départ et voyage d'Elisabeth de Valois; attentions que don Carlos montre pour elle; fêtes qui lui sont données a Valladolid.— Son retour en Espagne. — Le roi et don Carlos se portent à sa rencontre. — Incident /relatif à don Juan d'Autriche. — Intempérance de don Carlos, qui lui occasionne une nouvelle indisposition. — Il va avec le roi au devant du légat du pape, et ensuite à Tolède pour la réception du corps de saint Eugène 443
Chapitre VIII. — Ouvertures faites à Philippe lien vue du mariage de don Carlos. — Catherine de Médicis propose pour lui Marguerite de Valois, sa fille. — Les princes de Lorraine mettent en avant Marie Stuart. — L'empereur Ferdinand tâche de faire préférer larchiduchesse .Anne, sa pelite-fdle. — La princesse doîïa Juana prétend la préférence pour elle-même. — Observation sur la reine Elisabeth d'Angleterre. — Don Carlos se montre réservé à l'égard de Marguerite de Valois. — Il ne peut souffrir doiïa Juana. — H trouve mieux à son gré Marie Stuart. — Mais l'archiduchesse Anne lui plaît davantage, et il annonce l'intention de n'en épouser pas d'autre. — Politique de Philippe II relativement au mariage de son fils. — Il incline pour une alliance avec la branche allemande de sa maison. — L'empereur veut avoir une réponse catégorique. — Explications qu'il a avec le comte de Luna, ambassadeur d'Espagne à Vienne. — Démarches qu'il fait faire par son ambassadeur à Madrid. — Réponse dilatoire de Philippe II. — L'empereur n'insiste pas. — Négociation du cardinal de Lorraine à Inspruck, pour le mariage de Marie Stuart avec l'archiduc Charles. — Fâcheuse impression qu'elle produit en Ecosse et en Angleterre. — Lethington, secrétaire d'État d'Ecosse, propose formellement à l'évêqued'Aquila, ambassadeur de Philippe II à Londres, le mariage de Marie Stuart avec don Carlos. — L'évêque rend compte de cette propositionau roi. — Perplexité de Philippe. — 11 fait à son ambassadeur une réponse ambiguë. — L'évêque insiste pour avoir des instructions plus positives, et envoie, en attendant, une personne de confiance à Marie Stuart. — Philippe lui mande de donner suite aux ouvertures de Lethington. — Catherine de Médiris a vent
TABLE DES MATIÈRES. "lî'
de ce qui se passe; elle tâche de s'en éclaircir; réponse de Ruy Gomez à l'ambassadeur de' France à Madrid. — Embarras de l'hilippe II, qui s'augmente par les instances que lui fait faire l'empereur, pour qu'il se décide d'une manière ou de l'autre. — Préoccupation que lui donne le caractère de son fils. — Il cherche à gagner du temps. — Il est disposé à préférer dona Juana ; mais il trouve dans don Carlos une répugnance invincible pour une union avec sa tante. — Il rompt la négociation d'Ecosse. — Il donne des espérances à l'empereur Maximilien. — Don Carlos se prononce résoliîment pour l'archiduchesse. ~ Catherine de Médicis revient, à Bayonue, sur le mariage de Marguerite de Valois avec le prince d'Espagne. — Philippe lui déclare catégoriquement qu'il est engagé envers l'empereur 172
Chapitre IX. — Dissensions entre don Carlos et le roi. — Portrait de Philippe II • son caractère, ses goûts, ses habitudes, son système de gouvernement, ses ministres. — Remontrances qu'il fait à son fils et qui sont mal accueillies par le prince. — Griefs de don Carlos contre le roi : il est mécontent de n'avoir point de pouvoir, de n'être pas placé à la tète du gouvernement des Pays-Bas, du retard apporté à son mariage avec l'archiduchesse Anne. — Il blâme tout ce que fait son père, et le tourne même en ridicule. — Son mécontentement s'étend aux ministres et aux serviteurs du roi; scène violente qu'il fait au président d'Espinosa. — Ses propres officiers sont vus par lui avec déplaisir; mauvais traitements qu'ils essuient de sa part. — Ses procédés envers la princesse dona Juana et les princes de Hongrie. — La reine Elisabeth est seule l'objet de ses déférences; explications à ce sujet; fables débitées sur une prétendue inclination récipioque de la reine et du prince. — La reine douairière de Portugal, Catherine d Autriche, cherche à ramener don Carlos à de meilleurs sentiments pour son père. — Son ancien précepteur, révêque d'Osraa, y emploie aussi son zèle et son influence. — Estime et affection de don Carlos pour Honorato Juan ; marques qu'il lui en donne. — Lettre notable que Juan lui écrit, en quittant la cour. — Mort de Juan. — Nouvelle grossesse d'Elisabeth de Valois ; joie que Philippe II en éprouve. — Elisabeth se rend au bois de Ségovie, où le roi l'avait précédée. — Don Carlos reste à Madrid; remarque à ce sujet. — II va plus tard rejoindre la famille royale. — La reine accouche d'une fille. — Don Carlos en est le parrain; débilité physique qu'il montre en celte occasion. —Noms d'Isabel-Clara-Eugenia que reçoit la
720 TABLE DES MATIÈKES.
jeune infante; mol if de cliacun d'eux. — Don Carlos donne un nouveau sujet de mécontentement à son père, en frappant don Diego de Acuùa, l'un de ses gentilshommes. — Le roi le réprimande, fait passer Acuùa à son service, et le gratiQe d'une commanderie supérieure a celle qu'il avait 234
Chapitre X. — Troubles dans les Pays-Bas. — Origine, causes et caractère de ces troubles. — Philippe II, à son départ de ces provinces, veut y laisser trois mille Espagnols, pour garder les places fortes; mécontentement qu'en conçoit la nation. — .'\utres griefs des Belges. — Placards sur la religion. — Inquisition. — Ordres rigoureux donnés par Philippe. — Nouveaux évêchés ; causes qui les rendent impopulaires. — Jalousie des grands contre le cardinal de Granvelle, dont le renversement devient le but des efforts communs des mécontents. — Imputations dirigées contre ce ministre et dont l'histoire doit le justifier. — Le roi résiste d'abord à l'opposition, mais il finit par céder, et invite le cardinal à s'éloigner des Pays-Bas. — Mortification que Granvelle en éprouve. — Il qui .te Bruxelles. — Situation des Pays-Bas après sa retraite. — État de la religion : calvinisme; luthéranisme; secte des anabaptistes; répugnance des juges à appliquer les placards ; murmures du peuple lors des exécutions capitales ; prolestants arrachés des mains des officiers de justice ; prisonniers délivrés par force ou évadés par la connivence ou 1 incurie des magistrats; refus de concours aux inquisiteurs; progrès des idées de tolérance; dépopulation du pays; émigrations en Angleterre; machinations des émigrés contre le gouvernement du roi. — État des finances : vieille dette envers les gens de guerre; emprunts faits par les villes de Flandre pour le roi ; sommes levées en Allemagne et aux Pays-Bas; déficit dans les aides accordées par les états ; insuffisance du produit des domaines pour couvrir les dépenses de l'administration ; arriéré des traitements et des pensions ; mauvais état des places fortes; impossibilité de payer l'entretien des détenus condamnés aux galères. — Envoi du comte dEgmont en Espagne. — Accueil qu'il reçoit du roi, de la famille royale et de toute la cour. — Réponses du roi sur les points mentionnés en son instruction et les représentations particulières qu'il y a ajoutées. — Faveurs personnelles sollicitées par Egmont et que le roi lui accorde. — La ducher.se de Parme nomme une commission composée d'évêques, de magistrats et de théologiens, pour discuter les questions que .soulève l'état de la religion. — llésullats
des délibérations de celle-ci : elle propose des modifications dans l'application des j»lacards. — Publication du concile de Trente. — Aplanissement des difficultés que l'érection des nouveaux évêchés avait fait naître. — La duchesse envoie au roi les délibérations des évêques, des magistrats et des théologiens ; elle lui propose la révision des instructions des inquisiteurs, la nomination de nouveaux membres du conseil d'Etat, et la subordination à ce conseil des conseils privé et des finances.
— Fray Lorenzo de Villavicencio : quel était ce moine; ses voyages ; ses écrits et ses sermons contre les protestants ; ses démêlés avec le magistrat de Bruges ; ses lettres au secrétaire Erasso et au roi ; son départ pour l'Espagne ; influence qui peut être attribuée à ses rapports, à ses conseils et à ses exhortations sur les déterminations de Philippe IL — Le roi se prononce contre toute modification aux placards ; il n'admet pas la subordination des conseils privé et des finances au conseil d'État; il augmente d'un seul membre ce dernier conseil, et son choix ne tombe sur aucun des candidats présentés par les seigneurs ; il réitère les ordres donnés par lui précédemment pour l'exécution d'anabaptistes prisonniers; il ne veut pas que le moindre changement soit apporté à l'exercice de l'inquisition.
— Murmures que ces résolutions excitent. — Écrits contre le roi et la religion semés dans le pays. — Irritation des seigneurs. — Le prince d'Orange, le marquis de Berghes, le comte d'Egmont, déclarent qu'ils n'exécuteront pas les ordres venus de Madrid; lettre du comte d'Egmont au roi. — Requête des quatre chefs-villes de Brabant contre l'inquisition. — Confédération des nobles.— Assemblée des seigneurs à Breda et à Hoogstraeten. — La duchesse de Parme appelle à Bruxelles les chevaliers de la Toison d'or et les gouverneurs. — Requête que lui présentent les confédérés. — Sa réponse. — Envoi à Madrid
du marquis de Berghes et du baron de Montigny 287
Chapitre XI. — Accident arrivé au marquis de Berghes. — Montigny, après quelque résistance, part seul pour l'Espagne. — Opinion désavantageuse que le roi a de ces deux personnages; motifs sur lesquels elle est fondée.— Il dissimule toutefois et fait à Montigny un accueil bienveillant. — Il le rassure sur ses sen- : timents à l'égard des seigneurs des Pays-Bas. — Montigny est dupe de ces démonstrations fallacieuses. — Il représente au roi l'urgence d'abolir l'inquisition, de modérer les placards et d'accorder un pardon général. — Réponse évasive de Philippe. —
Nouvelles instances de Monligny. — Le roi remet sa décision jusqu'après qu'il aura établi sa résidence au château de Valsain. — 11 ordonne à Hopperus, Tisnacq, Courtewille et Pfinzing d'aller l'attendre à Ségovie.— Il mande au château de Valsain les membres de son conseil d'État, et veut qu'ils délibèrent avec les ministres belges sur les mesures qu'exige la situation des Pays- Bas. — Remarque à propos du compte rendu de ces délibérations par Hopperus. — Mécontentement de Montigny de n'avoir pas été appelé au conseil. — Mémoire présenté par lai au roi. — Philippe II réunit , sous sa présidence, ses ministres espagnols et belges ; il leur déclare ses déterminations sur les trois points sollicités par le gouvernement des Pays-Bas. — Hopperus et Tisnarq les communiquent a Montigny, qui les blâme avec vivacité devant eux, s'en explique librement avec le roi, et tient un langage plus libre encore à Ruy Gomez. — Restrictions mentales mises par le roi aux concessions auxquelles il vient de consentir : déclaration secrète dont il fait dresser acte par le notaire Pedro de Hoyos ; lettre a son ambassadeur à Rome. — Il ordonne à la duchesse de Parme de lever des troupes en Allemagne, et lui interdit de convoquer les états généraux. — Position pénible de Montigny, dont les ennuis s'augmentent encore des retards quesoufifre l'arrivée du marquis de Berghes. — Répugnance de Berghes pour la mission qu'on lui avait donnée. — Il se met enfin en route. — A Lusignan il hésite a poursuivre son chemin, et envoie son majordome Aguilera a Montigny. — Conférence nocturne et secrète d'Aguilera avec Montigny, qui le présente le lendemain an roi. — Philippe écrit au marquis de Berghes une lettre autographe où il lui exprime le désir de le voir. — Berghes se remet en route et arrive à Ségovie. — 11 est bien reçu du roi, et remplit au château de Valsain ses fonctions de gentilhomme de la chambre. — Audiences données par le roi à Berghes et à Montigny. - Conférences qu'ils ont avec le duc d'Albe et Ruy Gomez , et qui n'aboutissent à rien. — Nouvelles fâcheuses reçues des Pays- Bas : saccagement général des églises et des monastères. — Le roi, déjà un peu indisposé, est saisi d'une fièvre violente en apprenant ces nouvelles. — Lettres ultérieures de la duchesse de Parme complétant le récit des dévastations exercées par les iconoclastes, et faisant connaître les concessions auxquelles elle s'est vue obligée de souscrire. — Exaspération des Espagnols contre les Belges; sermons passionnés de leurs prédicateurs. — Consternation, désagréments et embarras des Belges qui se trou-
ventd Ségovie. — Rétablissement de Philippe II; il reçoit un envoyé de Charles IX. — La fièvre le reprend; mais il en est tout à fait délivré au commencement d'octobre. — Sa maladie ne l'empêche pas de s'occuper des alTaires : cédule qu'il fait expédier aux églises cathédrales, afln qu'on prie pour la famille royale et pour la conversion des hérétiques ; lettres à la duchesse de Parme touchant son voyage prochain aux Pays-Bas et l'assemblée des étals généraux, à laquelle il continue de s'opposer. — Il quitte le château de Valsain et rentre à Madrid. — Nouvelles de plus en plus alarmantes des Pays-Bas : projets de partage de ces provinces formés par les chefs du mouvement révolutionnaire ; plans de résistance à l'armée royale. -- Soucis qu'en prend Philippe IL — Il assemble son conseil, sous su présidence, pour délibérer sur le parti auquel il s'arrêtera définitivement. — Discours du comte de Chinchon, de don Juan Manrique et du duc d'Albe. — Assentiment qu'obtient du roi le langage de ce dernier, auquel il destine le commandement de ses troupes. — Vains efforts du prince d'Eboli pour lui faire préférer le comte de Feria. — Berghes et Moutigny tâchent, avec îiussi peu de succès, d'engager le roi à envoyer aux Pays-Bas le prince d'Eboli lui-même. — Doutes sur les rapports que, suivant l'historien Cabrera, les deux seigneurs belges auraient eus avec don Carlos. — Le roi ne donne pas connaissance, d'abord, à la duchesse de Parme du choix qu'il a fait du duc d'Albe, et pourquoi. — Dispositions qu'il prend pour la concentration en Italie d'un corps de lioupes considérable. ~ Lettres aux princes italiens. — Envoi du comte Juan de l.t Anguisola aux cantons suisses, de don Juan de .4.cuna au duc de Savoie, de don Bernardino de Mendoza au duc de Lorraine,
— Nomination de Francisco d'Ibarra comme provéditeur général. — Explications sur les ressources a l'aide desquelles Philippe II fit face aux frais de cet armement. — Arrivée à Madrid de l'évêque d'Ascoli, chargé par Pie V de solliciter le départ du roi pour les Pays-Bas et la délivrance de l'archevêque de Tolède.
— Mécontentement que celte mission cause à Philippe H — Plaintes qu'il en fait au pape, dans des termes très-vifs, par l'intermédiaire de son ambassadeur à Rome. — Instances vaines de Berghes et de Montigny pour obtenir du roi la permission de retourner aux Pays-Bas. — Mort de Berghes à Madrid. — Honneurs que le roi lui fait rendre. — Arrestation de Montigny, qui est enfermé d'abord à l'alcazar de Ségovie, et ensuite
au château de Siraancas, où le roi le fait étrangler secrètement. 33.5
724 TABLE DES MATIKIIES.
Chapitre XII. — Convocation des cortès de Caslilie. — Séance d'ouverture. — Proposition royale. — Réponse des cortès. — Départ du roi pour l'Escurial.— Apostroplie adressée aux cortès par don Carlos.— Les cortès accordent au roi le service ordinaire et une subvention extraordinaire. — Elles demandent qu'il ne quitte pas l'Espagne et que le prince se marie.— Don Carlos continue ses emportements et ses violences : il cbasse Juan Estevez de Lobon, donne un soufflet à don Alonso de Cordoba, menace de son poignard don Fadrique Eiiriquez, fait battre des enfants, veut qu'on brûle une maison d'où un peu d'eau lui est tombée sur la tête, maltraite des chevaux. — Faits qui prouvent, d'autre part, qu'il n'était pas inaccessible a des sentiments généreux : entretien à se? frais d'enfants abandonnés; secours qu'il donne à un malheureux, prisonnier pour dettes. —Jugement porto sur sa conduite par le public de Madrid. — Bruit répandu qu'il n'accomplit ]ilus avec régularité ses devoirs religieux. — Le docteur Hcrnan Suarez de Toledo — Son dévouement pour don Carlos. — Lettre qu'il lui écrit après la scène des cortès. — Autre lettre plus pathétique et plus forte à l'occasion des rumeurs qui circulaient sur son compte. — Peu d'effet que ces lettres produisent sur don Carlos, qui néanmoins reconnaît l'attachement de Suarez. —Voyage de Philippe II aux Pays Bas : doutes dont il est l'objet ; explications provoquées par le nonce; réponse du roi ; circonstances qui contribuent h dissiper en grande partie ces doutes. — Le duc d'Albe va recevoir, à Aranjuez, les dernières instructions du roi. — Il prend aussi congé do don Carlos, qui entre en colère contre lui et veut le frapper de son poignard. — Philippe II ne fait point paraître le mécontentement que lui cause cette nouvelle incartade de son fils : au contraire, il lui confie la présidence des conseils d'État et de guerre, augmente sa dotation et lui promet de l'emmener aux Pays-Bas. — Ses rapports avec le prince sont meilleurs, mais pour peu de temps seulement. — Don Carlos lui ayant donné des motifs de plainte, il révoque une partie des choses qu'il lui avait accordées; l'antipathie entre le père et le fils en devient plus forte que jamais. — L'empereur Maximilien, quoiqu'instruit des actions publiques et privées de don Carlos, insiste sur l'accomplissement du mariage projeté entre lui et l'archiduchesse Anne. — Hésitations de Philippe II ; conjectures diverses qu'elles peuvent faire naître. — Il montre plus d'ardeur pour un autre mariage : celui du roi don Sébastien de Portugal avec l'arcbiduche>se Elisabeth, que Charles IX recherchait. — Embarras
TABLE Dl'S MATIÈRES. 72
de Maximilion, qui aurait préféré ruiliance avec la France, mais, qui lient à conserver de bonnes relations avec le roi d'Espagne.
— Réponses qu'il fait aux ambassadeurs des deux souverains.
— Philippe II lui offre de régler les conditions du mariage du prince des Asturies avec la princesse Anne, lors de son prochain voyage aux Pays-Bas. — Maximilien résiste. — l'hilippe lui envoie en ambassade extraordinaire Luis Yenegas de Tigueroa.
— Antécédents de cet ambassadeur. — Instructions qu'il reçoit du roi relativement aux deux mariages. — Son départ pour Vienne. — Présents dont il est porteur pour l'archiduchesse Anne. — Don Carlos fait preuve de virilité : joie qu'il en éprouve; avis qu'il en donne au baron de Dietrlchstein; libéralités qu'il distribue à celte occasion. — Déçu de son attente, il prend l'habitude de fréquenter les mauvais lieux. — Prodigalités auxquelles il se livre. — 11 veut forcer Nicolo Grimaldi de lui prêler cent mille écus. — Le roi, informé de ce fait, reprend vivement son fils. — Arrivée de Venegas à Vienne.
— Maximilien fait des objections à la demande de sa seconde fille pour le roi de Portugal, et insiste sur le mariage de la première avec don Carlos. — Venegas engage le roi à se rendre aux vœux de l'empereur. — Philippe II s'applique à convaincre le monde de sa volonté de passer aux Pays-Bas. — Il fait faire des communications en ce sens aux cours étrangères, et transmet des assurances analogues à la duchesse de Parme et au cardinal de Granvelle. — Il donne avis à son fils, aux archiducs Rodolphe et Ernest et à don Juan d'Autriche de se tenir prêts à l'accom-^ pagner. — Il tient un langage non moins significatif à Tombas- \ sadeur de France et au nonce. — Préparatifs de nature à con- \ firmer le public dans l'idée que le roi va quitter l'Espagne.
— Doutes qui subsistent néanmoins à Madrid dans l'esprit de quelques personnes : lettres écrites à ce sujet par Hopperus, l'archevêque de Rossano, le baron de Dietrichslein et le seigneur de Fourquevaulx. — L'événement donne raison à ceux qui ne croyaient pas au voyage. — Paroles du prince d'Eboli à Fourquevaulx. — Arrivée de deux courriers du duc d'Albe. — Observations du nonce à Philippe II ; réponse du roi. — Nouvelle de l'arrestation des comtes d'Egmonl et de Hornes. — Communication ofiiciello du président d'Espinosa au nonce. — . Communications semblables faites aux ambassadeurs de France et d'Autriche par le prince d'Eboli et le prieur don Antonio de Tolède. — Longue cl imporlanio dépèche de Philippe II à son ambassadeur à ]\n\uc. — Il érril en la même substance à .ses
720 TABLIi DES MATIÈRES.
:imbiis.>udeurs ilyiis les autres cours. — Chagrin de l'archiduchesse Anne, en npprenant la remise du voyage. — L'empereur se montre de bonne composition ; il adresse à Philippe II une k'itre pleine de témoignages de condescendance. — Réponse de Philippe à Venegas au sujet de don Carlos. — Commentaires auxquels donne lieu, à Madrid, le changement survenu dans les résolutions du roi. — Incertitude qui existe encore aujourdh'ui sur le point de savoir si Philippe II eut réellement la volonté de partir pour les Pays-Bas. — l'ropos que Philippe tient là-dessus à la reine Elisabeth. — Conjectures sur le? motifs pour lesquels il aurait changé de dessein, au cas qu'il eût été décidé dabord à faire ce voyage. — Conclusion 3Sl'
Chapitre XIII. — Mécontentement quéprouve don Carlos de ce que le voyage du roi aux Pays-Bas est ajourné. — Il forme le yirojet de s'enfuir d'Espagne et de passer en Italie. — Il veut en cela imiter Louis XI. — Parallèle entre ce prince et lui. — Difficultés que don Carlos devait rencontrer dans l'exécution de son entreprise.— Il s'entoure de précautions extraordinaiies pour la sùretéde de sa personne. — L'ingénieur deFoix. à sa demande, fait un mécanisme à l'aide duquel il puisse ouvrir et fermer luimême la porte de sa chambre, et un livre d'un assez grand poids pour tuer un homme. — Don Carlos envoie a Tolède, à Médina dol Campo, à Valladolid, à Burgos, pour emprunter de l'argent ; ces démarches n'ont qu'un médiocre succès. — Il en fait faire d'autres a Séville par Garci Alvarez Osorio, l'un de ses aides de chambre ; lettres de créance dont il le munit. — Incertitude qui subsiste sur le résultat du voyage d'O.sorio ; peu de confiance que mérite ce qui en est rapporté par Cabrera. — Invitation de don Carlos aux noces du prince de Bavière avec la princesse Renée, tille du duc de Lorraine; lettre qu'il écrit en réponse au duc Alt)ert le Magnanime. — Départ de Philippe H pour 1 Escurial. — Lettres de don Carlos à quelques-uns des grands, pour qu'ils l'accompagnent dans sa fuite. — Réponses qu'il en reçoit. — Lettres que, à son ilépart, il se proposait d'adresser au roi, aux dJÉférents ordres du royaume de Castille et aux princes de l'Europe. — Il compte sur la coopération de don Juan d'Autriche : détails sur l'intimité qui régnait entre eux. — Il appelle
,/ don Juan dans sa chambre, et lui découvre tout son dessein,
/ en l'engageant à s'y associer. — Raisons qui en détournent don
Juan. — Il fait des représentations a don Carlos, et prend \\n
prétexte pour aller Irouver le roi. à qui il revoie loul ce qu'il
TABLE DES MATIÉKES. 727
\ient d'apprendre. — Objets dont Philippe était occupé en ce moment : pratiques de dévotion et de piété; profession des religieux hiéronymites qui avaient été envoyés a l'Escurial de diverses maisons de leur ordre. — Irritation que lui cause le récit de don Juan. — Incident qui l'augmente : don Carlos , déclare, en confession, porter une haine mortelle a son père. — Philippe passe encore plusieurs jours à l'Escurial ; il fait dire des prières dans les couvents. — Il retourne à .Madrid. — Il consulte, non de graves docteurs, comme le dit Cabrera, mais les membres de son conseil intime- - Il se décide a arrêter et emprisonner son fils. — Entrevue de don Carlos avec don Juan d'Autriche et le prieur don Antonio près du Pardo ; propos qu'ils échangent ensemble. — Philippe, à son arrivée au palais de \ Madrid, se rend auprès de la reine; son fils vient l'y trouver. — Don Carlos emmène don Juan dans sa chambre ; il veut que son oncle lui prête son concours et s'oblige à le servir en toute occurrence et en tout lieu. — Embarras de don Juan : il cherche à gagner du temps et va tout raconter au roi. — Philippe donne audience a l'ambassadeur de France, et assiste ensuite a la messe avec son fils ; aucun signe d'allérotion ne se fait remarquer sur son visage. — Don Carlos, ne voyant pas revenir don Juan, soupçonne que le roi connaît quelque chose de son dessein ; il se dit malade et se met au lit. — A onze heures du soir, Philippe, accompagné de plusieurs de ses ministres, se rend a la chambre de son fils, où il pénètre sans peine, grâce à ce qui a été concerté avec de Poix. — Stupéfaction de don Carlos ; paroles qu'il adresse à son père ; réponse du roi. — Philippe fait clouer les fenêtres de la chambre de son fils, enlever les armes et toutes les pièces en fer qui s'y trouvent, ainsi que la cassette renfermant les papiers du prince. — Lettres et écrits qu'on y découvre. — Désespoir de don Carlos, qui veut se jeter dans le feu. — Reproches qu'il fait a son père. — Le roi se retire, après avoir donné ses ordres aux personnes qu'il charge de la garde du prince. — Mesures prises par le duc de Feria. — Admiration, exprimée par plusieurs ambassadeurs, de la tranquillité d'esprit et de la constance montrées par Philippe 11 dans l'arrestation de son fils. — Réflexion à ce sujet 448
Chapitre XIV. — Inquiétudes de Philippe II sur l'effet que produira l'arrestation de son fils. — II défend de laisser partir des courriers, et ne permet pas que personne sorte de Madrid. — 11 mande le i)aron do Dietrichslcin. el lui annonce l'cvenemont do
la nuit. — Il en instruit aussi ses différents conseils. — Il tient une longue délibération avec ses ministres sur les dispositions à jirendre. — Bniil répandu de la prochaine convocation des cortès de Castille et qui ne se vérifie pas. — Communications de Philippe II à ses royaumes. — Lettres aux grands; aux villes; aux cvêques et aux audiences royales; aux généraux et aux provinciaux des ordres religieux; aux autorités supérieures d'Aragon, (le Valence, de Navarre, de Catalogne. — Lettre plus développée ;iii duc d"Albuquerque. — Communications aux cours étrangères. — Lettre 3 la reine de Portugal. — Lettres à l'empereur pt à l'impératrice ; instructions aux deux ambassadeurs à Vienne, l'.hantonoj' et Venegas. — Lettre à Pie V; instructions à don .luan de Ziiûiga, ambassadeur à Rome. — Informalions données ;iu roi de France et à la reine d'Angleterre par l'intermédiaire des ambassadeurs accrédités près ces deux cours. — Lettre franraiseau duc d'Albe. — Lettre espagnole au même. — Notifications faites aux envoyés des puissances étrangères à Madrid ; au nonce par le président Espino.^a , aux ambassadeurs de France, de Venise et d'Angleterre par le prince d'Eboli. — Remarques à propos de toutes ces communications. — Soin avec lequel le roi évite de s'expliquer sur les causes immédiates de l'arrestation de son fils; conjecture qui peut être formée à cet égard. — Réserve de Philippe en ce qui concerne ses intentions ultérieures. — Il n'est guère douteux qu'il ne fût décidé à priver son fils de la succession à l;i couronne, et à le tenir renfermé pour le reste de ses jours; inductions qui servent de fondement a cette opinion. — Philippe prescrit qu'une enquête soit tenue .'-ur les actions publiques et privées du prince. — Fait rapporté par Cabrera touchant le procès du prince de Viana, et dont on iie trouve de trace ni à Barcelone ni à Simancas. — Pourquoi le roi ne donna pas suite à son dessein de recourir à l'autorité liu conseil de Castiile. — Erreur de la plupart de historiens quant au procès qui aurait été intenté à don Carlos et le dépôt lies actes de ce procès qui aurait été fait aux archives de Simancas. — Ce qu'il y avait dans le cofTie où l'on supposait qu'ils étaient contenus. — Conclusion 4831
CnAPiTr.E XV. — Sensation produite, en Espagne et dans toute l'Europe, par l'arrestation de don Carlos. — Tristesse d'Elisabeth de Valois. — Billet qu'elle écrit a l'ambassadeur de France. — Dona Juana et de .luan d'Autriche. — Révocation des ordres ùpiHiés poiir la fête du roi de Portugal. — Réponses des grande
il la lettre du roi : le connétable de Castille est le seul qui te permette un langage improbateur. — Absence, dans les archives de Simancas, des réponses des évéques, des supérieurs des ordres religieux et des villes de Castille. — Satisfaction que cause à Philippe JI celle de la ville de jMurcie. — Renseiguements contradictoires sur les réponses des autorités des royaumes d'Aragon et de Valence et de la principauté de Catalogne. — L'opinion publique blânae l'arrestation de don Carlos. — Discours qui se tiennent dans les rangs du peuple. — Plaintes et murmures dans les sphères plus élevées de la société. — Terreurs do Philippe II. — A la cour, le silence se fait bientôt sur l'emprisonnement du prince. — Paroles froides et sévères du roi aux envoyés de Gênes et de Venise qui viennent lui en parler. — Envoi à Madrid, par la reine Catherine et le roi don Sébastien de Portugal, d'un gentilhomme chargé de s'enquérir des causes de la détention du prince et de le voir. — Ce gentilhomme retourne à Lisbonne, sans avoir pu remplir sa mission. — Arrivée à Paris des dépêches de Philippe II et de l'ambassadeur de France ; contenu de ces dernières. — L'ambassadeur de Philippe, don Francés d'Alava, diffère, pendant quelques jours, d'aller trouver la reine-mère et le roi ; pourquoi. — Particularités de l'audience qui lui est donnée. — Mécontentement de Catherine de Médicis et de Charles IX. — Philippe n'approuve pas le délai apporté par Alava à la présentation de ses lettres.
— Propos de la reine-mère au sujet de don Carlos. — Remarque sur le peu de sympathie que la détention de ce prince excitait à la cour de France. — Catherine néanmoins exprime à Philippe le chagrin que le roi et elle en éprouvent. — Ils font parade des mêmes sentiments dans leurs dépêches à leur ambassadeur.
— Paroles dites à la louange du roi d'Espagne dans un dîner chez le cardinal de Lorraine. — Préoccupations de Calherine de Médicis touchant l'affaire de don Carlos. — Curieuse conversation qu'elle a avec don Francés d'Alava. — Premiers avis qui parviennent à Rome de l'arrestation du prince d'Espagne, et auxquels don Juan de Ziiiîiga, ambassadeur de Philippe II, ne veut pas croire. — Réponse qu'il fait à un message du pape sur cet événement. — Après avoir reçu ses dépêches, il va trouver le saint-père, et l'en informe dans les termes prescrits par ses instructions. — Sentimenls que témoigne Pie V. — Don Juan de Zijiiiga avertit aussi de ce qui s'est passé les membres du sacré collège. — Il est secondé efRcacement par le cardinal de Granvello, doni la pcrspimcité est en défaut d'ans le jugement
((ii'il porte (le la détermination du roi. — Réponse de Pie V à la lettre de Philippe : impression qu'elle fait sur le roi, lorsqu'elle lui est présentée par le nonce. — Soucis que cette affaire cause au pape. — Il désire être informé par le roi hiiinème des véritables causes de l'arrestation de son fils. — Lettre que Philippe lui écrit. — Recherches infructueuses faites pour la découverte de cette lettre aux archives de Simancas et du Vatican. — Comment elle est parvenue à la connais^ sance de Laderchi, qui l'a insérée dans ses Annales de l'Église.
— Importance qu'on devait y attacher, d'après les termes dans lesquels Philippe en annonçait l'envoi à son ambassadeur. — Texte de la lettre. — Recommandation du roi à don Juan de Zûiïiiia. — Comment celui-ci la remet au pape, traduite en italien par le cardinal de Granveiie. — Paroles de Pie V, après en avoir pris lecture. — Trait distinctif de ce pontife. — Excellence des rapports qui existaient entre les cours de Rome et de Madrid : chapeau de cardinal donné au président d'Espinosa ; pension assignée par le roi au cardinal Alessaudrino.
— Le duc d'Albe reçoit les dépêches du roi. — Il communique ;iu conseil d'État la dépêche en français. — Il en envoie copie aux chevaliers de la Toison d'or, aux gouverneurs et aux conseils de justice des Pays-Bas. — Peu de créance que trouvent auprès du public belge les choses contenues dans ce' te dépèche ; avidité avec laquelle il accueille des bruits difîéreuts venus d'Espagne par des lettres particulières. — Nouvelle dépêche du roi au duc, sur ce que celui-ci avait jugé nécessaires des communications plus explicites : le roi n'est pas de cet avis; il veut seulement qu'on désabuse ceux qui croiraient que le prince a conspiré contre sa personne, ou commis quelque délit contre la religion. — Excuses du duc. — Effet produit à la cour d'Angleterre par l'arrestation de don Carlos : lettre de la reine Elisabeth a son ambassadeur à Madrid. — Arrivée à Vienne des dépêches de Philippe 11. — Chantonay et Venegas se transportent au palais, et présentent les lettres du roi à l'empereur et à l'impératrice. — Affliction qu'elles leur causent ; paroles de Marie d'Autriche. — Noces d'une des filles de l'impératrice ; l'empereur ne permet pas qu'à cette occasion il y ait des danses ni d'autres divertissements. — Commentaires auxquels donne lieu en Allemagne l'emprisonnement de don Carlos. — Réponses de Maximilien et de Marie aux letties du roi. — Remarque sur la disposition , attribuée par l'impératrice à l'archiduchesse Anne, d'aller eu Espagne, pour y entrer dans nu rouvent. —
TABLE DES MATIÉHES. 731
Philippe II comprend qu'il ne peut s'en tenir aux termes vagues ilans lesquels il a annoncé à son frère et à sa belle-sœur la réclusion du prince d'Espagne. — Il leur écrit de nouveau a tous deux, et leur découvre ses intentions à l'égard de son fils. — Il engage Maximilien à accorder la main de rarcliiduchesse Anne au roi de France, et à conclure le mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal. — Ces ouvertures satisfont médiocrement l'empereur, qui ne veut pas renoncer au mariage de sa fille avec don Carlos. — II se décide, malgré toutes les objections de Chantonay et de Venegas, à envoyer quelqu'un à Madrid, et c'est sur son propre frère l'archiduc Charles qu'il jette le.« yeux. — Lettre qu'il écrit au roi Philippe, pour lui en donner avis. — Au moment où l'archiduc allait se mettre en roule, on reçoit à Vienne la nouvelle de la mort de don Carlos.
— L'empereur persiste néanmoins à faire partir son frère pour l'Espagne. — Affaires qu'il avait à traiter avec le roi : établissement de ses deux filles; pacification des Pays-Bas. — Départ de l'archiduc. — Pendant qu'il était en chemin, l'empereur apprend la mort d'Elisabeth de Valois. — Il charge son frère d'offrir au roi d'Espagne, pour lui-même, l'archiduchesse Anne. — Philippe accepte cette offre, et devient ainsi, pour la deuxième fois, le mari d'une femme qui avait été destinée à son fils '61\
(iiiAPiTRE XVI. — Don Carlos dans sa prison. — Surveillance et régime intérieur auxquels il est soumis. — Le roi le relègue au fond d'une tour. — Il donne les auti es pièces de son appartement a Ruy Gomez, qu'il appelle à remplacer le duc de Feria, et à sa femme — De nouveaux gentilshommes sont attachés au service du prisonnier. — Adieux touchants qu'il fait à don Rodrigo de Mendoza. — Le roi licencie sa maison et dispose de ses chevaux. — Désespoir de don Carlos; il essaye de se faire mourir d'inanition, el reste cinquante heures sans prendre d'aliment.
— Les médecins le croient perdu. — Assertion de Cabrera, que Philippe II vit et conforta son fils, réfutée par des témoignages irrécusables. — La nature est plus forte que don Carlos; il mange, et sa santé devient meilleure qu'auparavant. — Règles minutieuses prescrites par le roi pour mieux assurer la garde de son fils. — Don Carlos, de plus en plus préoccupé du dessein de se détruire, avale un diamant qu'il portait au doigt; mais il le rend. — A l'approche de Pâques, il désire se confesser et recevoir la communion, que fray Diego de Chaves lui donne, après y avoir rlc aulniisé. — .amendement qu'on rcman|ut
32 TABLK DES xMATIÈHKS.
dans ses seutiments et dans ses paroles. — Espoir, conçu par quelques personnes, d'une réconciliation du flis avec le père, et qui ne se réalise pas. — . Explication que Philippe II donne à l'impératrice, sa sœur, des devoirs religieux accomplis par le prince, et qu'il transmet également au pape. — Résignation apparente de don Carlos; il lit et écrit beaucoup. — Il en revient à l'idée de se détruire. — Examen des causes attribuées, dans la relation rédigée par ordre du roi, à la maladie et à la mort de son fils. — Observation de M.deCaslro ; autorités cilées par lui sur l'usage de la glace au xvi^ siècle. — Témoignages authentiques de la grande consommation de neige que don Carlos faisait avant sa réclusion. — Paroles d'une personne du palais à l'ambassadeur de Venise. — Reproche qui peut étro adressé à Philippe II. — Comment il y répond d'avance dans les instructions transmises à ses ambassadeurs. — Maladie de don (Carlos; ce qui la cause. — Il ne veut prendre aucun des remèdes qu'ordonnent les médecins. — État désespéré où il est réduit. — Il se confesse. — Il demande a voir son père, qui .1 In cruauté de lui répondre par un refus. — Prétendue béné- (liclion que le roi aurait donnée a son fds. — Don Carlos dicte ses dernières volontés. — Il dis()ose de quelques joyaux et d'autres objets précieux qui lui appartiennent. — Sa dévotion à saint Jacques de Compostelle. — Circonstances de sa mort : il pardonne à ceux qui l'ont fait enfermer. — Le roi ordonne que le soir même son corps soit déposé au monastère de Saint- Dominique. — Détails sur cette cérémonie funèbre : ouverture du cercueil, qui est renouvelée deux fois depuis. — Retraite de Philippe à fEscurial. — Obsèques à Madrid et dans les États dépendants de la monarchie espagnole. — Funérailles à Rome et à Paris : démonstrations de Pie V et de (Catherine de Médicis ; embarras des ambassadeurs de Philippe dans ces deux cours.
— Douleur que la mort de don Carlos cause en Espagne. — .lugement de Cabrera sur ce prince. — Opinion de M. Lafuente.
— Paroles de fray Diego de Chaves au baron de Dietrichstein.
— Expressions de Brantôme. — Accusations contre Philippe II auxquelles donne lieu la mort de don Carlos. — Peu de cas qu'elles n)érilcnt. — Philippe cependant ne saurait être tenu noîif infi à l'ail innocent de la mort de son fds .t79
TABl.F. DKS MATIÈRKS. T.V.i
Appendice A . — Cuite eï maladie de don Caulos a Alcala.
I. Relacion del ?uccesso de la enfermedad y cura del principe nuestro senor, hasta los xxvii de mayo 1562, en
Alcala ^'^~
II. Lettres écrites à Girolamo Priuli, dope de Venise, par Paolo
Tiepolo, ambassadeur de la république à Madrid 634
Première lettre : 24 avril -1562 ^'''•
Deuxième lettre ; -le mai 1562 632
m. Mémoire et lettre de Sébastien de l'Aubespi ne, évéque de Limoges, ambassadeur de Charles IX à Madrid : 10 et Il mai 1562 •^^^
IV. Lettre écrite à Corne de Médicis, duc de Florence, par le
chevalier Leonardo de Nobili, son ambassadeur à Madrid : Umai 4562 ^37
V. Lettres écrites à sir William Cecyll, secrétaire d'État de la
reine Elisabeth, par sir Thomas Chaloner, ambassadeur
d'Angleterre à Madrid 6^^
Première lettre : 12 mai 1562 • '^•
Deuxième lettre : 14 mai 1562 6^0