‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 20 sur 156 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

l'entremise de son ambassadeur, de la démarche que Sa Sainteté venait de faire, et qui pouvait donner de lui une mauvaise opinion par toute la chrétienté ^ il lui fit observer que, sïl n'avait pas été décidé, comme il l'était, à se rendre aux Pays-Bas et à faire partir pour Rome l'archevêque de Tolède, c'eût été un mauvais moyen de l'en persuader que celui auquel elle avait eu recours; il la supplia, lorsqu'elle voudrait mener quelque affaire à bonne fin , d'employer les voies convenables : car, si elles ne Tétaient pas, même en ce qu'elle désirerait et qui serait faisable, il pourrait arriver quelle n'atteignît point son but ('). L'évêque, par ordre de Pie Y, l'avait engagé à ne pas employer la force pour la réduction de ses sujets des Pays-Bas, et à se servir de préférence des voies de négociation, à cause des maux que la guerre entraînerait à sa suite; il rejeta bien loin ce conseil : « Personne autant que c( moi, fit-il dire au pape, ne doit désirer, et n'y a un « si grand intérêt, que ces pays se soumettent sans « effusion de sang et sans ruine, puisque personne i< n'y a ce que j'y ai ; mais la voie de la négociation

(') u . .. Direis à Su Sanlidnd que yo no puedo dexaj de quexarme à él .... que baya querido embiarme al obispo de Ascoli à persuadirme lo que yo tengo tan a cargo de hazer, y querido dar fan mala voz de rai por toda la chrisliandad, con hazer demostracion de que se ba menester, para que yo acuda à ello, embiarme embaxada tan pùblica.... ; y que, si yo no estuviera en ello como estoy, era mal camino para persuadirme entrer....; y que suplico à Su ï^antidad, para venir al fin de las cosas, quiera usar de los medios convinienles, porque, quando no lo fueren, aun en las cosas que Su Santidad quisiere y fueren muy bazederas, podria ser occasion de no salirse cou lo que se prétende.... » (Lettre du roi au grand commandeur de Cuslille, du 2ti novembre I0G6.)

c( avec eux est si mauvaise et si pernicieuse pour le « service de Dieu et l'établissement de notre sainte foi « catholique, que j'ai mieux aimé m'exposer aux « hasards de la guerre, avec tous les maux et incon- « vénients qui en peuvent résulter, que de condes- « cendre à la moindre chose qui serait contraire à ce cette même foi catholique et à l'autorité du saint- « siège : ce qui serait inévitable, si l'on en venait à des (( pourparlers et à des arrangcmenis ('). » Philippe terminait la lettre où il marquait ainsi ses volontés à son ambassadeur, par les prescriptions suivantes : « Vous parlerez à Sa Sainteté sur tout cola, en lui '( en témoignant un grand déplaisir, dans les termes « qui pour cet effet vous paraîtront à propos; et par c( votre prudence et votre dextérité, vous ferez en « sorte qu'à l'avenir elle use de moyens convenables c( et non violents comme elle l'a fait cette fois, en c( vous servant, quand vous lui adresserez la parole, « de ces propres expressions. Vous lui donnerez à

(') Ass-imismo direis à Su Sanlidad que el dichoobispo me ha querido persuadir de su parte à que en el remedio destas cosas no quiera user ni aprovecharme de las armas, sino de la negociacion, por los danos que de la guërra se podrian seguir, y que no hay nadie que tanto haya de dessear ni que lanto le importe la reduccion de aquellos paises sin sangre ni destruccion dellos, como à mimismo, pues nadie tiene en ellos lo que yo ; y el medio de la negociacion cou ellos y trato es tan malo y pernicioso para el servicio de Dios y eslabiecimiento de nuestra santa fe catôlica, que yo lie querido ponerme antes â aventura de la guerra, con todos los iticonvenientes y danos que délia se me podrian seguir, que venir à condescendcr eo haverles de permilir ninguna cosa que fuessc contra eila ni de la auctoridad dessu sancla sede : lo quai, en veuiendo â tralos y capilulacioiies, no podria escusarse.-.. (Lettre du 20 novembre 1566.)

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