CHAPITRE XII
pour ses assistants. Le roi était assis sous un dais. Auprès de lui se trouvait le prince son fils (').
La proposition fut lue par le secrétaire Erasso. Ce ministre y rappelait d'abord que, depuis les eortès de 15"65, le roi avait tenu sa résidence continuelle dans ses royaumes d'Espagne, comme étant le siège, la tête et la partie principale de ses Etats, et en considération aussi de l'amour réciproque qu'il y avait entre lui et ses vassaux de ces royaumes (-). Il exposait ensuite ce que le roi avait fait, durant ces trois années, pour le maintien de la foi catholique et de l'obéissance due au saint-siége, pour l'exacte administration de la justice, pour la défense et garde de ses royaumes contre les agressions des Turcs et des Algériens. Les troubles des Pays-Bas étaient, après cela, l'objet dont il entretenait les eortès : a Vous aurez « appris, leur disait-il, les nouveautés, les émotions (( qui se sont manifestées dans les États de Flandre, « et vous pouvez vous former une idée de la néces- « site , de l'urgence même qu'il y a d'y remédier. ce tant par rapport à ce qui touche le service de Dieu, « notre seigneur, qu'afîn de prévenir la perte de
(') Les détails dans lesquels nous entrons sur cette assemblée sont tirés des actes mêmes des eortès , qui s'impriment en ce moment a Madrid, par ordre et sous les auspices du congrès des députés.
Nous prions don Francisco de Arguelles, greffier du congrès, d'agréer l'expression de toute notre gratitude, pour la communication qu'il a bien voulu nous donner de cet important recueil, avant sa publication.
(*) « .... Por ser, como son, la silla, cabeza y principal parte de sus Estados, y por el amor que les tiene y sabe que en ellos se le tiene à Su Majestad.... «
386 nON CARLOS ET PHILIPPE II.
« provinces qui sont d'une telle importance. Sa Mate jeslé a pris et fait prendre toutes les mesures qui « étaient possibles en son absence; elle a employé à « propos les autres moyens et expédients convenables « pour arrêter les progrès du mal et pacifier lesdits t( États : mais tout cela n'a point suffi, et il faut qu'elle « s'y rende en personne, afin d'appliquer le vrai et « entier remède qu'exige la situation des affaires. Vous <c jugerez des grandes dépenses auxquelles Sa Majesté « aura à fournir et, par conséquent, des grandes som- « mes de deniers dont elle aura besoin pour cette « entreprise ; vous apprécierez en même temps le « devoir qu'elle a de l'exécuter; vous considérerez « enfin à quel point cela est essentiel, non-seulement « pour la conservation des Pays-Bas, mais encore a pour celle des autres provinces de la monarchie('). » L'orateur terminait en signalant aux certes Tétat
(')<■ Ansiicedidodespués, comoavreis oido,las novedades,movimiento.s y alteraciones en los Estados de Flàndes, en que podeis bien considerar qunnto importa y la nece?sidad prande que ay de remedio, ansi por lo que toca al servicio de Dios nuestro sefior como para la conservacion y seguridad de aquellos Eslados, que son tan principales. Y aunque Su Magestad a hecbo y mandado hazer lodas las provisiones y prevenciones que an sido po-ibles y en su ausencia se podian, y usado con tiempo de los otros medios y formas que convenian para atajar este mal que se a movido, y para quietar y pacificar aquellos Eslados ; mas siendo, como paresce ser, necesaria su ida en persona para el verdadero y entero remedio y asiento dellos, podreis juzgar las provisiones y preparamientos que para eslo seràn necessarios, y las grandes coslas y gaslos que se avràn de hazer, y las muchas quantias de dineros que serân menesler, y juntamente la obligacion que Su Majestad tiene â esto, y lo que importa, no solo para la conservacion de aquellos Estados, mas para todos los demàs. »