CHAPITRE XII
fâcheux du palrimoine royal , qu'avaient obéré les guerres du règne précédent et celles que le roi avait eu à soutenir. Il déclarait que, si le roi n'était aidé, il lui serait impossible de remplir les obligations attachées à sa couronne. « Et ainsi, continuait-il, « Sa Majesté voîis prie, comme de si fidèles et loyaux « vassaux, d'examiner les objets qui viennent de « vous être exposés, avec cet amour, cette ancienne t( fidélité que ces royaumes ont accoutumé de témoi- « gner à Sa Majesté et aux rois ses prédécesseurs. « de glorieuse mémoire, et d'y donner l'ordre qu'il « convient ('). »
Cristoval de Miranda, l'un des procuradores de Burgos (-), répondit au nom de l'assemblée. Il dit. en adressant la parole au monarque lui-même, que les cortès étaient informées des dépenses notables qu'il avait été obligé de soutenir, pour avoir reçu de Dieu la double mission de résister au Turc, ennemi déclaré du nom chrétien, et de remédier aux erreurs et aux mauvaises doctrines qui avaient cours dans la chré-
(•) « .... Y ansi Su Magestad os ruega y encarga que .... como tan fieles y leales vasallos, con aquel amor y antigua ôdelidad coa qu'eslos reynos an acostumbrado servir à Su Magestad y â los reyes sus antecesores, de gloriosa memoria, lo mireis, trateis y platiqueis, y deis la orden que coDvenga para seproveher. «
(*) Les cortès de Castille étaient composées de deux procuradores ou députés de chacune des cités on villes suivantes : Burgos, Tolède, Léon, Grenade, Séville, Cordoue, Murcie, Jaëu. Ségovie, Salamanqiie, Soria, Avila, Zamora, Valladolid, Cuenca, Guadalaxara, Madrid, Toro.
Les villes de Burgos et de Tolède se disputaient la prééminence dans leur assemblée. Comme l'usage l'attribuait à la première, Tolède ne voulait pas venir après, et ses députés donnaient leur vote les derniers de tous.
tienté; qu'elles savaient également les sacrifices qu'exigeait l'état des Pays-Bas. de ces très-importantes provinces (') qui, en parlie du moins, par leur adhésion aux opinions des prédicateurs d'hérésies, s'étaient séparées de la communion de l'Eglise catholique, et avaient abjuré à la fois l'obéissance due à Dieu et à leur souverain légitime. Tout en reconnaissant que la présence du roi dans les mêmes provinces semblait être nécessaire, l'orateur insinua que, sil pouvait ne pas y aller, ce serait pour ses sujets de Castille une grande faveur, un grand bénéfice, un grand contentement (-). 11 loua ensuite la très-sainte intention, la sagesse, la prudence que le roi avait montrées, les peines qu'il avait prises dans le gouvernement ûe ses royaumes et qui avaient tourné à la gloire de Dieu, à la sienne propre, au bonheur et à la prospérité de ses sujcls. Il ajouta — et la chose paraîtrait bien étrange . si les harangues officielles que nous a transmises l'histoire n'étaient pleines de ces fades adulations — il ajouta que la félicité de la nation était d'autant plus assurée, que le monarque se perpétuait dans le prince des Asturies, en qui resplendissaient la grandeur, la clémence, la magnanimité, la magnificence et les autres vertus de son père, qu'il imitait de la manière la plus heureuse ('). Il conclut
(') 0 .... Que son Estados de grandisima importancia. » (^) « .... Séria para vuestros sùbditos suma merced, sumo beneficio, sumo contentamiento.... »
(') « .... Y esta felicidad y bicnaveuturaiiza es tanto mayor quanto mas se perpétua en el muy alto y muy poderoso principe riuestro seùor, en quien admirablemente resplandesce la grandeza. clemencia, magna-