CHAPITRE Xlf
Les cortès accordèrent promptement ce qu'o appelait le service ordinaire et qui consistait en trois
« setudi li proccuradori si trovavanoall' hora présent!; et avendointeso « che si, °\i disse : « A'oi dovete sapere che mio padre vuole àndare in " Fiandra, e che io voglio in ogni modo andar seco. Nelle corti di '• Toledo, voi faceste una necedad, di suppiicar mio padre che mi mari- « tasse con la principessa mia zia. Non so percbè habbiate voi da •■ intromettervi en proccurar che mio padre mi mariti piîi con una che « con un' allra. Non vorrei che vi venisse hora voglia di fare una cou- « simile necedad, supplicar mio padre che non mi menasse seco, mi .. lasciasse qui in Spagna. Avvertasi di non far questa demanda, perché " se la farete et io reotero, ne pesara a voi et a me. Et volfaioli le spalle, u se ne andô via. »
L'ambassadeur de France, Fourquevauix, le raconte de la manière suivante dans un avis envoyé à Charles IX le 4 janvier : « Le prince » d'Espagne ayant entendu que les courtz avoient intention de re- " quérir qu'il demeure en ce royaume pendant l'absence du roy son " père, il entra, ces jours passez, en leur assemblée, et leur prolesta « que celuy qui proposeroit sadicte demeure le peult tenir pour son » ennemy capital et de sa ville, car il les détruira de tout son pouvoir, « et de mesme s'ilz seront si foiz de parler du mariage de la princesse « sa tante et de luy, comme ilz le proposèrent aux dernières courtz qui « se tindrent il y a trois ans en ce lieu, trouvant fort estrange qu'ilz « s'entremectent de telles choses, car le roy son pèi-e le mariera bien ^' sanseulx, et que de luy il est si résolu d'aller où Sadicte Majesté yra, « que tout le monde ne l'en sçauroit garder; et leur deffendist, sur leurs <■ vies, de ne desceler co propoz. Mais il s'est toutesfois descouvert, o
L'archevêque de Rossanomande au cardinal Alcssandrino, le 7 janvier : « Le corti di Casliglia, che hora sono in essere in questa terra, gl' eletli ■< cioè deila città, dimandano al re che non vadi, o almeno lasci il prin- « cipe, et il principe ha giuralo di andare, et ha detto alli eletti stessi n che non cousiglino il re che le lasci. ch' egli non vuol re.^tarvi vivo, et « che se ne guardino. »
Le garde des sceaux Tisnacq, écrivant à Viglius, le 31 décembre 1360. lui dit : " Nostre prince ne veult, en façon que ce soit, sinon en cevoiaige " accompagner le roy son père, et ne seroit son amy qui lui conseil- » leroit le contraire; et déciaira l'aultre jour aux députez des cortès « qu'ilz ne se entremissent de le y empescher ny mesmes de son ma- . riaige, comme ilz avoient fait aultre fois. «
Les détails que donne le baron de Dielricbstein dans sa lellre des
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cent quatre citentos (millions) de maravédis (') payables en trois années. Le roi était revenu de l'Escurial • l'assemblée alla en eorps, le 9 janvier, lui annoncer sa résolution, qu'il aecepta avec gratitude. Don Carlos était à côté de lui dans cette réception. Le vote du service extraordinaire souffrit plus de difficultés : les cortès voulaient, au préalable, obtenir le redresseuient de plusieurs griefs ; elles firent et réitérèrent à cet effet au président d'Espinosa et au roi lui-même des remontrances qui étaient empreintes d'une certaine énergie. Philippe ni son minisire n'y eurent égard. L'assemblée n'en vota pas moins, le 18 mars, à la presque unanimité, — les députés de Salamanque furent les seuls opposants — une subvention extraordinaire de cent cinquante cuenlos de maravédis, à j)ayer en trois ans, comme le subside ordinaire.
C'était l'usage qu'avant de clore leur session, les mandataires des villes de Castille exposassent au roi, dans un cahier, leurs vœux, leurs doléances, leurs demandes. Celui que présentèrent à Philippe II les cortès de 156C ne comprenait pas moins de soixanteseize pétitions. La première était qu'il voulût ne pas quitter l'Espagne, puisque, pour le gouvernement de ses autres États, il avait des ministres si éminents; la seconde, que le prince des Asturies se mariât, car
'2 et 8 janvier 1567 à l'empereur (Kocii, Quellen, etc., p. 177), sont d'accord, pour le fond, avec ceux qui précèdent.
Naturellement, les actes des cortès sont muets sur cet incident.
(') La valeur du maravédi variait; on en comptait environ quatre cent? pour un écu.