‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 30 sur 156 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

il avait l'âge convenable, et le bien de la monarchie l'exigeait ('). Les autres sont étrangères au sujet de ce livre.

Quoique don Carlos eût défendu aux membres des cortès de divulguer les paroles qu'il leur avait dites, elles transpirèrent bientôt dans le public, et le roi, aux oreilles de qui elles parvinrent, en conçut un extrême mécontentement. Mais le prince d'Espagne se souciait peu du blâme dont sa conduite était l'objet; il semblait, au contraire, prendre à tâche de le provoquer.. C'est ainsi qu'il continuait ses emportements et ses violences envers les personnes attachées à sa maison, sans épargner plus celles qui y occupaient des charges principales que les officiers d'un rang inférieur. Il avait eu longtemps une grande prédilection pour Juan Estevez de Lobon, d'abord son aide de chambre ('), et qui était devenu son garde-joyaux et le maître de sa garde-robe Q : un jour, — c'était au commencement de io67 — pour une raison qui

{') Voici le texte •

« Peticion I. Decimos que â Vuestra Magestad es notorio de quan gran importancia es al bien y beneficio pùblico destos sus reynos la asistencia de su real persona en ellos. A Vuestra Magestad suplicamos sea servido de no hazer ausencia d'ellos, pues desde estos se pueden governar losdemâs por ministros tan principales como Vuestra Magestad tiene.

« Peticion II. Otrosi ; suplicamos à Vuestra Magestad, por lo mucho que importa al bien destos sus reynos, sea servido que el principe don Carlos, nuestro seûor, se case, pues tiene edad bastante para ello : eu lo quai estos reynos rescibiràn de Vuestra Magestad senalada merced. »

{'] Voy. pp. 138 et 139.

[') >• Guardiijoyas y ropa. »

nesl pas bien connue, il entra tout à coup en fureur contre lui, voulut le jeter par la fenêtre, le traita de coquin, de voleur, lui dit qu'il avait commis le crime de lèse-majesté, le chassa de son service, et enjoignit quon lui fît rendre compte, de la manière la plus rigoureuse, de tous les objets qu'il avait eus sous sa garde ('). A quelque temps de là il donna un soufflet

(') En -loSS, à la demande de Ruy Diaz de Quiiitanilla, exécuteur testamentaire de Juan Estevez de Lobon , le tribunal supérieur des comptes ordonna qu'il fût fait une enquête sur l'exactitude du compte que Lobon avuit rendu, eu 1567, par commandement du prince don Carlos, devant Juan Martinez de la Cuadra, aide de chambre de ce prince, et le contador Sébastian Coloma, des objets qui avaient été à sa charge. Celte enquête eut lieu les 13, 14, \o et 17 juin : on y entendit Garci Alvarez Osorio et Pierre Laynez, anciens aides de chambre de don Carlos ; Juan d'Espinoja, qui avait été aide de sa garde-robe, et Pedro de Bilbao, orfèvre du roi.

La déposition de Juan d'Espinosa est la plus significative. On y lit « que viô como S. A. se desgustô y enojô mucho con el dicho Juan « Estevez de Lobon por un billete que le faltô, y en tanta manera que « le quiso echar por una ventana, y algunos de los caballeros de su « camara viô que le detuvieron ; y asî S. A. mandô despedir al dicho « Lobon, y que .se fuese â su ca.sa, llamândole bellaco, ladron, y que » habia cometido crimen lesae 7najestutis, y con mucha ira. y enojo » mandô que lo.s dichos Cuadra y Coloma le tomasen cuenta de todo lo " que era à su cargo.... Y esto sabe este téstigo, porque estaba en la « dicha guardaropa, y lo viô ansi pasar. »

La déposition de Pierre Laynez confirme que le prince dit à Lobon « palabras malas. ■■

Pedro de Bilbao dépose que le prince « le dijo muchas palabras feas, « con ira y enojo. « 11 ajoute qu'il congédia Lobon, « por ciertas oca- « siones que tuvo, que no se pueden declarar. »

D'après les points d'interrogatoire sur lesquels les témoins furent entendus, ce fait se serait passé une année et demie environ avant la mort de don Carlos [aiïo y medio, poco mas à menos, unies que cl principe fallescicsc).

(Voy. Coleccion de documentos incdilos, olc, t. XXVII, pp. 130 et suiv.)

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