CHAPITRE XII
Pays-Bas, et que , dans le cas où une indisposition viendrait y mettre obstacle, il s'y ferait transporter, fût-ce même sur les épaules de ses serviteurs (').
Ce n'était pas ainsi que l'entendait Philippe II. Il voulait que l'empereur s'engageât au mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal, et il ne voulait pas s'engager lui-même relativement au prince son fils. Pour montrer l'importance qu'il attachait à cette négociation, il résolut d'envoyer en ambassade extraordinaire à Vienne Luis V.enegas de Figueroa, son grand maréchal des logis Q. Il se flattait que Yenegas serait, plus que tout autre, agréable à la cour impériale (^)- il avait été maître d'hôtel de l'impératrice et fort avant dans les bonnes grâces de l'empereur. Déjà, en 15So, Philippe, étant en Angleterre, l'avait député vers Ferdinand, roi des Romains, et Maximilien, alors roi de Bohême, pour les assurer de son amitié et traiter de la dot de sa sœur Marie (^). Il avait rempli
(') u .... Pues uingùna cosa siiio la muerte podrâ estorbar à S. M. de verse con V. M....; y que tanlo deseaba estas vistas que si por indispusicion no pudiere ir à ellas, se haria llevar, auuque â hombros.. . « (Lettre de Chantonay à Philippe II, du 24 septembre ^566, dans la Colecciou de documentos incditos, etc., t. XXVI, p. 546.)
(*) a .... Para que se concluya este casamiento con la grandeza y autoridad que yo deseo, he despachado à Luis Venegas, nuestro aposeniador mayor, etc. « (Lettre de Philippe II a don Hernando Carrillo, sou ambassadeur à Lisbonne, du 24 mai 1567, dans la Colecciou de documentos médilos, etc., t. XXVIII, p, 459.)
(') « .... Por ser persona que le sabré tratar y negociar con la prudencia y destreza que el negocio requière, y enteuder que al emperador mi hermano le sera muy grata.... » [Ibid.)
{*) Lettres de Fourquevaulx à Charles IX, du iSavril, et à Catherine de Médicis, du 30 mai 4567. 11 dit dans la première : « Lorsque le feu
plusieurs autres missions délicates, bien justifiées par lillustration de sa naissance, les charges qu'il avait occupées dans la maison de ses souverains et sa rare intelligence des matières dEtat (').
Venegas devait user de tous les moyens possibles pour obtenir de Maximilien II son consentement formel au mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi don Sébastien. Il était chargé de dire à Tempereur que le roi, son maître, ne quitterait pas l'Espagne volontiers avant que cette alTaire fût conclue, car don Sébastien et la princesse doua Juana y tenaient extrêmement, et il fallait s'attendre aussi à ce que, lui absent, les Français mettraient de nouveau en avant TolTre de la princesse Marguerite. Il lui était recommandé de rassurer la cour de Vienne sur les conséquences d'un concert de la maison de V'^alois avec la maison de Saxe, concert qui paraissait d'ailleurs plus qu'improbable : quoi qu'il arrivât, l'empereur pouvait compter sur l'appui de son beaufrère, qui était disposé aussi à compléter, s'il en était besoin, la dot de l'archiduchesse, au gré du roi de Portugal. L'ambassadeur avait encore à remercier Sa Majesté Impériale des mandements qu'elle avait donnés pour faciliter en Allemagne les levées de gens de guerre faites au nom du roi, et empêcher que
« roy vostre père m'envoya vers l'empereur, n'estant que roy de .< Bohesme, ledicl Vaiiègues estoit des plus advancez qu'il eût près de « sa personne. » — Voy. aussi Cabrera, liv. I, chap. Vill, p. 30.
(') « .... Por su nobleza de sangre, criança en la casa real, inleligencia de materias de Estado. » (Cabrera, liv. I, chap IV, p. 17.)