CHAPITRE XII
ses rebelles de Flandre ne trouvassent de Tappiii dans TEnipire.
Telle était, en substance, linstruction que reçut Venegas ('). Philippe II lui fit connaître verbalement sa volonté sur le langage qu'il aurait à tenir, si, comme il fallait s'y attendre, l'empereur lui parlait du mariage de l'archiduchesse Anne avec le prince d'Espagne : tout ce que nous en savons d'une manière positive, c'est que l'ambassadeur était autorisé à assurer Sa Majesté Impériale de la conclusion de ce mariage, mais seulement pour l'époque où son maître aurait avec elle l'entrevue projetée (-) : il semble résulter aussi d'une lettre de Venegas Q que le roi lavait chargé d'instruire
(') Celte insiruclion, datée du 11 mai 1567, a été publiée dans la Coleccion de documentos inéditos, etc., t. XXVIII, pp. 438-456. — Cabrera, liv. VII, chap. XYI, pp. 448-450, en donne un résumé assez exact.
(*) Voici ce que contient sur ce point l'instruction du H mai : o Porque no dudamos sino que el emperador mi hermano os ba de « preguntar la comision que lievais para tratar en lo del casamiento de! « principe mi hijo con la infanta Ana, su hija mayor, à esto le habeis de « satisfacer y responder lo que a boca se os ha dicuo was particvlar- « ME.NTE, y las causas por que no se trata agora de la resolucion deste « casamiento, que son las que yo le tengo escripto â él tan claramenle t de mi mano.... »
Dans la Relacion sumaria, etc., déjà citée, il est fait mention d'une lettre du roi à l'empereur où il l'assure que « el casamiento del principe « nuestro senor eslà muy cierto, y se conduira cuando S. M. C. se vea « con el emperador. » Venegas était porteur de cette lettre.
{') Nous voulons parler de la lettre du 30 septembre 1367, insérée dans le t. XXVI, p. 563, de la Coleccion de documentos inéditos, etc. On y lit en effet : « En las très cosas que el empeiador prétende, no veo « ympedimenio que con razon lo pueda ser, presupuesto que la princi- « pal, que es el casamiento del principe, se le tiene V. .M. ofrecido y o nE.MiTiDO a su voluntad, la quai tiene ya V. M. entendida, pues six
l'empereur et l'impératrice de certaines particularités qui n'étaient pas de nature à faire concevoir une opinion flatteuse de son fils. Venegas se mit en route pour Vienne le 3 juin('); il était porteur de présents magnifiques envoyés par le roi et par le prince à l'archiduchesse Anne; le prince, entre autres, lui avait remis pour sa cousine une bague en diamants où était gravé son portrait, d'une valeur de trente mille écus Q. Bien des gens croyaient qu'il avait mission d'organiser la maison de la future princesse des Asturies ('). Quelques jours avant son départ, un événement s'était passé à Madrid, qui avait causé une rumeur extraordinaire dans la ville et à la cour. Don Carlos était blessé des bruits qui couraient sur son incapacité d'avoir des enfants; au moment où se négociait son mariage, il avait à cœur d'en démontrer la fausseté. Après s'être entendu avec son barbier Q, qui jouis-
'< EMBARGO PE TODO LO QUE SE LES HA DICHO Y DECLARADO, pide el Cmpera-
« dor que se efecli'ie, y deséalo con mucha aficion, y la emperatriz con u muy mayor. »
(') Lettre de Dietrichstein à l'empereur, du 5 juin 1S67, dans Koch, QneUen,elc., p 189. — Mémoire de Fourquevaulx pourleSi-de l'Aubespine, s'en retournant en France, du 30 juin.
(2) « Louys Vanègues a porté de belles bagues et de beaux présents en don à la fille aînée de l'empereur, de la part de ce roy el du prince, mesmement dudict prince, qui lui a envoyé un diamant à porter au doigt, où il est gravé au naturel, estimé valoir 30,000 écus. » (Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du .. juillet 1367.)
(^) « Venegas partira bientôt j)0ur l'Allemagne.... Il a charge.... de dresser estât et maison à la fille aisnée de l'empereur comme a princesse d'Espaigne, pour commencer à monstrer qu'on la tient par deçà pour telle. » (Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 30 mai 1307.) — Voy. aussi la lettre de Dietrichstein, du 3 juin 1367, ci-dessus citée.
(*) Ruy Diaz de 0"intani"a-