‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 57 sur 156 · CHAPITRE XIII. >i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. >i

point cherché à porter le trouble dans les Etals de son père ; il lui avait même, à différentes reprises, fait témoigner sa soumission et sa déférence (') ; tandis que tout ce qu'on connaît de don Carlos autorise à croire qu'il aurait poussé la désobéissance jusqu'à la révolte (").

Il y avait, d'ailleurs, plus d'un point de ressemblance dans la situation et même dans le caractère du dauphin de Viennois et du prince des Asturies. Comme don Carlos, Louis XI était ambitieux et d'un esprit inquiet :, il voulait commander et ne savait pas obéir; il détestait son père; il était l'ennemi implacable des conseillers que le roi honorait de sa faveur. Mais, sous d'autres rapports, que de différence entre eux ! Si personne n'était plus imprudent que le dauphin dans SCS discours, nul n'était plus caché dans sa

(') Dl'clos, Histoire de Louis XL — Sismondi, Histoire des Français

(*) « J'ay sceu qu'il peusoit s'en aller à Gênes, pour, estant arrivé en « Italie (où n'y auroit eu faulte de gens qui l'eussent poulsé à troubler « tontes choses), sommer et constraindre la Majesté Catholique de hiy

o accorder certains articles hors de toute raison > (Lettre de Four-

quevaulx, du 5 février 4 068.) — « Mi dice questo mio amico che il prin- « cipe.... voieva sopra l'armata passar con don Giovanni d'Austria in « Italia, et métier revolutione nelli Slati di S. M. in quelle parti et » veder di farscne padrone, et passar poi nella Fiandra, per haver « quelli altri, etc. » (Lettre de Cavalli, du 22 janvier 1568.1 — « La

« veritâ è che s'era risoluto, con l'aiuto di don Giovanni d'Austria,

« col seguito de' principi d'italia e aiuto dell' imperatore, ribellarsi da a suo padre.... » (Lettre de Nobili, du 23 janvier -1568.) — « .... A questo n aggiongerano allre cause, che dicono apparire per proprie sue scrit- « ture, cioè d'haver havuto animo di fuggire, impadronirsi dell'armala, " de' Slati, 0 cose simili.... » (Lettre de l'archevêque de Rossano, du 4 février I068.) — Toutes ces lettres se trouvent dans \' Appendice 13.

conduite (') : le prince d'Espagne ne dissimulait rien, ni ses sentiments, ni ses actions. Aussi Louis XI réussit dans son projet, et don Carlos vit avorter le sien.

Il est vrai qu'il étail plus diiricile à don Carlos de se rendre du centre de la Castille en Italie, qu'il ne l'avait élé à Louis XI de passer du Dauphiné dans la Bourgogne : indépendamment de la distance à franchir ctde la mer à traverser, il lui fallait motire en défaut la surveillance ombrageuse du roi et le zèle de ses ofllciers. Une telle entreprise exigeait d'ailleurs des moyens d'exécution préparés de longue main et en grand secret; elle exigeait surtout des amis dévoués. Don Carlos était trop dur envers ceux qui l'approchaient pour avoir des amis (-), et l'on verra que les moyens auxquels il eut recours devaient nécessairement éveiller l'attention et les soupçons de son père.

Ce fut à cette époque et dans ces circonstances qu'il crut devoir s'entourer de précautions extraordinaires pour la sûreté de sa personne. Il ne se couchait plus sans avoir des armes sous son chevet, outre des arquebuses, de la poudre et des balles qui étaient placées en réserve dans sa garde- robe. Les règles de l'étiquette prescrivaient qu'un de ses gentilshommes dormît dans sa chambre : non-seulement il s'en affranchit , pour être seul pendant son sommeil, mais encore, afin qu'on ne pénétrât point chez lui contre son gré, il fit faire, par l'ingénieur français

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