CHAPITRE XIII
Louis de Foix ('), un mécanisme au moyen duquel il put. étant au lit, ouvrir et fermer sa porte ("). Le même de Foix avait fait, par ses ordres, un livre assez pesant pour tuer un homme d'un seul coup ; ce livre, composé de douze tablettes, de pierre bleue, long de six pouces et large de quatre, était couvert de lames d'acier et, par-dessus, de lames d'or. Don Carlos avait voulu avoir un livre de cette façon , après avoir lu , dans les annales d'Espagne , qu'un certain évêque prisonnier, ayant enveloppé de cuir une brique de la grandeur de son bréviaire, s'en était servi pour tuer celui qui le gardait, et s'était sauvé ensuite 0.
(') De Foix était au service de Piiilippe II en qualité d'horloger, d'après les actes conservés' dans les Archives de Simaiicas.
(^) C'est ce que de Foix raconta lui-même à de Tnou [Histoire universelle, liv. XLIII), et le fait est confirmé par les comptes des dépenses de don Carlos, qui en précisent la date.
On lit, dans un état des ouvrages exécutés par de Foix, pour le service du prince : « En '24 dias del mes de octubre de -1507 aîîos, hizo. « por mandado de S. A., un cordon grueso y tejido de seda carmesi de u Granada, paracerrar cou un ingénie las puertasde la càmara de S. A., « que tiene sesenta varas de larga, y peso cinco lihras y una onza, que <■ son ochenta y una onza, y à real de hechura de cada una.... « (Arch. de Simancas, Contadurias générales, \^ época, leg. lOoG.)
Une relation, faite à Madrid. le i G juin loGS, par RuyDiaz de Quintauilla, de l'argent qu'il avait prêté a don Carlos, contient les deux articles suivants :
« Dî à masse Luis Uufois, relogero de S M., à buena cuenta para las " ruedas del ingenio que Iiacia para las puertas del aposento de S. A., « 100 reaies. «
« Pagué, por la misma ôrden, \'6 reaies de 30 libras de plomo que « coropré para los dichos ingenios de las puertas... » (lOid., leg. 1110.)
(') De Tiiou, Histoire universelle, liv. XLIII. Le personnage dont il est ici question est don Antonio de Acuna, évêque de Zamora, qui fut
Pour l'exécution de son plan, don Carlos avait besoin de beaucoup d'argent, et il n'en avait pas. A Madrid, il ne pouvait guère espérer d'en obtenir; son crédit y était ruiné. Il envoya à Tolède, à Médina del Canipo, à Yalladolid, à Burgos. deux de ses aides de chambre , Garci Al\ arez Osorio et Juan Martinez de la Cuadra, chargés de solliciter en prêt, des marchands de ces différentes localités, des sommes plus
enfermé au château de Simancas, pour la part qu'il avait prise à la révolte des connmeros. Il assomma, à la vérité, le concierge de ce château, au moyen d'une pierre, de la forme et de la dimension de son bréviaire, qu'il avait recouverte d'un fourreau, comme il avait l'habitude de le faire de celui-ci ; mais il ne parvint point à se sauver. Le fils de la victime, aidé de quelques autres personnes, l'arrêta, et Charles-Quint, à la nouvelle du crime qu'il venait da commettre, le fit élrangler. (Bulletins de la Commission royale d'hisloirc de Belgique, i'" série, t. IX, pp. 316 et suiv.)
Dans les comptes des dépenses de don Carlos, on trouve différents articles qui paraissent se rapporter à la confection du livre dont parle de Thou, d'après le témoignage de de Foix- Un de ces articles est ainsi conçu : « A Luis de Fois, relojeio, 100 reaies que S. A. le mandé dar, « por oro para dorar un libro de memoria de S. A. v {Conladurias générales, la época, leg. M 10.) Un autre, qui est consigné dans le compte de 1566 de Juan Estebez de Lobon, guardaropa du prince, porte : n Para clavar una guarnicion de unas hojas de un libro de memoria, « dos castellanos de oro. » [Ibid., leg '1053. )
De Foix avait aussi fait plusieurs horloges pour don Carlos. Un état des ouvrages exécutés par lui en 1364, i'ôd'à et 1560, contient les articles suivanis :
« Mas hice, en el ano \'66o, un relox que teuia cinco muestras : las o horascon despertador ; elmovimiento del sol ; las horas cuandoel sol <• sale y se pone ; la cantidad del dia y noche ; los doce meses del aîïo ; « la cual obra estàhecha con sus colunas â maiiera de templo antiguo : o que vale la hechura del dicho relox 400 ducados. «
« Mas hice, en este aîîo de 1366, un despertador para la càmara de « S. A., con muchoartificio, la cuerda con muchas ruedas : que vale la « hechura l.iOO reaies. » [Conladurias ycncrales, 1» épuca, leg. 1036.)