‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 60 sur 156 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Nous manquons de renseignements positifs sur le résultat du voyage d'Osorio à Séville. Cabrera prétend qu'il en revint avec cent cinquante mille ducats et des lettres de change pour le reste des six cent mille (') : cette assertion est certainement inexacte. Lorsque don Carlos fut arrêté, on ne trouva presque pas d'argent dans ses coffres (-), et une particularité que nous fournit un document authentique prouve qu'en effet il devait en avoir bien peu à sa disposition; on lit, dans un compte rendu, le i 6 juin lo68, par son barbier, Ruy Diaz de Quintanilla, l'article suivant : a J'ai « prêté à Son Altesse deux cents écus d'or ; je lui en « ai prêté cent, un soir, qurileemporta, dans sa bourse, « à l'appartement de la reine, notre maîtresse, pour « jouer au clavo. Quand Son Altesse descendit, sa « bourse était vide ; elle la donna au comte (de Lerma) « ou à don Rodrigo de Mendoza, afin qu'il me Iq u remît, et que, dans la matinée du jour suivant, je « lui apportasse cent autres écus d'or, sans faute. Je

« al dicho Osorio : que lo que él hiziere ,doi por hecho. De Madrid, à « I" de diziembre de 1307.

a Y de maiwpropia : En eslo me hareis mucho plazer.

« Yo EL Principe. »

Cette seconde lettre du I" décembre a été publiée aussi par Vander Hammen, Don Juan de Austria, fol. 40.

{') » .... Avia llegado ya de Sevilla Garci Alvares Osorio, su guarda- « joyas i guardarropa, con ciento i cincuenta mil escudos de los seiscienu tos mil que le avia enbiado â buscar i proveer ;... i la resta le remio tirian eu polizas eu saliendo de la corte. » (Liv. VII, chap. XXII, p. 474.)

(=^) » On luy a trouvé sculemeul trois mil escuz d'or et un nombre de désirez de Portugal. Voyla tout son trésor. » (l.ellre de Fourquevuui.x, du 5 février 1568.)

« me les procurai, et les lui donnai en présence des « genlilshommes de sa chambre. Ces derniers cent c( écus sont ceux que Son Altesse avait en sa bourse « au temps de son arrestation, comme Ruy Gomez « et d'autres le savent ('). »

Au mois de décembre, arriva à Madrid un gentilhomme du duc de Bavière, Albert le Magnanime, chargé d'invitei" le roi et le prince d'Espagne aux noces du prince Guillaume, fils aîné du duc, avec Renée, fille du duc de Lorraine f). Don Carlos, en s'excusant, dans une lettre courtoise, de se rendre à l'invitation du duc, lui annonça qu'il se ferait représenter au mariage de son fils par le comte Philippe de Lalaing , l'un des principaux seigneurs des Pays-Bas 0-

(1) a Preste à S. A. 200 escudos de oro, los ciento uiia uocbe. y los Ilevô en su boisa al aposento de la reyna, nuestra senora, para jugar al clavo ; y cuaodo bajô S. A., no bajô ninguno en la boisa, la cual diô al conde ô â don Rodrigo de Mendoza, y mandô que me la diesen, para que, en la manana siguieiite, le trugese otros cien escudos de oro, y que no volviese sin ellos : los cuales busqué y le di en su presencia de los de su câmara, y estos dichos cien escudos postreros son los que S. A. ténia al tiempo de su recogimienlo en su boisa, como lo sabe Ruy Gomez y otros. » [Coleccion de documentos inéditos, etc., t. XXVn,p. 81.)

('] Lettre d'Hopperus à Viglius, du 18 décembre 1o67, dans Joacli. flopjieri Epistolae, p. 149.

(') Cette lettre était en allemand. Un duplicata orij^inal en existe aux Archives du royaume. En voici la trailuction littérale :

« Nous, Charles, par la grâce de Dieu, prince d'Espagne, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, etc., comte de Habsbourg, de Flandre, etc., à l'illustre prince et seigneur Albert, palatin au Rhin, duc de la haute et basse Bavière, etc., notre salut, notre amitié et tout ce que nous pouvons lui offrir d'agréable et de bon.

« illustre prince, cousin et allié, tant par lettre bienveillante que |iar message verbal, Votre Dilecliou nous a invité, de même que Sa

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