CHAPITRE XI. 3'i
qu'en conséquence, il se réservait le pouvoir de punir les auteurs des délits commis contre la religion ou contre sa souveraineté, et spécialement ceux qui en avaient été les principaux instigateurs ('). Il ordonna à Hoyos de dresser acte de cette déclaration, qui pour le moment devait demeurer secrète, mais qui serait rendue publique en temps opportun (■). Trois jours après, il chargea le grand commandeur de Castille, son ambassadeur à Rome, de faire connaître confidentiellement au pape que, l'inquisition ayant été établie aux Pays-Bas par les souverains pontifes, l'abolition qu'il en avait accordée ne pouvait avoir de force qu'avec le consentement du saint-siége ; que, si le nouveau projet de modération des placards qui lui serait soumis devait, en quoi que ce fût, affaiblir le châtiment des mauvais , il y refuserait son approbation : que le pardon général ne concernait pas les délits qui étaient du ressort de l'autorité ecclésiastique. « Ainsi — disait-il au grand commandeur — vous « pouvez assurer Sa Sainteté que, avant de souffrir « la moindre chose qui porte préjudice à la religion « et au service de Dieu, je perdrai tous mes États, et
indulgentiam.... nullo tamen jure nullaque ratione Suam Majestatem obligare.... n
{') « .... Reservans et reservatam esse censens potestatem et facultatem sibi omni jure divino et humano coucessam et competentem,, eadem delicta et crimina puniendi et castigaudi, praecipue iu eos et contra eos qui duces et capita seditionum et criminum fuerunt.... »
(^) «'.... Cujus suae declarationis, testationis, reservationis petiit et raandavit fieri et confici publicum instrumentum, suo quidem tempore o.nendendum et publicandura, nunc vero justis de causis et rationibus secretum et celandum. » (.4rch. de Simancas, Estado, leg. 331.)
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(( perdrais même cent vies, si je les avais, car je ne « pense ni ne veux être seigneur d'iiérc tiques. Vous « l'assurerez aussi que je tâcherai d'arranger les « choses de la religion aux Pays-Bas, si c'est possible. « sans recourir à la force, parce que ce moyen entraî- « nera la totale destruction du pays, mais que je suis « déterminé à l'employer cependant, si je ne puis « d'une autre manière régler le tout comme je le c( désire ;, et, en ce cas, je veux moi-même être l'exé- « cuteur de mes intentions, sans que ni le péril que « je puis courir, ni la ruine de ces provinces et des « autres États qui me restent, puissent m'empêcher (c d'accomplir ce qu'un prince chrétien et craignant « Dieu est tenu de faire pour son saint service, le « maintien de sa foi catholique, l'autorité et l'honneur « du saint-siége ('). » Dans le même temps, il écrivit à la duchesse de Parme, pour qu'elle préparât la levée, en Allemagne, de trois mille chevaux et dix mille gens de pied ("). Et, comme elle venait de lui mander qu'on ne cessait d'insister auprès d'elle sur l'assemblée des états généraux; que les seigneurs la réclamaient aussi vivement que le peuple; que le comte d'Egmont, après lui en avoir parlé huit ou dix fois, lui avait dit enfin que, si elle ne les convoquait pas, ils se réuniraient d'eux-mêmes (^), il lui •renouvela la défense, qu'il lui avait faite dans des
C) Correspondance de Philippe II, etc., t.»I, p. 443. (*) Lettres françaises du roi, du -13 août, dans la Correspondance de Marguerite d'Autriche, pp. 136 et 159.
(') Correspondance de Philippe II, etc., t. T, p. 432.