CHAPITRE XI. 3o:i
était indisposé en ce moment : à la suite d'une excursion qu'il avait faite, le 51 août, à la Chartreuse de Paular, distante de deux lieues du château de Valsain, il avait éprouvé des douleurs à la tète et aux épaules ('). En apprenant ces nouvelles, il fut saisi d'une fièvre violente (-). Il s'en ressentait encore lorsque, le 8 septembre, arriva un second courrier porteur des lettres de la duchesse de Parme des d9, 22 et 29 août ('), qui complétaient le récit des dévastations exercées par les iconoclastes, et faisaient connaître les concessions auxquelles la gouvernante s'était vue obligée de souscrire.
d'Alonso de Laloo au comte de Homes, du 20 septembre, dans Montigny's leven en dooJ, Bylage, p. 26.
(') Lettre de Fourquevaulx à Catherine de Médicis, du 11 septembre.
P) Il écrivait au cardinal de Granvelle, le 27 novembre : « Je ne » pourrais vous exprimer à quel point m'ont affligé les déva.«tations et « pillages des églises de Flandre : aucune perte que je ferais person- « uellement ne pourrait me donner plus de peine que la moindre offense « et irrévérence faite à Notre-Seigoeur et à ses images, ayante cœur 0 son service et son honneur par-dessus toutes les choses de ce « monde. " (Correspondance de Philippe II, etc., t. 1, p. 489.)
On attribua généralement aux nouvelles venues des Pays-Bas la maladie du roi « Mucbos » — dit Alonso de Laloo au comte de Horne.>, dans sa lettre du 20 septembre — « piensan ser causa del mal el senti- 0 miento que S. M. debe aver tenido de las nuevas de alla, porque « aunque no oviesse leydo sus cartas quando le vinô la calentura, avia « ya hablado Lope del Campo, y dado cueuta de lo que avia sucedido o en Ypre y otras partes de Flandes. »
Hopperus mande aussi à Viglius, le 4 octobre :«.... Unum dicam, « quod rex, leviter prius aegrotans, accepto priore nuncio, in terlianam « febiem mox incidit : quodque, eâ liberatus, allato secundo nuncio, « recidivam passusest.... Multos putare id non alla re, quam hacsola, « esse faclum.... » (Joacfi. Hopperi Epislolae, p. 103.)
(') Les lei très des 22 et 29 août ont été publiées dans la Correspondance de Marguerile d'Autriche, pp. 182 et 187. Celle du 19 est restée inédite.
L'exaspération des Espagnols contre les Belges, et surtout contre les chefs de la noblesse, était extrême : ils imputaient à ceux-ci tout ce qui s'était passé ; ils étaient persuadés que les églises n'auraient pas été saccagées, si les seigneurs eussent voulu y mettre obstacle (') ; ils disaient qu'au cas où les iconoclastes se seraient permis, en quelqu'un de leurs villages, les attentats auxquels ils avaient osé se livrer dans les villes principales du roi, les seigneurs ne l'auraient pas toléré; que c'était une chose inouïe, qu'il n'y eût eu personne pour prendre la défense de Dieu et du souverain (■). Ils s'indignaient aussi des concessions arrachées à la gouvernante; ils trouvaient qu'elles ne tendaient à rien moins qu'à assurer à chacun la liberté de vivre à sa guise. Les prédicateurs ne se contentaient pas de recommander à leur auditoire de prier Dieu pour le rétablissement de la religion aux Pays-Bas; ils reprochaient aux Espagnols de rester chez eux les bras croisés, tandis que, dans ces provinces, on violait la sainte Église, leur mère {^).
(') " .... Se publica aquf que oviera buena resistencia, si no faltàra la voluulad, y que en todo ha avido, de parte de VV. SS., mucho descuido, libieza y floxedad. •> (Lettre d'Alonso de Laloo au comte de Bornes, du 20 septembre.)
(*) « ïienen por verdadero que si qualquier numéro de aquellos vellacos se atreviera de atentar en quaiquier village de VV. SS. lo que au acomelido en las principales villas de S. M., que ballaran estorvo, y que ha sido cosa rezia que no aya parecido nadie que lomasse la voz de Dios y del rey. » [liid.)
(') » .... Se habld lanto en ello que aun los predicadores en sus sermones hazcn mencion de rogar â Dios por las cosas de Flandes, con reprehension à los Espaiîoles que eslàn aquî con los brazos cruzados, dexando violar alla la sanla madré Yslesia. «