‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 72 sur 156 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

Inquiétudes de Philippe II sur l'effet que produira l'arrestation de son fils. — Il défend de laisser partir des courriers, et ne permet pas que personne sorte de Madrid. — Il mande le baron de Dietrichstein, et lui annonce l'événement de la nuit. — Il en instruit aussi ses différents conseils. — Il tient une longue délibération avec ses minisires sur les dispositions éprendre. — Bruit répandu de la prochaine convocation des corlès de Castille et qui ne se vérifie pas. — Communications de Philippe II à ses royaumes. — Lettres aux grands; aux. villes; aux évêques et aux audiences royales; aux généraux et aux provinciaux des ordres religieux; aux autorités supérieures d"Aragon, de Valence, de Navarre, de Catalogne. — Lettre plus développée au duc d'Albuquerque. — Communications aux cours étrangères. — Lettre à la reine de Portugal. — Lettres à l'empereur et à l'impératrice; instructions aux deux ambas.«adeurs à Vienne, Chantonay et Venegas. — Lettre à Pie V; instructions à don Juan de Ziiâiga, ambassadeur à Rome. — Informations données au roi de France et à la reine d'Angleterre par l'intermédiaire des ambassadeurs accrédités près ces deux cours. - ■ Lettre française au duc d'Albe. — Lettre espagnole au même, — Notifications faites aux envoyés des puissances étrangères à Madrid : au nonce par le président Espinosa, aux ambassadeurs de France, de Venise et d'Angleterre par le prince d'Eboli. — Remarques à propos de toutes ces communications. — Soin avec lequel le roi évite de s'expliquer sur les causes immédiates de l'arrestation de son fils; conjecture qui peut être formée à cet égard. — RéserN'e de Philippe en ce qui concerne ses intentions ultérieures. — 11 n'est guère douteux qu'il ne fût décidé à priver sou fils de la succession à la couronne, et à le tenir renfermé pour le reste de ses jours ; inductions qui servent de fondement à cette opinion. — Philippe

prescrit qu'une enquêto soit tenue 5.ur les actions publiques et privées du prince. — Fait rapporté par Cabrera touchant le procès du prince de Viana, et dont on ne trouve de trace ni à Barcelone ni à Simancas. — Pourquoi le roi ne donna pas suite à son dessein de recourir à l'autorité du conseil de Castille. — Erreur de lo plupart des historiens quant au procès qui aurait été intenté à don Carlos et le dépôt des actes de ce procès qui aurait été fait aux Archives de Simancas. — Ce qu'il y avait dans le coffre où l'on supposait qu'ils étaient contenus. — Conclusion.

Justcmenl inquiet de l'effet qu'allait produire l'arrestation de son fils, Philippe II ne voulut pas que la nouvelle en parvînt dans ses royaumes ni à l'étranger avant la connaissance qu'il en donnerait lui-même. Il fit défense au maître général des postes de laisser partir aucun courrier de Madrid et des stations voisines ; il ne permit point que personne sortît de la ville, à pied ou à cheval. Ce fut seulement lorsque toutes ses dépêches furent prêtes, qu'il leva cette double interdiction (').

Le 19, de bonne heure, il fit appeler le baron de Dietrichstein, et l'informa de ce qui s'était passé la nuit : il lui dit qu'il l'instruirait plus tard des raisons qu'il avait eues de priver le prince de sa liberté, afin qu'il en put rendre compte à l'empereur, mais qu'en

(') Lettres de l'ambassadeur Nobili à Côme de Médicis , des 21 et 25 janvier 1368, dans Y Appendice B. — Lettre de l'archevêque de Rossano au cardinal Alessandrino, du 24 janvier, /fc/rf. — Lettre de Fou rquevaulx à Catherine de Médicis, du 22 janvier, ibid.

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