‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 75 sur 156 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Dans ses lettres aux généraux et aux provinciaux des ordres religieux, il s'exprimait d'abord, sur la détention du prince, comme dans celles qui étaient destinées aux autres ordres de l'Etat. Mais il ne s'en tenait point là avec eux : il craignait que les prédicateurs ne s'occupassent en chaire de cette mesure, et n'en parlassent d'une manière indiscrète. Il disait donc aux généraux et aux provinciaux : « Vous com- « prendrez et vous pourrez considérer quel inconvé- « nient il y a (outre que c'est contraire à la prudence « chrétienne et aux règles de la circonspection) à u porter des jugements , et spécialement à traiter en ce public des actions des princes, ainsi que des détcrc( mina lions qu'ils ont prises après un mûr examen, « et par des motifs et dans des vues dont ceux qui c( traiteraient de cela ne sauraient avoir une entière 'i connaissance. Or comme , en cette occasion du (c sérénissime prince notre fils, il pourrait arriver « que quelques religieux de votre ordre, dans leurs » sermons ou autrement, voulussent parler sur ce « qui s'est fait, et qu'il faut absolument qu'ils s'en u abstiennent, tant pour la décence de la chose que c( pour la dignité et l'autorité du prince, et pour i» d'autres conséquences fâcheuses qui pourraient ré- " sulter de tels discours, nous avons jugé à propos « de vous en avertir, afin que, par vous-même et par « les autres prélats et supérieurs de l'ordre , vous

papam, Philippum reijeiii noslrum, reginam et principem iiostrum, cum proie reyia. » (Lettre de Fpiirquevuulx a Charles IX, du 20 mars VriiiS.)

<( invitiez et fassiez inviter lesdits religieux à ne s'oc- '< eupcr, en public ni ailleurs, de semblable matière. « Vous pourvoirez à cela par les moyens qui vous « paraîtront les meilleurs, et avec le plus de dissimuc< lation possible, de telle sorte qu'en tout cas notre « commandement soit observé ('). » La lettre se terminait, de même que celle qui s'adressait aux archevêques et aux évèqucs. par l'invitation de prier pour le roi et pour le succès de ses affaires.

Toutes ces lettres portent la date du 22 janvier.

Le roi fit part aussi de la réclusion de son fils aux autorités supérieures des royaumes d'Aragon, de Valence, de Navarre et de la principauté de Catalogne. La lettre qu'il écrivit au duc d'Albuquerque, vice-roi de Navarre, était, nous ne savons par quel

(') « Terneis entendido y podreis bien considerar de cuantô inconvicnie es, y cuan coutrario à la cristiana prudencia y buona consideracion, hacer juicio y traiar en especial ea pûblico de los hechos y determiiiaciones de los principes, que ellos, con mucho acuerdo y deliberacion , y cou fundameiilo y fines de que no pueden tener entera noticia los que desto quieren tratar, han tomado. Y porque, en esta ocasion del dicho serenisirao principe, podria ser que algunos reiigiosos de vucstni ôrden, en sus sermones, predicando al pueblo, 6 en otra manera, quisiesen tratar, mover 6 tocar en esta materia y négocie, lo cual se debe en todo caso escusar, asi por la decencia de la materia como por la dignidad y auctoridad del dicho serenisimo principe, como por otros i'nconvenientes que dosto podrian resultar, nos ha parescido advertiros dello, para que vos, por vuestra persona y por medio de los otros prelados y superiores de la ôrden, prevengais los dichos reiigiosos para que en ninsima manera se entremeian, ni predicando al pueblo ni en otra parie, en semejante plàtica ni materia : proveyendo vos eslo por los medios que con mejor modo y mas disimuiacion os parczca que se debe hacer. y de manera que en todo caso se cumpla y guarde asi. « (Lettre du 22 janvier : Arch. de Simancas, Ce lulas de la cdmara, leg. 321.)

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