‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 82 sur 156 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

et prospère gouvernement de son Église universelle. » De Madrid, le 20 janvier I068.

« De Votre Béatitude

« Le très-humble et très-dévoué fils ,

« Don Philippe, par la grâce de Dieu, roi d'Espagne, des Deux-Siciles , de Jérusalem, qui' baise ses très-saints pieds et mains.

« Moi le Roi ('). »

Le roi prescrivit à don Juan de Zûniga , qui avait remplacé dans l'ambassade de Rome le grand commandeur de Caslille, son frère, de remettre cette lettre entre les mains de Pie Y, et d'en communiquer la copie, qu'il lui envoya , aux cardinaux Pacheco (■) et Granvelle. Pour que don Juan put, au besoin, répondre aux questions qu'on lui ferait, il lui marqua que la résolution prise à l'égard du prince n'était pas la conséquence de quelque complot qu'il aurait tramé, de quelque faute ou offense qu'il aurait commise contre son père ; qu'à la vérité , le manque de respect et d^béissance dont il s'était plusieurs, fois rendu coupable aurait pu justifier toute mesure sévère dont il aurait été l'objet, mais qu'il n'aurait pas obligé pourtant à en venir au parti extrême qui avait été adopté, et qu'on aurait pu recourir à d'autres expédients. La cause de cette résolution était la conduite et le genre

(') Voy. le texte dans l'Appendice B.

n Le cardinal Pacheco était, à Rome, le prolecteur de la couronne d'Espagne.

soi DON CARLOS ET PHILIPPE II.

de vie auxquels le prinee avait été porté par sa nature et son earaetèrc, et qui étaient devenus si désordonnés que, après avoir vainement usé de tous les moyens damendcment possibles, et avoir patienté si longtemps, le roi s'était vu dans la nécessité, enfin, pour accomplir ses devoirs de souverain et de père, de le priver de sa liberté. Plus la mesure pouvait paraître grave et rigoureuse, et plus on devait supposer qu'elle avait été dictée par des motifs urgents et sérieux, plus on devait reconnaître que, pour en agir ainsi envers son fils unique, il fallait que le roi n'eût pu faire autrement (').

{') « .... Para que vos tengai.=: entenciido delà mariera que os haveis de governar, asi con Su Santidad, haviéndole dado su carta, como con les dicbos cardenaies (Granvela y Pacheco), y les demàs que os paresciere dar parte y que lo querràu de vos saber, me ba parescido advertiros que cl fundamenlo desla determiuacion que con el serenisimo principe mi hijo havemos hecho, no dépende de trato ni culpa ni ofensa que contra nos se baya hecho, porque, aunque es verdad que en el discurso de su vida y trato baya havido materia suficiente de alguuas inobediencias y desacatos que pudieran justificar qualquiera deraoslracion, mas esto no me obiigara â llegar con él à tan eslrecho punlo, y se pudiera tomar otro expedienle. La naluraleza y condicion del principe, de que vos teneis ya mucha noticia, ba caiisado en él tal modo de procéder y tal discurso de vida, y ha procedido en eslo tan adelan^p, que, baviéndose hecho todas las diligencias possibles, y usado de todos los medios que para la reformar y ordenar nos ban parescido convenientes, y haviéndolodiETeridoy entretenido tanto tiempo, ultimamente, para cumplir con la obligacion que como padre y rey tengo, no he podido excusar do eligir y venir à usar deste medio. Y assi, como la denioslracion podrà parecer muy grande , y el lérmino à que se ba venido muy estrecho, assi con razoïi se deve juzgar que las causas que me ban movido bavrân sido muy urgentes y précisas, y que he venido â tomar esta determinacion con mi hijo primogénito y solo, constreûido y apremiado, y no pudiendo en otra manera satisfacer à lo que devo.... De iMadrid, a 22 de henero de loGS. » (.Arch. de Simancas, Eslado, Icg. 906.)

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