‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 83 sur 156 · CHAPITRE XIV. 30o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 30o

Don Juan de Zùfiiga devait s'exprimer en ces termes dans ses conversations , non-seulement avec le pape et les cardinaux Pacheco et Granvelle , mais encore avec tous ceux à qui il aurait à parler ou qui lui parleraient de l'affaire du prince, en s'étendant plus ou moins avec ces derniers, selon leur qualité respective (^). Philippe craignait que Pie Y n'intercédât , par lettre ou par l'envoi d'un ambassadeur, en faveur de son fils, ou bien qu'il ne traitât de l'arrestation du prince dans un consistoire; il chargea expressément son ambassadeur, et recommanda aux deux cardinaux de l'en dissuader (■).

Malgré les liens étroits de parenté qui l'unissaient à la maison de Valois, Philippe II ne jugea pas à propos d'annoncer lui-même à Charles IX et à Catherine de Médicis la réclusion de son fils : il la leur fit savoir par son ambassadeur à Paris, don Francès d'Alava, qu'il munit toutefois, à cet effet, de lettres de créance spéciales (^). Il en usa également ainsi avec la reine

(') « .... Procedereis con la generalidad, mas 6 menos, conforme à la çplidad de las personas ... " (Ibid.)

(^) « .... Y porque podria ser que Su Sautidad, con su santo zelo, y con el amor que nos liene, quisiesse hazer en este caso aisuna diligencia y cumplimiento de intervencion, 6 tratar dello en consislorio. 6 embiar persona propria acâ sobre ello, y porque no convernia eu ninguna manera por agora lo uno ni lo otro, mirareis alla de desviarlo, entreleniendo à Su Santidad para que con mas particularidad y fundaraenlo entienda lo que pasa. » {Ibid.)

Dans sa lettre aux cardinaux Pacheco el Granvelle, le roi se servait des mêmes expressions.

(^J Sa lettre à Alava et les deux lettres de créance adressées au roi et à la reine-mère de France, datées toutes trois du 23 janvier loGS, sont aux Archives de Simancas, Eslado, leg. o39.

Elisabeth d'Angleterre ('). On verra tout à l'heure dans quel sens furent conçues ces communications.

Il écrivit deux lettres différentes au duc d'Albe, son lieutenant dans les Pays-Bas : lune en français, par la voie de la secrétairerie de Flandre : l'autre en espagnol, par celle de la secrétairerie de son conseil d'Etat. La lettre en français était de la teneur qui suit :

(( 3Ion cousin, estant de nouveau succédé que, pour aulcunes grandes et justes considérations que me y ont meu, ay ordonné de détenir le prince mon lilz en son logement, avec garde et service; particulier, affîn qu'il n'en sortist, ny que traictent ou communicquent avec luy plus de personnes que en ay à ce choisy, et estant cecy chose de telle qualité et importance que facillement se feroient et pourroient sur icelluy faire divers jugements et discours, m'a semblé bien de vous en advertir, à ce que le communicquez et le faicles entendre, de ma part, à ceulx de mon conseil d'Estat et aultres mes consaulx, villes et personnes que vous semblera le doibvent sçavoir, et ausquelz l'on ha accoustumé de donner part de choses semblables : leur donnant à entendre que ce que s'est faict avec ledict prince ne procède, et que l'on n'est venu avec luy à ces termes, pour offense ou coulpe qu'il aurait commise contre moy, ny pour aultre chose de semblable espèce ou qualité, sinon que sa naturelle et particulière condition ha causé en luy telle manière

(') LeUre du 23 janvier 1368 à don Diego Guznian de Silva, ambassadeur à Londres : Arch. de Simancas, Esla.to, leg. 539. — Nous donnons, dans lAiipcnflire B, le le.\te de la lettre à Élisalielli.

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