CHAPITRE XIV
demande qui aurait été adressée à l'archiviste de la couronne d'Aragon.
Philippe II, cependant, ne fit point procéder contre son fils devant le conseil de Castille ('). soit, comme le prétend Adriani, répété par Herrera, qu'on ne put établir la preuve que don Carlos eût conçu la pensée d'attenter à la vie de son père, ou professé des opinions contraires à la foi, seuls délits qui auraient justifié son exclusion du trône (-), soit plutôt que le roi n'eût pas encore pris les dernières mesures qu'exigeait une action judiciaire de cette gravité, quand les rapports journaliers qui lui étaient faits lui donnèrent lieu de
(') Dès le mois de mars (cette date doit être tiolée), oo ne parlait plus, a la cour, du procès de don Carlos. Nobili écrivait à Côme de Médicis, le 2 de ce mois : « Par bene che non si ragioni più ne di farli « processo, ne di privarlo, secondo che parea nel principio incamiu nato. » L'archevêque de Hossano mandait, le même jour, au cardinal Alessandriuo : « Qui in corte poco più si parla del principe, ne si sa u che sia fln hora poslo in carta cosa contra di lui, sebeoe si puo ima- « ginare che si faccia secrelamente; » et le 30 mars ; « Non ho poi o inteso che sia fatto processo, o posto altro in scrilto, corne lu detto « da principio. »
(^) (I Dicevasi alla corte che il re ne voleva far processo di giustizia, e col consiglio di quel regni dichiararlo di ragione inabile a regnare, e ogni indugio pareva pericoloso, non si trovando lui aver macchinato contro alla vila del padre, o tenuto torte opinioni délia fede, onde dovesse cadere délia successioue al regno. » (Adriam, Istoria de' suai tempi, liv. XXYI, chap. 1.) — •< Dezi'ase en la corte que el rey queria hazer processo, y con el consejo deciarar el principe por inhàbil para la sucessioD de la corona , y toda tardança parecia peligrosa , no se hallaudo que el principe huviesse maquinado alguna cosa contra el padre, ni tenido opiniones diferentes de la fe ni pensamiento dello; àntes diô siempre muestra de principe muy catôlico y verdadero hijo do la Iglesia. •■ (Herrkra, Historiu gênerai del mundo. t. 1, liv. X, chap II.)
prévoir que la fin prochaine du prince lui en épargnerait les embarras (').
La plupart des historiens, sur laulorité de Cabrera, ont cru à l'existence d'un procès. Cabrera s'exprime de la manière suivante : « Le roi nomma une junte, « composée du cardinal Espinosa, de Ruy Gomez de « Silva et du licencié Birviesca, de son conseil de « la câmara, pour faire le procès à don Carlos et » justifier sa réclusion.... Ce procès et celui du c( prince de Yiana sont aux Archives de Simancas, « où, en l'année 1592. don Cristoval de Mora les « déposa en un coffre vert ('). »
Dans aucun des documents que nous avons été à portée de consulter, il n'est fait mention de la junte dont parle Cabrera : il se peut bien pourtant qu'elle ait été nommée. Le roi étant résolu de recourir aux voies judiciaires, il était naturel qu'il chargeât des ministres zélés et dévoués de préparer et coordonner les faits et les preuves sur lesquels devait se baser
(') Le passage suivant d'une dépèche adressée, le 30 juillet 1568, au duc Cômo de Médicis par Leonardo de Nobiii mérite beaucoup d'attention : « .Mentre che (don Carlos) è slato inchiuso, cosi sano corne « infermo, fu sempre slranissimo e diffîcile con colore che n'aveano n cuslodia, tal che itsauo di dire che era hnjwssibile cli'eyli vivisse. »
{^) « ... Hizo una junta del cardenal Espinosa, Huy Gomoz de Silva i el licenciado Birviesca,'de su conscjo de câmara, para causar proceso juslificando la prision y causa del principe. Embiô al archive de lîarceloiia por el que causé el rey don Juan II de Aiagon contra el principe de Yiana Carlos IV, su primogénito, i maudôle tradiizir de catalan en castellano. para ver como estaba fulminado y causado. Ambos eslân en el Archive de Simancas, doude, en el aûo de 1.392, los meliô don Cristoval de .Mora, de su câmara, en un cofrecillo vcrde en que se couservan.... » (Felipe II, liv. VW, chap. XXU, p. 477.)