CHAPITRE XV
des ambassadeurs ('), Philippe répondit au prolonofaire Sauli. d'un Ion sévère, qu'il élait assuré du bon vouloir du gouvernement génois , mais que , pour l'affaire du prince, il n'y avait pas matière à le manifester; il ajoula quelques autres paroles que Sauli n'entendit point, car il parlait entre les dents Q. Sa réponse à Cavalli, aussi laconique, fut pourtant moins sèche : il lui dit qu'il lirait la lettre du doge; qu'il lui était agréable d'apprendre que Sa Sérénité était dans des dispositions favorables à son égard: qu'il l'en remerciait beaucoup; quil lui serait toujours bon ami (').
Voyons maintenant comment la nouvelle de l'emprisonnement de don Carlos fut accueillie à Lisbonne, à Paris, à Rome, à Bruxelles, à Londres, à Vienne.
IVous n'avons pas la réponse de la reine douairière de Portugal, Catherine d'Autriche, à Philippe II: on en a vainement fait la recherche dans les Archives de Simancas et à la Torre-do-Tomho : mais nous savons que la reine, d'accord avec le roi don Sébastien, en-
(') Voy. p. 237.
(^) « .... Suole S. M. a me et a tutti li altri quasi sempre rispondeie con un riso ; ma in questo particolare con molta severità et brevifà et fra i denti mi disse, per quanto mi pane intendere, clie era cerlo della volonfà che li portavano le SS. VV. II., et che per quelio toccava ai principe non havria para que; et di piii mi disse due o tre altre parole, ma io non le intese, ne mi parve bene far gliele replicare.... » (Lettre de Sauli, du 30 avril.)
{^) « .... Il re non rispose altro senon che vederia la lettera ; che li piaceva conoscer l'animo di Voslra Serenilà co.-i ben disposto ven-o le cose sue, per il che la ringraziava molto, et affirma che le saria stato sempre buen amico.... » (Lettre de Cavalli. du 30 avril.)
834 DON CARLOS lîT l'IIILIPI»E II.
voya à Madrid un gcnlillionimc . Francisco Dcssa, pour exprimer au roi Philippe la part qu'ils prenaient à sa douleur, et s'enquérir de la véritable cause de lu détention du prince: cet ambassadeur élait porteur dune lettre de Catherine où elle ollrait au roi de venir en personne gouverner son pelil-fils (').
Philippe II. on le conçoit. n"élait pas d'humeur à accepter une pareille olTre : la présence de la reine Catherine à Madrid aurait ajouté à ses embarras et déconcerté ses projets. Quant aux éclaircissements sollicités par l'ambassadeur portugais, il lui fit répondre d'abord en termes généraux. Sur de nouvelles instances de cet envoyé, on lui déclara que le prince élait détenu, parce qu'il n'était pas apte à succéder au trône ni capable de gouverner l'Etat (-). Dcssa demanda alors au roi, selon ses instructions, la permission de voirie prince. Philippe la luiayant refusée, mais en des termes ambigus, il insista auprès du
(') « .... Il le et regin;i vecchia di quel regno (di PorliigaiJo) hanno niandalo qui un ambascialore a lar offilio col re catlolico per il principe, dolersi del oaso, offerirsi di venire la regina projiia a governarlo corne madré; et s'inlcnde che lia ancora dimandato di vedere et pariare al principe, ma non si crede che l'ottenera.... » (Lettre de l'archevêque de llo.><sano au cardinal Alessandriiio, du 2 mars loOS, dans le MS. X 172 de la bibliothèque de Madrid, p. 002.) — " .... La regina di Portogallo ha niandato qui un anibasciatore a coridole.si di queslo caso del principe, e ha fallo e fa grand" istanza di parlar a dello principe ; ma non si jieiisa che li riesca.... » (Lettre de Leonardo de Nobili à Côme de Méilicis, du 2 mars.)
(') « .... Finalmenle S. M. li fece saper che la cau.-a cra perché il principe non era abile da polor succéder, ne bono per governar popoli et Stato ... « (Lellie de SigismunJo Cavalli au dyge de Venise, du 3 mars lo(i8 )