‹ Don Carlos et Philippe II (volume 2)Chapitre 98 sur 156 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

leur faire sciilir le mauvais esprit dont ils étaient animés (').

Le 9 février seulement. Alava se présenta au Louvre. Lorsqu'il fut introduit dans le salon où se tenaient le roi et la reine-mère, il trouva, contre l'ordinaire, tous les membres du conseil privé rangés devant eux (-). Il remit à Catherine de Médicis et à CharleslX les lettres que son maître leur écrivait: après qu'ils en eurent pris lecture, il leur raconta Tarri-slation du prince des Asturies dans les termes qui lui étaient dictés par ses instructions. Son récit parut les convaincre: lareine, en particulier, s'en montra satisfaite, tout en lui disant qu'on leur avait rapporté le fait d'une manière différente C). 11 tâcha de savoir ce qu'on leur avait rapporté et qui en était l'auteur. Ayant pressé la reine-mère là-dessus, elle finit par lui avouer, en hésitant, qu'on leur avait conté que le prince n'avait pas voulu se confesser ni communier le jour de Noël; qu'il avait l'intention de s'en aller quelque part, après avoir exécuté un dessein sur lequel on ne s'expliquait

(') « .... Yo me detuve los dias que à V. M. escrivi. porque como cl correo que vino con la nueva fué suyo, en llegando, ellos y los suyos publicaron el caso tan daïïamente que, pues el apresurarme yo à hablarles no podia quitar la "voz ruiu que liavian estendido, quise mostrarlessuruinànimo con detenerrae....» (Lettre d'Alava à Philippe II, du 8 avril 1 568 : Arch. de l'Empire, à Paris, collection de Simancas, B 22 ".)

(^) « .... Diferentemenle que las otras vezes me ban dado audiencia, porque estava todo sucousejo privadodelantedellos....» (Lettre d'Alava, du 16 février.) •

(^) » .... Hecha mi relacion, moslraron que quedavan descansados, particularmenle esta reyna, la quai me dixo que era diferente la relacioD que aella lehaviau becho gentes.... » {lbi<.l.]

538 * DON CARLOS ET PHILH'PE l[.

pas, el que c'étaient là les raisons de son emprisonnement (').

IVous reprorUiisons ici la relation, que don Francés d'Alava envoya à Madrid, de l'audience qui lui avait été donnée par Cliark^s IX et Catherine de Médicis. Mais les dépèches du roi et de la reine-mère de France îiu seigneur d^ Fourquevaulx nous apprennent que le diplomate espagnol ne disait pas toute la vérité à son maître, ou qu'il s était abusé sur laccueil qu'il avait reçu d'eux ; Catherine écrit à Fourquevaulx : « Je ne puis aulcunement me contenter de la façon ft dont l'ambassadeur don Francez d'Alava nous est « venu parler , car il me semble que le roy mon <( beau-fils désire, comme il a toujours fait, me com- « muniquer privément ses affaires, et nïe semble que « ledict ambassadeur en faict très-mal son debvoir : « car la royne ma fille mavoit mandé quil m'en <( devoit parler de la part de sondict maistre. et qu'il « en estoit chargé bien expressément; mais, au lieu c( de ce faire, il nous en a parlé si froidement, que (c j'en suis très-mal salisfaicte, et vous prie le faire ce entendre à ladicle royne ma fille ("). » Charles lui mande : « Je donnay audience à l'ambassadeur, esti- « mant qu'il me deust discourir particulièrement sur

(') u Apretéla en que me dixesse que era la relacion, y quienes eran las gentes, tanto que eila, titubeando, al fin me dixo que le dezian que la delencion de Su Alleza havia sido porque no havia querido confessaini comiilgaf el dia de Navidad, y olras cosillas desle jaez de fee, y delerminacion que ténia Su Alleza de yrse a cieita parte, execulando primero una cosa que no se lia aun cnlenJido quai sea.. . •> (Leltre d'Alava, du 16 février.)

m Lettre du L) février 16(JS.

Page 1