‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 137 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de deux cent mille florins au-dessous des renies et des autres charges auxquelles il était alTecté (').

Il ne restait donc rien au gouvernement pour faire face aux nécessités les plus urgentes. Aussi les traitements des employés et des membres mêmes des conseils collatéraux étaient arriérés de plusieurs années ; les pensions ne se payaient pas; les places frontières étaient dépourvues d'artillerie et de munitions: dans plusieurs d'entre elles les fortifications tombaient en ruine.

Telle élait la pénurie du trésor que la gouvernante s'était vue dans le cas d'écrire au roi qu'elle serait forcée de faire exécuter ou mettre en liberté des détenus condamnés aux galères, s'il ne prenait des mesures pour qu'on les transportât en Espagne, attendu l'impossibilité où l'administration était de fournir à leur entretien dans les prisons Q.

Ce fut au milieu de ces circonstances que Marguerite d'Autriche, d'accord avec le conseil, résolut d'envoyer le comte d'Egmont en Espagne Q.

(') Lettre de la duchesse de Parme, du 29 novembre 1564. (Reg. Correspondance avec Philippe 11, 1562-1868.)

(*) « L'on m'a fait rapport que par deçà y a grant nombre de prisonniers condempnez aux galères, qui se gardent jusques à ce qu'il y ait commodité de navires pour les emmener, et cependant coustent. Et n'estant Jehan Fernandez de Çamora furny de deniers pour payer les despens, comme il a déclairé, je me suis advisée d'en escripre à V. M.. afin de y vouloir pourveoir : autrement, l'on seroit constrainl de les exécuter ou relaxer selon leurs mérites, ou de les abandonnera autres Genevois qui les pouv>u\\nnl, pour excuser les despens, auscjuelz l'on ne peult icy furnir. (Lettre du G janvier 1364, ibid.)

H Voy.p. 165.

Dans rinslruction qui lui fut remise, la situation des Pays-Bas, telle que nous venons de la retracer, était peinte des plus vives couleurs. Egmont devait s'appliquer à faire comprendre au roi l'urgence, nonseulement de secourir efficacement ces provinces, qu'avaient épuisées les subsides accordés, depuis trente ans. à leurs souverains, mais encore de calmer, par l'adoucissement des placards, la fermentation qui commençait à s'y manifester. Il lui était prescrit de ne pas cacher au monarque que, si les seigneurs étaient « tous entiers et bons catholiques et grands zélateurs ce de la foi, » si la noblesse et les principaux des bonnes villes et du plat pays étaient aussi « assez « entiers, » si les conseils provinciaux, les universités, les gens d'Église se montraient (( fermes en la religion (c catholique, » le respect du peuple pour l'autorité et les ordonnances du prince n'était pas généralement ce qu'on pouvait désirer qu'il fût; qu'au contraire, en beaucoup d'endroits, elles étaient par lui « désestimées « et vilipendées ('). »

Philippe II fît l'accueil le plus distingué au vainqueur de Saint-Quentin et de Gravelines ; il le combla d'attentions, lui donna audience autant de fois qu'il le voulut, écouta avec bonté toutes ses remontrances (-). La reine, le prince, la princesse dona Juana

C) Instruction du 23 janvier -1505.

n Saint-Sulpice écrivait à Charles IX, le 16 mars -1565 : « Le comte « d'Egmont est à la veille de retourner aux Pays-Bas. Il a esté bien veu « et bien receu de son maistre, lequel luy a faict beaucoup de faveurs et « de privautez. «

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