‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 138 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ne le reçurent pas d'une manière moins flatteuse. Il eut un grand succès à cette cour où les étrangers réussissaient si diflieilement : aussi, dit Brantôme, « c'estoit le seigneur de la plus belle façon et de la « meilleure grâce que j'aye veu jamais, fust-ce parmy « les grands, parmy ses pairs, parmy les gens de « guerre et parmy les dames ('). »

Egmont sollicita avec chaleur des résolutions favorables sur les objets dont il était chargé par son instruction. Il représenta, de plus, au roi la nécessité d'augmenter de quatre membres le conseil d'Etat, en lui désignant pour ces places le marquis de Berghes, le baron de Montigny, le comte de Meghem et le seigneur de Noircarmes. Il lui proposa, en outre, d'attribuer la connaissance de toutes les affaires du gouvernement à ce conseil, auquel les conseils privé et des finances seraient subordonnés : c'était une combinaison que les seigneurs avaient imaginée pour accroître leur influence , et ils la lui avaient particulièrement recommandée. Enfin il engagea le roi à donner à Meghem, avec les patentes de conseiller d'État, celles de maître de l'artillerie, dont la charge était vacante par la mort du seigneur de Glajon, à condition que Meghem rendit au comte de Hornes le gouvernement de la Gueldre, qui lui avait été retiré en 15a9 (').

Philippe II ne se décida qu'à l'égard des points contenus en l'instruction d'Egmont : il allégua, pour les

(') OEuvres comi/lètes (ht Brantôme, édit. Buchon, 1838, t. I, p. 143. (-) Hecuerdo del conde d'Erjmont, demàs de lo conlenido en su inslruccion. (Archives de Simanciis, Eslado, leg. 527.)

autres, qui étaient contraires à ses idées, la convenance de prendre l'avis de la duchesse de Parme. Il accorda soixante mille écus pour le déficit des aides destinées à la solde des garnisons et des bandes d'ordonnance, deux cent mille écus pour la grande loterie des gens de guerre, cent cinquante mille ducats pour suppléer à l'insuflisance des ressources qui devaient couvrir les dépenses ordinaires de l'administration (') : s'excusant de ne pas faire davantage, sur les armements auxquels l'obligeaient les menaces du Turc. Quant à la question religieuse, il déclara que c'était une chose à laquelle il fallait beaucoup réfléchir, comme étant la plus importante et la plus obligatoire de toutes, et qu'il aimerait mieux perdre cent mille vies, s'il les avait, que de consentir à ce qu'il fût apporté quelque changement à la religion (-) : il autorisa seulement sa sœur à appeler, sans bruit, en sa présence et celle des membres du conseil d'État, sous prétexte du concile de Trente, deux ou trois évêques, autant de théologiens et quelques conseillers choisis 43armi ceux qui avaient le plus de zèle pour la religion, afin de discuter les meilleurs moyens d'endoctriner

(') « La quaulité de la provision pour un coup n'est sinon bien grande, '^ éciivait Tisnacq à Vigiius, le 2 avril 1503.

P) « Eu Iode la religion, le direisque me paresce que ay mucho que mirar, como en la cosa mas importante y mas obligaloria que todas las otras,.... y m('7ios temjo de consentir que haya mudanza en ella, y en que no terne en nacla perder cient mill ridas, si tanins lubiese, antes que con'sentirla.... » (instruction du roi jmur le comte d'Egmont. du 2 avril Io6o). — i.e passage im[irimé en italique fut ajouté par le roi lui-même à la minute rédigée par Gouzaio Perez.

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