CHAPITRE X
le peuple., de ramrner les dévoyés, d'enseigner les enfants. Il permit que la même assemblée examinât s'il serait opportun d'adopler un au Ira système pour le châtiment des hérétiques, non pas en vue de les châtier avec moins de rigueur, mais afin de réprimer mieux leur impudence, afin d'empêcher surtout qu'ils ne se glorifiassent de mourir obstinés en leur hérésie , et qu'ils n'y fussent excités par d'autres , comme cela arrivait souvent (').
Egmont avait des faveurs personnelles à réclamer du roi, et il faut bien le dire, elles n'étaient pas élrangères aux motifs qui lui avaient fait accepter, qui lui avaient fait désirer même cette mission à Madrid (-). Il avait acquis du duc Eric de Brunswick la seigneurie de JNinove, en Flandre, que le roi en 1557 avait engagée à ce prince pour vingt mille ducats: il aspirait à en devenir propriétaire effectif. Il souhaitait, d'un autre côté, d'ajouter à ses domaines la terre d'Enghien, en Hainaut, l'une des plus considérables des Pays-Bas et qui appartenait à la maison de Vendôme : un accord était sur le point de se conclure à ce sujet entre lui et le roi de Navarre, lorsque Antoine de Bourbon mourut le 17 novembre 1562 : il continuait
(^) « .... Se mire y plalique si convenrà dar algiina otra forma en la roanera del castigo de los hercges y desviados, no para que dexen de ser
castigados sine para reprimirlos en su insoleucia y desvergûenza,...
y para escusar que ellos no se alaben y precien de morir en su maldad, ni otros los puedan ir animando à ello, como agora lo haceii.... «(Instruction du 2 avril 4563.) — Le passage en italique était aussi une addition du roi.
(^) Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 347.
la négociation avec le tuteur de ses enfants ('). Il demanda au roi le don absolu de Ninove, l'autorisation éventuelle de l'échanger contre Enghien et l'exemption des droits seigneuriaux qu'il y aurait, en ce cas, à payer au fisc ; il lui demanda aussi l'autorisation d'accepter une somme dont les états de Flandre étaient disposés à lui faire présent (-). Philippe se montra tout à fait gracieux à son égard f ) : il éleva de douze mille ducats Tengagère de Ninove, ce qui était au fond la même chose que s'il lui en transférait la propriété ; il lui accorda les autres points, sans restriction aucune (^).
La duchesse de Parme, ayant reçu les dépêches de son frère et entendu le rapport du comte d'Egmont, désigna, de l'avis du conseil, les évêques, les magistrats et les théologiens qui auraient à examiner les matières sur lesquelles le roi voulait bien souffrir que des discussions s'ouvrissent f).
Cette commission, comme on dirait aujourd'hui,
(') Lettres de la ducbesse de Parme à Philippe II, des 13 novembre 4562 et 15 février 1363. (Archives du royaume, reg. Correspondance avec Philippe II, 1562-U68.]-
(«) Correspondance de Philippe 11, etc., t. I, pp. 343, 348.
(5) » Je pense, écrivit Tisnacq à Viglius, que l'on s'en trouvera par delà assez esbahy, et non sans cause. » (Lettre du 14 mai 1S63.)
(*) Correspondance de Philippe 11, etc., t. I, p. 348.
(^) C'était Mariin Rithovius, évéque d'Ypres ; Antoine-Joseph Havet, évêque de Namur; Gérard d'Hemricourt, évèque de Saint-Omer; Jacques Martens, président du conseil de Flandre j Hypi>olite Persyn, président du conseil d'Utrecht ; Antoine de Meulenaere, conseiller au grand conseil ; Josse Tiletanus, prévôt de Walcourt, théologien de Louvain ; Corneille Jansenius, destiné au siège épiscopal de Gand, et Voimar Bernaert, professeui' de droit canonique à Louvain.