‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 146 sur 146 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La gouvcinaiile était en proie à une anxiété inexprimable. Ses angoisses redoublèrent, lorsqu'elle reçut la nouvelle que les gentilshommes confédérés se proposaient de venir, au nombre de cinq cents, lui exposer, dans une requête, les griefs et les vœux de la nation. Elle manda les chevaliers de la Toison d'or et les gouverneurs des provinces, pour les consulter sur la conduite qu'elle avait à tenir ('); ils s'assemblèrent en sa présence le 28 mars. Tous opinèrent pour que les placards fussent modérés et l'inquisition abolie (').

La requête dont il était si grand bruit dans tous les Pays-Bas fut présentée à la duchesse de Parme, le 5 avril, par le seigneur de Brederode, à la tête d'environ deux cents gentilshommes f). Les confédérés y demandaient qu'elle dépêchât vers le roi « homme « exprès et propre », alin de le supplier de pourvoira la situation critique où se trouvait le pays, en abrogeant les placards^ qui pourraient être remplacés par d'autres ordonnances faites de l'avis et consentement des états généraux, et que provisoirement elle sursit toute exécution des mêmes placards, ainsi que tout exercice de l'inquisition. La gouvernante leur répondit qu'elle enverrait vers le roi, et n'omettrait rien de ce qui dépendrait d'elle pour rengager à condescendre à leur remontrance ; que son pouvoir n'allait pas jusqu'à

(') Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 401.

(^) Voir la Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. VI, pp. 335 et suiv.

{') C'est le nombre indiqué par la duchesse dans sa lettre au roi du 13 avril : « Brederode.'; venue da me, accompagnato da circa ducento « eeDlilhuomini.... »

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suspendre l'exercice de l'inquisition et l'exécution des placards, mais qu'elle prendrait des mesures afin que, en attendant la décision de son frère, il fût procédé, tant par les inquisiteurs, là où il y en avait, que par les officiers royaux, « discrètement et modestement, (c de sorte que l'on n'auroit cause de s'en plaindre. » Cette réponse avait été convenue avec les gouverneurs et les chevaliers de la Toison d'or. Elle ne plut que médiocrement aux confédérés ; toutefois il fallut qu'ils s'en contenlassent. La gouvernante écrivit aux inquisiteurs généraux , ainsi qu'aux gouverneurs et aux conseils de justice des provinces, dans le sens de ce qu'elle venait de leur promettre (').

Le marquis de Berghes et le baron de Monligny furent choisis pour aller solliciter du roi les concessions auxquelles il ne pouvait plus se refuser , sans exposer les Pays-Bas à une conflagration générale.

(') La lettre aux gouverneurs et au.\ conseils des provinces, en dale du 9 avril, se trouve dans la Correspondance de Philippe U, t. II, p. 554. La lettre aux inquisiteurs généraux Tiletanus et Baius, datée du 8 avril, est, en substance, conforme à celle qui fut adressée, le 10, aux inquisiteurs particuliers Titelmans et Bonhomme, et que la même Correspondance contient, t. Il, p. 555..

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