CHAPITRE II. Î
répondre : « Tu l'auras quand je serai morl ('). » Nous avons des versions différentes sur l'impression que l'empereur, en quittant Valladolid, emporta de l'héritier présomptif de la monarchie espagnole. Selon laumônier du prince, Osorio, il aurait été si charmé de son petit-fils quïl aurait voulu qu'on l'appelât au conseil d'Etat, quand on aurait eu à y discuter des affaires importantes f ). Selon d'autres, au contraire, il aurait dit à la reine Eléonore : « Il me semble « qu'il est très-turbulent : ses manières et son humeur « ne me plaisent guère : je ne sais ce qu'il pourra « devenir un jour (^) : » il l'aurait même repris sur le peu de respect et d'égards qu'il montrait à la princesse doiia Juana, sa tante Q. »
Quoi qu'il en soit, après cette séparation de don Carlos d'avec son aïeul, qu'il ne devait plus revoir, une amélioration se fit remarquer dans ses études et dans les exercices de son âge auxquels on s'appliquait à le former f), amélioration assez peu sensible toutefois
(') Charles-Qttint, son abdication, son séjour et sa morl au monastère de Yuste, par M. Mig.net, p. 133.
(^) o .... En gran manera Su Magestad se huelga con el principe nuestro senor, y me dicen que liene muy gran contentamieuto de Su Alteza, y muestra que es tantoque, cuando se ofrecieie algo que importe, le a Su Magestad de tenerle eu consejo d'Estado.... " (Leltre du 26 octobre 4356, citée p. 21, note 3.)
P) Manuscrit du chanoine Gonzalez, cité par M. Mignet, Charles- Quint, etc., p. l5o.
(') o Reprehendio al principe su nielo su poca mesura i mucha desenboltura con quevivia y trataba con su tia.... » (Cabrera, Historia de Felipe II, liv. II, chap. XI, p. 91.)
(') • .... Hasta agora no se ha ofrecido de^ que avisar a V. M^ en la orden de vida que el principe tiene, .... continuaudo lo de! esluxlio y
pour que son précepteur crût devoir encore engager le roi à lui adresser des exhortations à ce sujet ('). A la vérité, don Garcia de Tolède prenait à tâche de lui épargner tout travail, toute fatigue, qui aurait pu nuire à sa santé (').
Une lettre de ce seigneur, qui porte la date du 27 août 1557, nous donne des renseignements trèsprécis et très-curieux sur la situation physique de don Carlos, sur l'emploi de ses journées, et sur les dispositions qu'il montrait :
« Le prince — écrit don Garcia à l'empereur — est en bonne santé, Dieu merci. En ce qui concerne le manger, comme en tout le reste, sa vie est bien réglée. Il se lève avant sept heures ^ la prière et le déjeuner le conduisent jusqu'à huit heures et demie, que commence la messe. Après la messe, il se met à ses éludes. A onze heures, il dine. Le dîner achevé, et jusqu'à son goûter, qui a lieu à trois heures et demie, il cause avec les personnes de sa maison : il joue aussi un instant au truc ou au palet, et fait un
eslolros exercicios que en su edad puedeu aprovechalle ; y aunque lodas estas cosas haze Su Alt» cou poca inclinacion, hay harta mejon'a en ellas.... » (Lellre de don Garcia de Tolède à l'empereur, du 29 juillet \bo~. Archives de Simanciis, Estado, leg. 119.)
(') « S. A. estudia como alla dira el marqués de las Navas, que es el que mas veces se ha liallado en sus liciones, aunque mucho hani al caso que V. M'' en sus carias oC lo acuerde, que harto lo deseo algunas veces....» (Lettre d'ilonoralo Juan au roi, du 2 août JoiiT, dans la Coleccion de dociimentos inédilos, etc., t. XXVI, p. 479.)
(=) (I .... En ninguna ccsa aprieto nias de lo que eulicndo que no duede dafiar à la salnd de Su AUeza. . . , >■ (Lellre de don Garcia de Tolède, du 29 juillel Ioo7.)