CHAPITRE II
peu d'escrime. Dès qu'il a goùlé, il prend sa leçon. H va quelquefois à la campagne, avant ou après le souper, selon le temps qu'il fait. 11 se couche ordinairement à neuf heures, après qu'il a dit son rosaire, de manière qu'il passe au lit neuf heures et demie, et quelquefois dix. Il dort si bien que, depuis plus d'un an que je suis à son service, il s'est éveillé une seule fois, à cause de quelque indisposition qu'il eut celte nuit-là. Il n'a pas bonne couleur, et jamais il ne l'a eue ; mais, comme il ne se porte pas mal, il n'y a point à s'en inquiéter. A l'égard de ses études, il est peu avancé, parce qu'il étudie de mauvaise grâce. Il en est de même des exercices de la gymnastique et de l'escrime. Pour tout, il a besoin d'être excité par l'appât d'une récompense. Quelquefois il a couru à cheval ; mais je ne l'y laisse pas monter souvent , parce que j'ai appris qu'il est trop évaporé , pour pouvoir le faire sans danger {^). »
(I) « s. C. C. Md,.... Su Alla es sano, a Dios gracias, y en lo del corner, como en lodo lo demàs, Irae la vida bien concertada. Lebantase àntes de las siete, y en rezar y almorzar tarda hasta las oclio y média que se coraienza la missa, y luego en acabândola comienza à esludiar; corne à las once ; desde que a comido , hasta las très y média que merienda, gasta el liempo en liablar con los que alli estamos, y en jugai algun rato à los trucos o a los tejos, y esgrime un poco ; después de la merienda comienza la licîon; sale Su Alt" algunas vezes al campo, àntes de cenar à despues, sigun hace el dia. Acuéstase ordinariamente à las nueve, liaviendo rezado àntes un rosario, de manera que esta en la cama nueve lioras y média, y algunas vezes diez ; duerme tan bien que, dcsde que yo sirvo à Su Ait» hasta oy, que a mas de un aûo, no ha desperlado mas de una noche, que tuvo cierta indispusicion. La color no traebueua. y siempre la ha tenido asi, pero, con no ser de mala dispusicion, uo hay que parar en esto, En lo del esludio esta poi^o aprobecbado, porque lo
D'après les lignes que nous venons de transcrire, il semblerait que don Carlos jouît d'une santé satisfaisante. Cependant on lit , dans un autre passage de la même lettre : » Jusqu'aujourd'hui, je ne sache <( pas que les médecins aient pensé à donner quelle que chose au prince pour la bile Je ne consen- « tirais pas qu'ils le fissent, sans en rendre compte « préalablement à Votre Majesté. Je ne vois point, « d'ailleurs, qu'il y ait nécessité, quant à présent, « de lui administrer pour cela des médecines ('). » Or, cette bile, ce teint blême du prince étaient des symptômes réels et sérieux du mal qui éclata peu d'années après, et qui rendit sa jeunesse si languissante.
Quelque temps auparavant. Ruy Gomez de Silva, qui possédait toute la confiance de Philippe II, avait été envoyé par ce monarque en Espagne, avec la mission d'y solliciter l'envoi de prompts secours en hommes et en argent (-). Cabrera prétend, à tort, que Ruy Gomez était chargé d'emmener don Carlos aux Pays-Bas, pour être reconnu comme futur souverain de ces provinces, et les gouverner après le départ du roi, mais que son incapacité en fit abandonner le
hace de mala gana, y ansimismo los otros exercicios de juger y esgreinir : que para todo es menesler premio. Algun;)s vezes ha carrido à caballo, pero no le he dexado hazer eslo muchas. porque entiendo que esta muy descuidado a caballo, para hacellosinpeligro.. . » (Archives deSiniancas, Estado, leg. 119.)
(') « Hasta agora no se que los médicos ayan tratado de dar ninguna cosa al principe para la côlera, ni yo lo consintiera hazer, sin dar primero quenta deilo a V. M^, ny veo que tenga necesidad hasla agora de preparar esto con medicinas. «
(-) Bclraitc et mort de Charks-Quinl, etc., t. II, p. lui.