‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 61 sur 146 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ledit Diego à l'évéque élu d'Osma, mon maître, et ledit Juan à don Pedro Pimentel, marquis de Tâvara, gentilhomme de ma chambre, que je charge l'un et l'autre de les faire bien traiter et de manière qu'ils ne se perdent pas. Je charge aussi mes exécuteurs testamenlaires, sur leur conscience, de se régler, dans l'accomplissement de cette disposition, selon la volonlé que j'y exprime.

c( io° Attendu qu'en l'année lo62, étant en la ville d'Alcala de Henarès, si malade que je crus l'heure de ma mort arrivée, je promis à Dieu, s'il daignait me rendre à la santé, que je donnerais aux monastères de Notre-Dame de Monserrale, de Notre-Dame de Guadalupe, et du Crucifix de Saint- Augustin en la ville de Burgos, à chacun trois arrobes d'or et neuf d'argent ('); que je promis de même trois arrobes d'or et trois d'argent au monastère de Saint-François en ladite ville d'Alcala, où repose le corps du père nommé saint fray Diego ; que depuis, ayant plu à Dieu de me délivrer de cette grave maladie, le roi mon seigneur, à ma prière, me fit la grâce de se charger du payement desdites douze arrobes d'or et trente d'argent; et comme je désire que ce payement s'effectue, je déclare, pour le cas où , au temps de ma mort . il n'aurait pas eu lieu, que le roi mon seigneur s'est, ainsi que je l'ai dit , engagé à y satisfaire , et que les monastères susnommés auront à recourir à Sa Majesté , laquelle je

(') Ceci diffère quelque peu de ce qui est rapporté p. 'Jl ; mais, eu ce dernier eudroit, nous avons suivi la rolulion de Daza.

supplie de nouveau, autant que je le i)uis. d'ordonner ledit payement, afin que mon vœu s'accomplisse.

ic IG" Comme, étant en proie à ladite maladie, abandonné des médecins, laissé pour mort par le roi, mon père et mon seigneur, et les dispositions étant prises pour mon enterrement, on m'apporta le corps dudil père nommé saint fray Diego , et que , du moment où on l'eut approché de moi et où je l'eus touché, j'éprouvai l'amélioration que Dieu Notre- Seigneur daigna me donner; comme je suis fondé à croire que j'en fus redevable aux mérites de fray Diego et à son intercession favorable auprès de Sa Divine Majesté, ainsi qu'en jugèrent ceux qui étaient là présents, et que, par ce motif, mon intention est depuis lors d'obtenir , autant que cela sera en moi , la canonisation dudit père , afin que , de l'autorité de notre mère la sainte Église romaine , on puisse vraiment lui donner le nom de saint, dont il s'est rendu digne par sa vie et ses miracles, je supplie le roi mon seigneur, si la chose ne pouvait avoir lieu de mon vivant, de faire en sorte qu'elle se réalise plus tard, selon le propre désir que je sais que Sa Majesté en a.

« 17° Quand, en l'année 1563, don Martin de Cordova, frère du comte d'Alcaudete, défendit si héroïquement, selon qu'il est notoire, le fort de Mazalquivir , près d'Oran en Barbarie , que l'armée algérienne, composée de Turcs et de 3Iores, tenait assiégé par mer et par terre, et auquel elle avait livré plusieurs assauts, après l'avoir battu avec furie, le sauvant, par cette énergique résistance, d'une perle

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