‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 62 sur 146 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui aurait été des plus graves pour les royaumes d'Espagne ('), je désirai que ledit don Martin de Cordova fût immédiatement récompensé d'une manière aussi éclatante qu'il le méritait , pour servir d'exemple à d'autres. Le roi mon seigneur n'ayant pu alors , à cause des nécessités publiques, réaliser ce vœu, je promis, déterminé par la volonté que j'ai toujours d'accorder des grâces à ceux qui se signalent par leurs services , de gratifier ledit don Martin de trois mille ducats de rente perpétuelle pour lui et ses descendants, afin de conserver la mémoire éternelle d'un si haut fait. Comme il n'a pas encore été en mon pouvoir d'accomplir cette promesse , j'ordonne , si la mort m'empêche de le faire, qu'on achète pour don Martin de Cordova lesdits trois mille ducats de rente perpétuelle, à raison de trente mille ducats pour mille,

(') Cet événement est rapporté avec détail dans une lettre que Philipi^e H écrivit, le 15 juin loliS, à l'évêque de la Cuadra, son ambassadeur à Londres. Nous la transcrivons ici :

« Ya habreis entendido como el rey de Argel habia acometido la empresa de Oran. Lo que ha sucedido es que comeuzo à bâtir à Maçalquivir a los 8 de mayo, y à los 22 le diô un asalto, y fué rebutado con pérdida de arta gente, y los lorné à bâtir por otra parte hasta los 2 de junio, que les diô otro asalto, por la bateiia vieja y nueva, y por la parle de la niar ; y los de dentro se defendieron tan valerosamente, que los rebutaron y hicieron retirar, y le mataron mucbos y hiiieron tanfos que enviaron ocho galeotas cargadas de heridos â Argel. Después , à los 6, lesdieron otro asalto, y lambien fueron rebutados; y â los 8 deste llego nuestro socorro, que enviâmes desde Cartagena ; y las vêlas de los euemigos que alli estaban , cnlendiendo que ibau nuestras galeras, se fueroD huyendo bacia Argel. Y el rey con su egército, en descubriendo nuestra armada , se retiro a tanla priessa que perdiô toda el artilleria con que batia, y los nuestros socorrieron a Macalquivir y à Oran, (jue teniari arta neccsidad.... » (Archives de Simancas, Eslado, leg. 816.)

faisant ainsi qualre-vingl-dix mille ducats . desquels je veux qu'il soit formé un majorât pour lui et ses descendants. J'ordonne, de plus, qu'il soit dressé acte de la concession de ces trois mille ducats de rente perpétuelle, ainsi que de la substitulion dont ils seront grevés , et qu'on y insère la présente clause de mon testament, afin qu'il conste que cette grâce lui a été accordée pour sa belle défense du fort de Mazalquivir contre les ennemis de notre sainte foi catholique; et je supplie le roi mon seigneur de commander que la volonté que j'exprime ici soit accomplie , comme je l'espère de la grandeur et de la magnificence dont il use et désire entièrement user envers ceux qui servent Dieu et Sa Majesté avec tant de distinction.

« 18° Je veux qu'on achète, en telle quantité que le roi et mes exécuteurs testamentaires le jugeront suffisant pour l'accomplissement à perpétuité de ce que par le présent testament j'institue et j'ordonne, des biens-fonds, des rentes domaniales et autres qui y restent affectés à perpétuité. Et comme tout cela, je l'ordonne et l'établis , dans l'espoir que le roi , mon père et mon seigneur, l'approuvera, et fera pourvoir à ce qu'on l'observe, je supplie Sa Majesté Catholique, et je lui demande à titre de dernière faveur, aussi affectueusement que je le puis , de daigner prescrire qu'après ma mort on l'exécute avec toute la promptitude possible, puisque je lui aurais coûté bien davantage pendant ma vie , et de le prescrire de la même manière que la volonté que j'ai de lui obéir, de lui être agréable et de le servir en tout, me fera accom-

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