‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 65 sur 146 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Honoralo évéquc d'Osma ('); il lui a de si grandes obligations et il l'aime tant, dil-iL qu'il ne voudrait pas que sa mort vint nuire à l'avancement dont il est digne par son mérite.

Le i9 mai 1564, don Carlos, étant au lit, malade (■), délivra ce testament, fermé et scellé de son

(') Honorato Juan, on ignore i our quelle raison, avait encouru pendant quelque temps la disgrâce de Philippe II. C'est ce que nous apprend le passage suivant d'une lettre de Gonçalo Perez au cardinal de Granvelle , du 15 juin 1563 : » Honorato Juan es buelto aqui . Ilamado de « S. M., y se tiene por cierto que le darâu un obispado, de los que estân « vacos, y sera confesor del principe. El lo meresce todo, y me pesava « harto de quese huviese arrinconado un horabrecomo él.... » {Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. VII, p. 102.)

Juan, en effet, selon la prévision de Gonçalo Perez, eut un évêché ; mais Philipjie II donna le poste de confesseur du prince à fray Diego de Chaves, de l'ordre de Saint- Dominique.

Don Carlos, après avoir obtenu du roi la nomination de son précepteur au siège d'Osma , écrivit au pape, ainsi qu'à don Luis de Requesens , grand commandeur de Castille, ambassadeur d'Espagne à Rome, et au cardinal Borromée, afin que l'expédition de ses bulles se fîtpromptement, que la taxe en fût réduite, et qu'il jouit des fruits de Févéché depuis qu il était devenu vacant. « Traitez cette affaire comme une chose K qui m'est personnelle, » mandait-il au grand commandeur de Castille. (Voy. la Coleccion de documentos inéditos para la historia de Espaila, t. XXVI, pp. 402-405.)

L'expédition des bulles d'Honorato Juan souffrit quelque retard, parce que, selon le concile de Trente, les sujets nommés à des églises cathédrales devaient justifier des grades requis, ou produire une déclaration de quelque université qui y suppléât. Le roi lui en écrivit le 21 février 4564 . H exprima en même temps à l'université d'Alcala le désir qu'elle lui délivrât la déclaration dont il avait besoin. L'université s'empressa de déférer à cette invitation Elle répondit au roi qu'elle l'avait fait avec un grand plaisir, car l'élu d'Osma était l'une des personnes les plus méritantes

des Espagnes : « por ser, como es, una de las personas masbeneraéritas

0 que ay en estos reinos. « (Kircher, p. \i]. — Coleccion de docume/itos

inéditos, etc., t. XXVI, p. 405.) H « .... Estando en la cama. â lo que parecia, enfermo, » porte l'acte

du notaire Çàvala.

sceau . à Doiiîinco de Câvala. escribano de câmara du roi et nolaire pu)3lie , en présence de sept témoins, qui tous appartenaient à Tordre eeclésiasiique : c'étaient don Martin Ramos, recteur du grand collège et de l'université d'Alcala ; le docteur don Fernando de Balbas , grand abbé de cette ville ; le père fray Alonso de Hontiberos, recteur du collège de Saint- Thomas ; le père fray Mancio et le docteur Pedro de Balbas, professeurs de théologie ; le père fray Luis de Strada, recteur du collège de Saint-Bernard, et le père fray Juan de Andrada , gardien du couvent de Saint-François. Selon l'expresse volonté du prince, cet acte ne devait s'ouvrir qu'après sa mort (').

Cabrera prétend que le cerveau de don Carlos fut atteint par la blessure qu'il avait reçue à la tête, dans sa chute à Alcala , et que de là naquirent les extravagances et les désordres auxquels il se livra depuis ('). L'acte que nous venons de faire connaître donne un démenti à cette assertion : car il est plein de sens, de raison et de cœur; il respire les sentiments les plus nobles et les plus généreux. Si l'histoire avait à juger don Carlos sur son testament, elle n'aurait que des éloges à décerner à sa mémoire.

(') « .... Y quiereque se abra después del fin de sus dias, y no ânles. « (Déclaration du notaire Çàvala.)

(■•') « .... Elcérebro del principe mostrô su lésion, estandola voluntad menossujetaà la razon, ajustada con la de su padre, etc. '^ [Historia de Felipe H, liv. VI, chap. V, p. 396.)

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