‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 70 sur 146 · CHAPITRE VII. iM · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. iM

sonne de don Carlos : « Je me suis informé avec « soin — écrivit-il — si le prince est ou non capable <( de procréer des enfants; mais il n'y a personne qui « puisse rien dire de certain à cet égard. L'opinion « générale est qu'il n'a pas vu de femme jusqu'ici. « On a, dit-on, conseillé à son père de lui faire faire « une épreuve .• mais le roi n'a pas voulu y consentir. « Lorsqu'on lui parle de rapports avec les femmes, il « répond qu'il n'en veut connaitre d'autre que celle « qui sera son épouse, dùt-on le traiter d'eunuque et « faire des plaisanteries sur son compte, etc. ('). » A côté du portrait de don Carlos que vient de nous donner l'ambassadeur d'Autriche, nous croyons devoir placer ceux que faisaient du prince des Asturies, vers le même temps, les ambassadeurs de Venise envoyés en Espagne : ces diplomates, on le sait, étaient, en général, des observateurs judicieux et exacts.

vnd fleissig gedieot werde, vnd den der solches thuet, hat er lieb vnd befuerdert im, ist chostfrei. So vill das puehlen betrifft , hat er bisher noch jihaio prob getan, vnd ist khainer der im gruud quod impotens sit aliquid affirmare. Si mihi indicium esset faciendum, nox lantuin mihi aliquam suspicionem preberet....

« Allerdings sel es wahr das don Carlos ain presenhaffter schwacher herr, awer hinwiederum eines mechligen khuuigs sua. » (Koch, Quellcn zur Geschichte des Kaisers Maximilian 11, p. 1 27)

(') « So vil des printzen persou betrifft , hab ich mit allen fleis nach gefragt : an ad procreandam prolem aptus vel inaplus sit, awcr in summa.... nemo est qui aliquid certi hac in re possit affirmare. Commuais opinio est et consensus omnium, das er aigeatlicb bisher khain weibspild erkennt hat, vnd sagea ier etlich, das man dem khuaig geraten, er soll ime ainstens ain prob zu thuea anfieren vnd anbringen lassen, hab es awer nit thuen wôlien. Wann man mit ime vom puelea redt, sagt er das er khain weib als die seiu werdeu soll, erkhenncn woll, vnd wan man mit ime scherczeu vnd zecheu woll alss sej er ain CapauD.etc. » (Lettre du M juillet 1564, j6/rf.,p, 131 )

Aiidrca Ba<loaro et Augostino Barbarigo , que la république, en lo6D, chargea d'aller eoinplimenler Philippe II sur son mariage avec Elisabeth de Valois, s'exprimaient ainsi dans le rapport dont ils donnèrent lecture au sénat, au retour de leur mission :

« Le prince don Carlos est âgé de seize ans 11

est petit de taille. Il n'est pas beau. Sa figure dénote de l'inclination à la colère et beaucoup de cœur. Il est très-curieux : à toutes les personnes avec qui il parle, il fait de nombreuses questions, et veut tout savoir. II a le menton qui avance. On croit qu'il sera plus porté à faire la guerre et à s'agrandir, que son père ('). »

Paolo Tiepolo, qui avait résidé trois ans à la cour de jMadrid, en qualité d'ambassadeur ordinaire de la sérénissime Seigneurie, disait, à son tour, au sénat, en lo(33 :

« Le prince don Carlos est très-petit de taille f^). Sa figure est laide et désagréable. Il est de complexion mélancolique : c'est pourquoi il a, pendant trois ans, presque sans interruption, souffert de la fièvre quarte, avec aliénation d'esprit parfois : accident d'autant plus notable chez lui qu'il ])araît en avoir hérité de son grand-père et de sa bisaïeule. Par suite d'une aussi longue maladie, mais plus encore de celle dont

(') « II principe Carlo è d'anni 16 È Sua Altezzadistatiira picciola,

di faccia non bella. Mostra in ciera iraconda et baver spirilo assai. E curiosa d'intender le cose ; anche con tutti queili ch'ella parla le fa moite interrogationi et ogni cosa vuol sapere. Ua auchor loi il meoto in fuori. Si fa giudicio ch'ella debba haver più il pensiero aile armi et alla grandezza che non ha il pudre. » (Voy. la note 4 à la page 91,)

(') Il avait grandi depuis. Voy. p. 144, note 1.

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