CHAPITRE VII. j
de rorganisalion de sa maison. Don Garcia de Tolède, ayo et grand maitre du prince, élait mort le 29 janvier de cette année (') : c'était son grand écuyer, Luis Quijêda , l'ancien et lidèle serviteur de Charles- Quint (-), qui depuis lors remplissait provisoirement les fonctions du défunt. Philippe II , plus d'une fois déjà, avait eu à se plaindre de l'esprit d'indépendance de son iils et du peu de déférence qu'il lui montrait (^) : il lui parut important de placer auprès du prince quelqu'un qui lui fût tout dévoué. Il conféra à Ruy Gomez de Silva la. charge que le décès de don Garcia de Tolède avait rendue vacante Q ; pour que
disait : » Par les dernières qu'avons d'Espaigne, du vie de ce mois, l'on o nous advertist que monseigneur le prince se renforcoit de plus en <■ plus, et fréquentoit desjà le conseil d'Estat, à la grande satisfaction « d'ung chascuu, pour le grand espoir qu'il donne et de sa personne et o de son esprit. » (Archives du royaume, papiers d'État.)
Sur quel témoignage Marguerite de Parme faisait-elle cet éloge de don Carlos? Nous avons vainement cherché à le découvrir.
(') Archives de Simancas : Cuntadurias générales, 1» época, leg. 1031 , Nominas originales de la casa del principe nuestro seiior.
(^) Philippe II, comme nous l'avons dit (p. 73, notel), l'avait nommé grand écuyer du prince, après la mort de l'empereur. Nous aimons à consigner ici les expressions de la lettre oii le roi l'informait de cette nomination : y En lo que â vos toca, acorddndome de lo mucho, bien y « continuamente que servistes à S. M. y â mî , y à vuestros mérites y « calidades, y lo que importa poner cerca del serenissimo principe, « mi hijo, persona tal como la vuestra, de quien tengo tanta satisfa- « cion, e determinado elegiros y proveeros del cargo de su cavallerizo « mayor, etc. » (Arch. de Simancas, JSstoc/o, leg. 2.)
{') Saint-Sulpice écrivait à sa cour, le lajuinioGi, que don Carlos commençait à se montrer « assez à rebours au roy et à ce qu'il luy ordon- « noit. «
(*) L'ambassadeur Saint-Sulpice étant allé féliciter le prince d'Eboli sur sa nouvelle charge, celui-ci lui répondit « que le roy son maistre • luy avoit voulu commettre ceste charge, pour la fiance qu'il avoit en
Quijada ne fût point blessé de celte préférence , il le lit conseiller d'État, et le gratifia, en outre, de la meilleure commanderie, parmi celles qui étaient disponibles (').
Issu d'une ancienne et illustre famille de Portugal, Ruy Gomez de Silva était venu enfant en Caslille avec sa mère, à la suite de la princesse Isabelle, qui épousa Charles-Quint en 1526 (-). L'empereur l'ayant admis au nombre de ses pages , il fut élevé avec le prince Philippe , et une grande intimité s'établit entre eux. Pour des raisons qu'on ignore , Charles-Quint jugea convenable un jour de l'éloigner de son fils : le prince
« luy, et pour estre prez de son filz jusques à ce qu'il seroit maryé, car « lors sa femme prendroit le soing de luy. » (Lettre secrète du 7 octobre 1 364.)
Lorsque l'entrevue de Bayonne entre la reine Elisabeth et la reinemère fut convenue, Saint-Sulpice, conformément à ses instructions, sollicita le roi afin que le prince d'Eboli accompagnât la reine. Philippe II lui dit 0 que, pendant ce voyage de Bayonne, le prince son filz dobvoit « aller à Notre-Dame de Guadalupe, lequel il ne vouldroit fyer à homme u (lu monde que Ruy Gomez, et estoit dangier, s'il n'estoit tousjours o bien près de luy, qu'on ne le trouvast au retour là où on lauroit laissé « au partir, n (Lettre secrète du 46 mars 1563.)
(') a .... Ya Vm. sabra como Su Mag^i hizo mayordomo mayor de su hijo al senor Ruy Gomez, y â Luis Quijada hizo del consejo, y le diô la mejor encomienda vacante.... « (Lettre de Gonçalo Perez à Juan Vazquez de Molina, du 26 août 1-564 : Archives de Simancas, Estado, leg. i44.)
(^) « Os Silvas tinhara una grandeza que nâo possuia uenhuma outra familia de Eurona.... Ruy Gomes de Silva, d'esta mesma casa, senhor de aigumas terras em Portugal, passou a Castella ao serviço de doua Isabel, mulher do emperador Carlos V. » (A. P. Lopes de Me.\do.\ça, Apontamentos para a historia da coiiquistn de Portugal por Filippe II, dans les Annales des sciences et des lettres de l'Académie royale de Lisbonne, partie des sciences morales et politiques et des belles-lettres, t. 1, 1857 , p. 268.)