‹ Don Carlos et Philippe II (volume 4)Chapitre 73 sur 146 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

en éprouva une (elle alïliclion qu'il fallut le lui rendre ('). C'était Ruy Goniez, comme on la vu, que Philippe avait chargé d'aller porter à Tempereur, alors en Allemagne , la nouvelle de la naissance de don Carlos; c'élait lui encore qu'en lo47 il avait envoyé à Augsbourg, pour féliciter son père des victoires signalées qui venaient de le rendre l'arbitre suprême de la Germanie (").

Lorsque Philippe fut monté sur le trône, il combla Ruy Gomez de ses faveurs : il le fit son sommelier de corps, membre de son conseil d'État et grand trésorier de Castille ; il lui conféra le titre de comte de Melito, et bientôt après l'éleva à la dignité de prince d'Eboli. Telle était l'influence de ce ministre auprès de lui, que communément on ne l'appelait plus Ruy Gomez, mais roi Gomez Q. Aussi, son dévouement à son souverain était-il sans limites , et il offrait le modèle d'un courtisan accompli. Antonio Perez a dit de lui qu'il était le plus grand maître de la science des cours qu'il y eût eu en beaucoup de siècles Q. Le duc d'Albe, dont il était l'émule, reconnaissait que, s'il n'avait pas été au nombre des plus éminenls

(') Relation de Federico Badoaro, faite au retour de son ambassade auprès de Charles-Quint et de Philippe II, en 1357, dans les Relations des ambassadeurs véniliens, etc., p. 43.

(^) Sandoval, Historia de Carlos V, liv, XXIX, § 38.

(*) Relations des ambassadeurs vénitiens, etc., p. 43.

('') j El principe Ruy Gomez, aquel gran privado, aquel maestro de privados y de conoscimiento de reyes.... El mayor maestro desta scienria que ha havido en muchos siglos.... » [Obras y relaciones, pp. 5o9 et (536.)

DON CARLOS ET PHILIPPE il.

minislies, nul navait mieux connu que lui 1 humeur et le naturel des rois (').

Don Carlos avait peu regretté don Garcia de Tolède, qu'il n'aimait pas (-); il vit avec un déplaisir marque la nomination du prince d'Eboli : il comprit parfaitement que c'était un surveillant que son père lui donnait dans Ruy Gomez. Ce favori du roi était toutefois si souple, si insinuant, si adroit, qu'il parvint, pendant quelque temps du moins, à convertir en alïeclion la haine que le prince lui portait (^).

La maison de don Carlos se trouvait, à cette époque, composée de la manière suivante :

(1) a Me dixo un dia el duque d'Alva â mi estas mismas palabras en el retrete del rey : <> Seûor Antonio, el seûor Ruy Gomez, de quien tan « apasionado vivi's, no fuédelosmayores consejerosque ha habido, pero o dcl humer y naîural de reyes, os le reconozco por tau gran maestro a de lo de aquî deutro, que todos los que aquiandamos, tenemosla « cabcza donde pensâmes que traemos los pies.... » (Antomo Perez, Ohras y relacioncs, etc., p. 539.)

(-) L'évêquc de Limoges écrivait à Catherine de Médicis, le 25 mars i 562: « Don Garcia de Tolède, gouverneur du prince d'Espagne, est un petit « homme assez fascheux, et que le père désire oster, poursçavoir que « son fllz ne l'a pas fort à gré.... «

(*) « .... Ama poco li servitori del padre, et odiava don Roi Gomez, sebben li era maggiordomo maggiore ; ma è taie la destrezza con la quale procède, mediante la quale astringo hora adamarlo.... » (Relation d'Antonio Tiepolo, retourné de son amba.ssade auprès du roi catholique, en i 567, dans les Relations des ambassadeurs vénitiens, etc., p. 1 53.)

Le fait suivant, que nous fournissent les comptes de la maison de don Carlos, vient à l'appui de ce qui est rapporté ici par l'ambassadeur vénitien. Dans l'été de 1566, don Carlos, étant a Ségovie, envoya à San Lucar de Barrameda , où le duc de Medina-Sidonia résidait, un gentilhomme chargé, en son nom, de recevoir l'acte (p/cto homenagc] par lequel le duc devait promettre d'accomplir ce qu'il avait traité touchant son mariage avec la fille du prince d'Eboli, encore enfant à cette époque. (Archives de Simancas : Contadxirias générales, l^'cpoca, leg. 1070.)

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