PRÉFACE. XVII
il prit copie de celles qui étaient relatives à don Carlos.
J'avais ainsi en mon pouvoir les correspondances adressées à sept des gouvernements de l'Europe, entre lesquels on comptait les plus considérables, par les diplomates qu'ils entretenaient à la cour de Philippe II, lorsque s'y passèrent les événements dont je me proposais de faire le récit. Et ce n'était pas un médiocre avantage que la réunion de ces correspondances diverses . car elles se contrôlaient et se complétaient, en quelque sorte, les unes par les autres. Chacune d'elles avait d'ailleurs son caractère et son mérite propres.
Tandis que je mettais à contribution les archives étrangères , l'établissement qui est confié k mes soins me fournissait aussi son contingent de matériaux.
A son départ pour l'Espagne, après la conclusion de la paix de Cateau-Cambrésis, Philippe II s'y fit suivre de deux ministres belges qui devaient s'occuper, auprès de sa personne, des affaires des Pays- Bas : l'un, Charles de Tisnacq, en qualité de garde des sceaux; l'autre, Josse de Courtewille, comme
secrétaire d'Elat, En 1566, Tisnacq fut, à sa demande, remplacé par Joachim Hopperus ; le roi lui conféra la dignité de président du conseil d'État des Pays-Bas : mais, à cause des troubles qui agitaient ces provinces, il ne voulut pas se priver de ses conseils, et il le retint à Madrid jusqu'à la fin de d569. Courtewille quitta l'Espagne avec le duc d'Albe, au mois d'avril 1567.
Tisnacq, Courtewille, Hopperus, avaient une correspondance suivie avec Viglius de Zuichem, chef et président du conseil privé aux Pays-Bas. Les lettres d'Hopperus ont été publiées au commencement de ce siècle ('). Celles de Tisnacq et de Courtewille sont restées inédites ; elles forment deux recueils , aux archives de Bruxelles.
Les correspondances des ministres belges n'ont sans doute pas une importance égale à celle des dépêches des ambassadeurs étrangers. Les premiers ne se montrent pas aussi bien informés que les seconds de ce qui se faisait et se disait à la cour : sur les choses
(') Juachimi Hopperi, Frisii, Epislolae ad Viylium ab Aytla Zuic/ictnum, sanctions consilii praesidem. Utrecht, 1802, in-i».