CHAPITRE Vlli
u basse et petite pour sa qualité (') : » le second n'avait pas mieux réussi auprès d'elle. François de Médicis vint en personne à la cour d'Espagne ('). Le duc Cosme entretenait d'étroites relations avec Philippe II, dont la bienveillance lui avait valu l'acquisition de Sienne, et était le fondement de son influence en Italie. U ne croyait pas trop présumer de sa fortune, en se flattant que son fils serait agréé de la princesse : il eût été disposé, en ce cas, à abdiquer en sa faveur f ). Philippe II fit au prince de Florence un accueil affectueux: mais, dans sa cour, il n'en fut pas de même : la prétention de François de Médicis parut indiscrète et choqua tout le monde ; don Carlos , en particulier, s'en montra blessé à un tel point qu'il pouvait à peine le voir. Quant à dona Juana , elle déclara, de la manière la plus explicite, qu'elle ne prendrait jamais pour mari le fils d'un marchand (^).
(') Expressions de l'évêque de Limoges, dans une dépêche à Catberine de Médicis, du 9 mars 1562.
H Au mois d'août 136-2.
(^) « .... Vedendosi d'avere da se solo acqoistato uno Stato di Siena, che pareva avère dell' impossibile,....' gli pare molto più facile di conseguire una donua, quand'anche dovesse rinunziare del tutlo lo Stalo al Ggliuolo per incorouarlo, ad imitazione di Carlo V, perché questa regina se ne veaisse assolutamente regina di Toscana. « (helaziune di Firenze, di messer Vincenzo Fideli, tornato da quella corte, l'aiino 1 561 , dans les Relazioni degli ambasciatori veneti al senato , série II, t. I, p. 360.)
{*) « .... Questa andata del principe partori diversissimi eËFelti, perché futenuta in Ispagna leggerezza del principe l'aspirare al matrimouio di una tanta principessa, la quale ebbe a dire più volte cbe non piglierebbe per marito mai il figliolo di un mercanle ; ed ii principe per il suo procédera si acquislo l'odio di tulla la corlc, e massime del principe di
C'était sur don Cnrlos que doîîa Jiiana avait arrêté ses vues. La Providence n'avait pas permis qu'elle s'assit sur le trône de Portugal, qui lui était destiné : le trône dcCastille pouvait seul, dans sa pensée, la dédommager de ce qu'elle avait perdu. Et sa manière de sentir à cet égard n'était pas nouvelle : dès 1556, deux ans après la mort de son époux, Jean III, roi de Portugal, à son instigation cer[ainement, avait représenté h Philippe II, par l'intermédiaire de l'ambassadeur d'Espagne à Lisbonne, les avantages qui résulteraient d'une union entre elle et le prince des Asturies ('). Une objection grave pouvait cependant y être faite : dona Juana comptait dix ans de plus que son neveu {'). Malgré cela, les Espagnols, se ressouvenant de la prudence, de la sagesse, de la justice qu'elle avait déployées dans le gouvernement de la monarchie à une
Spagna, il quale appena pativa di vederlo.... •> (Relazione di Firenze, del clarissimoM. Lorenzo Priuli, ritorualoambasciator l'anno 1566, dans les Helazioni degli ambascialori veneti al senatu, série II, t. Il, p. 82.)
(') « Los dias pasado.s, se mo olvidô de escribir a V. M. cierta plàtica que el serenissimo rey pa.sô conmigo en presencia de la serenissima reyna. diciendo que él queria tanlo à la princesa mi seûora como qiiiso à su hijo, y que, pues Nues'ro Sefior le habia Uevado à su marido, que no deseaba cosa mas que vella casada con su uieto, y que era cosa que à Vueslras Mageslades estaba muy bien , vella remediada y casada tan bien ; que no habia ningun principe en el mundo con quien ella eslubiese tan bien casada, ni el principe mi seùor con uinguna muger mejor, para bien de los reynos de V. M. y de todos ; que no eran tan diferentes las edades que no eslubiese bien, y que de la princesa ya se ténia esperiencia que tendria hijos, y que él estaba determinado de lo enviar à
decir à S. M. y à V. M » (Dépêche de don Luis Sarmieuto de Men-
doza écrite au roi, de Lisbonne, le 10 juin 1556 : Archives de Simancas, Estado, leg. 378.!
{') Elle était née à Madrid le 23 juin 1.535.