CHAPITRE VIII. I8D
ù Marie Sluarl , il se montrait disposé à seconder les desseins de l'empereur Ferdinand, qui avait jeté les yeux sur elle pour l'archiduc Charles . son troisième fils Ç). 11 transmit des instructions dans ce sens au comte de Luna, son ambassadeur à Vienne , mais en évitant soigneusement de s'engager sur aucun point.
L'empereur aurait voulu une réponse plus catégorique. La cour de Fontainebleau venait de lui faire demander la main de l'archiduchesse Anne pour le roi Charles IX, et cette demande était appuyée des sympathies des princes et des peuples d'xVllemagne. 11 exprima à Philippe II, par l'organe de don Martin de Guzman, son ambassadeur à Madrid, le désir de savoir si son intention était que l'archiduchesse fût gardée pour le prince d'Espagne, ou si l'on pouvait la donner à la France (').
La question était précise: mais le cabinet de Madrid n'était jamais embarrassé de trouver des moyens évasifs. Philippe fit déclarer, par le duc d'Albe, à don
Ferdinand à Madrid, assura à i'évêque de Limoges. (Dépêche de l'évêque à Catherine de Médicis, du 46 février 1562.)
(') Les vues de Philippe II, telles que nous les énonçons ici , résultent d'une dépêche du 13 octobre 1561 du comte de Luna. ambassadeur d'Espagne à Vienne, en réponse à une lettre que ce monarque lui avait écrite le 28 aoiît. (Archives de Simancas, Estado, leg. 650.) La lettre du 28 août n'a pas été trouvée dans les archives de Simancas.
(*) « .... Desea Su M<i Cesarea saber la voluntad de V. M^ C. en si se deba tratar del casamiento de su nieta la mayor con Francia, o si es la de V. M<i que se guarde para el principe, y se trate de dar la segunda nieta â Francia, porque, no habiendo V. M^ de venir en lo primero, no seperdiese ocasion de remediar la mayor. por no tener en estolaciaridad deV. M** que la suya desea.... » (Mémorial de don Martin deGuzman à Philippe II, sans date : Archives de Simancas, Estado, leg. 6oL)
^laiiin de Guzman (|iie, son fils élanl malade et trèsjeune eneore, il paraissait que le moment n elait pas venu de traiter de son mariage; qu'il priait en conséquence Tempereur de trouver bon que celte négociation fût remise à plus lard; que si, dans rintervalle, quelque aulre occasion quil n'entrevoyait pas actuellement venait à s'olTrir, à l'avantage des deux maisons, auxquelles tout était commun, il lui en donnerait connaissance, et prendrait son avis (').
Ferdinand ne se paya pas de ces raisons. Ayant appris, au commencement de io62, l'amélioration qui s'était manifestée dans l'état de don Carlos, il expédia un courrier à son ambassadeur, afin qu'il sollicitât du roi catholique une réponse positive. Il s'en expliqua aussi avec le comte de Luna. Il lui dit qu'aucun parti ne convenait autant au prince d'Espagne que sa petitefille, non-seulement pour les rapports d'âge qu'il y avait entre eux et les belles qualités de larchiduchesse, mais encore pour d'autres considérations d'une haute importance, et qui touchaient le bien d'eux tous et la conservation de la maison d'Autriche (-): il l'engagea à
(') « .... Lo que «obresto V. M. habia escrilo y mandado decir â Martin de Guzman por el duque de Alba, que es en suma que, por eslar el principe indispueslo.y en edad que con su parescer nose podia tratar de semejante cosa, à V. M. le parecia que no era tiempo de tratar dello; que S. M. tuviese por bien que se dejase esta plâtica para adeiante; que si en tante se ofreciese otra cosa, la cual al présente no via, que le paieciese conveniente à esta casa de V. M. y suya, que todo era uno,que V. M. le daria cuenla dello, para hacello con su parescer.... » (Dépêche du comte de Luna à Philippe II, du 19 janvier 1562, ci-dessus citée.)
(Juc, por pareccrlea S. M. que al présente no hay cosa mas
convenienle ni mas a proposilo del principe, ansi por la conformidad