CHAPITRE VIH
faire au roi, son mailrc, un portrait lîdèle el consciencieux de la jeune princesse (') ; il ajouta que, s'il savait quelque autre parti qui convînt mieux au roi ou au prince, il le verrait préférer avec beaucoup de plaisir (~).
Le comte de Luna s'efforça de le persuader que le roi ne ferait rien, en ce qui concernait le mariage de son iîls , non plus qu'en d'autres affaires d'une égale importance, sans prendre son avis, et que, d;ms l'étal où le prince se trouvait, après les fièvres dont il avait souffert si longtemps, il pouvait y avoir de graves inconvénients à le marier.
L'empereur avoua que le comte avait quelque raison ; il lui dit que jamais il ne conseillerait au roi une chose qui pourrait avoir les conséquences qu'on avait vues en Portugal Ç^). c( Je vais, comte — poursui vit-il « — vous parler en confidence, et pour que cela ne
lie las edades y buenas partes que la ynfanfa tiene, como por otras cosas que aun importan mas, que se pueden considerar, para el bien de todos y conservacion desta casa.... » (Dépêche du comte de Luna, du 10 janvier 1562.)
(') Le comte de Luna le fit. Nous avons cité, p. 179, le portrait de l'arrhiduchcsse Anne, tel qu'il fut envoyé par lui à Philippe H.
(^) « .... Y que dijese, demàs desto, à V. M. y le certificase que, >i viese otra cosa, û la entendicse, que le pareciese que à V. M. 6 ai principe les conviniese mas, lo tendria por bueno, y le daria mucho coutentamiento. >< (Dépèche du comte de Luna, du 19 janvier 'l-^G'!.)
Dans une lettre autographe au roi, du -14 janvier 1.062, Ferdinand lui tenait le même langage: « .... Certificando câ V. A. que, si supie.*e yo tt que algun otro casamiento estaria mejor al principe y al bien de nues- 0 tras casas que este, no tralaria del eu manera alguna. » [Colerrion de documentos inédilos para la fiistoria de Espaiïa, t. XXVI, p. 419.)
(') Allusion au mariage de l'infant don Juan avec la princesse dona Juana.
« sorte pas d'ici. Savez-vous ce qui me ment à faire « celle démarche ? C'csl qu'on me mande, de Flandre « et d'Italie, qu'il esl question du mariage du prince ce avec la sérénissime princesse de Portugal , et que (c l'affaire est même si avancée qu'on a écrit à Rome
« pour les dispenses Je la fais aussi parce que,
« bien que la princesse de Portugal soit une personne « telle quelle ne laisse rien à désirer, je trouve « l'alliance de ma petiie-fille plus à propos pour le c( prince. D'abord, il y a entre eux conformité d'âge; ce ensuite, par cette alliance, le roi catholique acquiert » en Allemagne des parents et des amis ( ce que ne « donne pas l'alliance avec la princesse) ; et quoique, « pour le présent, il ne paraisse pas en avoir besoin, <( il lui importe de pouvoir compter sur eux dans « l'avenir. Il y a à dire encore que la princesse a dix « ou onze ans de plus que le prince, et c'est beaucoup : «. car, lorsqu'il deviendra homme , elle commencera u à vieillir, et ce n'est pas là un petit inconvénient. u En outre, et indépendamment des liens étroits de « parenté qu'il y a entre eux, se marier avec une « personne à qui l'on doit le respect qu'on porte à <( une mère, ressemble à je ne sais quoi. Enfin, bien « que la princesse soit très-jolie, je crois que l'archi- « duchesse satisfera ceux qui la verront. Les motifs « qui paraissent avoir déterminé, ou qui détermine- « raient le roi à ce mariage, sont que le prince est « jeune ; que la princesse est très-capable, et l'aidera « à gouverner : que . marié avec elle , le roi pourra « ou le laisser en Espagne, ou bien l'envoyer en Italie