CHAPITRE VIII
Bas lui faisait de plus en plus comprendre l'importance de resserrer l'union entre les deux branches de sa famille, et d'empêcher que le roi des Romains ne s'alliât, à la maison de Valois ('). Il fit savoir à son nouvel ambassadeur à Londres . don Diego Guzman de Silva, que si, de la part de la reine d'Ecosse, on cherchait à renouer avec lui les négociations entamées avec son prédécesseur, il aurait à s'en excuser de son mieux, et à plaider, avec toute l'adresse et la chaleur possible, les intérêts de l'archiduc Charles ( 2 ); il ajouta cependant que, si les Français mettaient sur le tapis le mariage de leur roi avec Marie Stuart, dans ce cas, vu les graves inconvénients qui en pourraient résulter, il prêterait de nouveau l'oreille aux ouvertures qui lui avaient été faites pour son fils ( 3 ).
f 1 ) « Le roy catholique.... veoit aussy d'ailleurs que l'alliance du roy des Romains luy est fort nécessaire, tant pour se conjoindre davantage en nouvelle proximité de parentage et en nouvelle assurance d'amytié entre eulx, que pour guardér qu'ung aultre n'y entre. » (Lettre secrète de Saint-Sulpice, du 42 juin 4564, ci-dessus citée.)
(*) « .... En resolucion es mi voluntadque, si se os hablase en ello,... os salgais lo mejor que pudiéredes de la plàtica de mi hijo, y que apreteis cou toda buena manera y dexteridad la del archiduque Carlos mi primo.... » (Dépèche du 6 août 4364, dans la Coleccùm de documentas inéditoê para la historia de Espana, t. XXVI, p. 524 .)
(') « .... Solo una cosa se habia olvidado de advertiros, y es que de tal manera procureis de caminar en este negocio que no pierdan los Franceses el temor al casamiento del principe mi hijo, y no viendo 6 estorbando lo del archiduque, procuren de tomar à la reyna de Escocia para el rey de Francia, que séria tan danoso y traeria consigo tantos inconvenientes, que en este caso solo, cuandotal se entendiese, volveria é la plâtica del principe mi hijo.... » (Ibid.)
Malgré lo refus de Philippe II, et lorsque déjà Marie Stuart était décidée à épouser lord Henry Darnley, Lethington fit encore, à Londres, au
Cette réserve était-elle sérieuse? Il est permis d'en douter. Quoi qu'il en soit , Chantonay fut chargé de faire à l'empereur Maximilien ( Ferdinand était mort le 2S juillet) une de ces « belles responces pleines « d'espérances et bien coulourées (') » par lesquelles son maître ne s'engageait à rien. Dans une instruction particulière et secrète dont il était porteur, le roi lui avait exprimé ainsi sa volonté : « Vous direz à l'em- « pereur, mon frère, que, toutes les fois qu'il a été « question du mariage de la princesse Anne avec mon « fils , j'ai toujours parlé avec cette affection , cette « sincérité et cette franchise dont il convient d'user « entre nous, et que je lui parlerai de même aujour- <( d'hui ; que déjà je lui ai fait savoir que mon fils « n'était point dans une situation physique qui perce mît de le marier ; que je suis forcé encore , non « sans une vive douleur, de lui répéter la même « chose; que, bien que mon fils ait dix-neuf ans « accomplis, et qu'on voie d'autres jeunes gens tardifs, « Dieu a voulu qu'il le fût plus qu'eux tous; que, « quoique ma coutume soit d'être si vrai dans mon « langage qu'il n'est pas besoin d'autre garant de ce « que j'avance ici, ils pourront s'assurer, auprès des « personnes qu'ils jugeront à propos , si ce que je « leur dis est une excuse afin de traîner l'affaire en
mois d'avril 4565, une tentative auprès de l'ambassadeur Guzman de Silva, pour renouer la négociation de son mariage avec don Carlos. 11 y a là-dessus une dépêche détaillée de cet ambassadeur, en date du 26 avril, dans la Coleccion de documentes inédites, etc., t. XXVI, p. 530. (*) Expressions de Saint-Sulpice dans sa lettre secrète du 4 2 juin 4 564, déjà citée.